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 Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]

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Philipp Kerner

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MessageSujet: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Mer 5 Jan - 15:23

La porte de la taverne s'ouvrit sur un géant vêtu de gris et portant un turban et une cape beige respectivement sur la tête et les épaules, la pluie qui tombait drue depuis le matin ruisselait le long de ses vêtements et agrandissait la flaque d'eau qu'avaient laissé ses prédécesseurs en entrant dans la taverne. La salle principale était déjà pleine, mais le nouveau venu trouva rapidement une table de libre non loin de la cheminée où ronflait un feu d'enfer. S'installant sur une chaise en bois et étendant ses jambes sous la table, il se débarrassa de sa cape découvrant de larges épaules serrées dans son costume, puis enleva son turban, dévoilant le visage du second du Bloody Revenge et la cicatrice qui courait le long de sa joue.

Évidemment, personne ici ne savait quelle était a position de jeune homme, et à vrai dire, très peu de monde devait s'en soucier. Il avait commandé une bière, histoire de commencer la soirée en douceur et ne pas se saouler trop vite. Il avait reçu une mission de la part de son capitaine, et comptait bien trouver cette fameuse pirate aux cheveux blancs qui l'obsédait à ce point. Personnellement, Philipp ne la connaissait pas. Son capitaine devait mener une enquête également de son côté, mais les seules informations qu'il avait données à son second étaient au nombre de trois : Femme jeune, cheveux blancs, pirate. Le jeune homme avait vu bien des bizarreries en orient, mais jamais encore il n'avait entendu parlé d'une jeune femme aux cheveux blancs. Armé de cette description plus que succincte, il s'était lancé dans ses recherches. Il avait glané çà et là quelques informations plus ou moins intéressantes, bien souvent des fausses pistes d'ailleurs. Une rumeur cependant semblait revenir assez souvent : quelques matelots en virée avaient vu une jeune femme armée se saouler dans un bar. En tendant d'avantage l'oreille il avait entendu qu'un autre détail avait marqué les matelots : la demoiselle avait des cheveux blancs et semblait avoir une sacré descente.

Philipp n'était pas misogyne mais il se demandait si les rumeurs étaient fondées. Qu'une femme puisse se saouler lui semblait impossible. Naïf ? Peut être, mais Philipp voyait toujours en la femme une image de sobriété. Il savait d'expérience que les femmes pouvaient être de vraies furies et pouvaient s'avérer de redoutables adversaires à l'épée. Philipp respectait les femmes, et leur soif de liberté, mais que cette soif les pousse à s'enivrer le laissait quelque peut interdit. Lui même ne buvait presque jamais jusqu'à être ivre mort... Il ne savait pas s'il devait vraiment prêter attention à cette rumeur, mais il fallait bien commencer quelque part, et il s'était rendu dans la taverne où le matelot disait avoir vu cette fameuse pirate aux cheveux blancs.

Sa bière arriva rapidement dans une choppe en grès peinte en noire, assez lourde même une fois qu'il l'eut vidée et commandé une autre. Les quelques femmes qui étaient présentes dans l'auberge étaient des prostituées chargée de soulager les sens et aussi les soulager de leur argent, certaines autres se trouvaient là pour des raisons obscures. Aucune trace de pirate aux cheveux blanc, pas plus que d'ivrognes patentée... la mission semblait bien mal partie.

En attendant l'hypothétique arrivée de sa cible, si tant est qu'elle se présente, il s'amusa à détailler la faune qui s'enivrait dans la salle. Vieux loups de mers côtoyait jeunes mousses fêtant leur première traversée par leur première cuite, les estropiés contaient comment leur était arrivé leur blessures, en enjolivant la chose, histoire de plaire à la fille de joie sur laquelle ils avaient jeté leur dévolu. Une bagarre commença, deux marins se disputaient les charmes d'une prostituée et aucun des deux ne voulait la partager. Les coups finirent par atteindre d'autres personnes qui commencèrent à en donner aussi. Philipp regarda les coups s'échanger avec un sourire en coin.

C'est alors que la porte de la taverne s'ouvrit...

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Lizelotte Daime

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Dim 9 Jan - 16:51

[parce que j'ai envie aussi de la jouer, Lizelotte ! Mais si une femme pirate veut quand même venir, qu'elle n'hésite pas ;) ]

… et laissa passer un pirate dont le nom échappait à la connaissance de Lizelotte.

Ce n'était pas en prostituée que se comportait la jeune femme aujourd'hui. Pour dire vrai, la matinée avait commencé doucement, l'air était doux et c'était en tant que simple habitante de Tortugua que Lizelotte était sortie se promener. Tant pis s'il avait des clients, tant pis les grognements de Madame Berthe, tant pis. Elle s'était ainsi simplement vêtue d'une chemise un peu resserrée à la taille, à la coupe fatiguée et aux vielles coutures. Elle en avait attaché chaque bouton, jusqu'à son cou pour cacher quoi que ce soit de son autre condition. Sa jupes était attachée à la taille et était d'un beige délavé. Ses cheveux étaient relevés en un chignons simples mais strict. Par dessus le tout, elle s'était munie d'une cape grisâtre qui l'avait protégé de la pluie.

Les nuages s'étaient d'abord mit à crachoter, puis à s’essorer sur l’île perdue dans les mer, si bien que la jeune femme s'était hâtée au plus vite de trouver un abris, espérant que l'intempérie passerait vite, et avait atterrit ici. Elle s'était caché dans le froufrous des jupes de ses « collègues », mais évitait de leurs parler longuement. Ses réponses étaient sporadique, brèves, achevant vite les conversations. Les autres haussaient les épaules et allaient et venaient, espérant trouver un autre client. Lizelotte eut un soupir grognon. Ne pouvait-elle donc pas, pour une fois, sortir comme n'importe quelle femme sur cette fichue île ?

La pluie tombait encore fort et n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter. Alors quoi ? Elle allait passer sa journée de repos -qu'elle s'était octroyée- ici ? Assise dans la poussière, sa capuche relevée sur son visage afin que personne ne fasse attention à elle ? Ouais, non. Lizelotte se releva, ajusta ses vêtements, soupira et entreprit de rejoindre la sortie aussi vite que possible. En évitant le troupeaux qui s'était formé entre elle et la sortie, de préférence. Nouveau grognement. Elle avança, contourna un premier groupe. Fit deux pas sur la gauche, contourna un autre groupe. Évita un troisième. Recula devant un quatrième. Damned ! Plus elle avançait vers la sortie, plus elle s'en éloignait ! Elle émit un petit grognement exaspéré et tenta une nouvelle avancée vers la porte quand un homme, éméché, recula et la bouscula, renversant en arrière la cape qui dissimulait son visage.

« Diantre, ne peux-tu pas faire attention ? S'énerva la jeune femme. »

L'homme, un marin d'une trentaine d'année se retourna en commençant à bredouiller une excuse :

« Pardon Mam'z... » il se stoppa et scruta son interlocutrice. Si un sourire naquis sur son visage, ce fut le désagrément qui se peint sur le visage de Lizelotte. « J'te connais, toi. reprit le marin.
« J'espère bien que non. »

Ne souhaitant pas laisser le temps à son interlocuteur de retrouver sa mémoire, d'un coup d'épaule, la jeune femme le poussa et tenta de passer. Mais le marin eut la mémoire plus vivace que ce qu'elle avait espéré : il l'attrapa par le poignet et la retourna vers lui, brusquement.

« Mais siiii, t'es à Berthe toi. Oh, t'es pas chez cette vielle peau aujourd'hui ? Tu m'fais une petite ristourne gratis ? En souvenir du bon temps passé hier... » Il lui offrit un sourire gras, carnassier, aux dents manquantes.

« Tarare, laisse moi m'en aller ! »

Lizelotte bougea, essaya de se dégager, mais l'homme ne fit que raffermir sa prise. Elle maudit alors sa force de femme, contre celle d'un marin chevronné. L'ambiance général de la taverne, le monde, offrait paradoxalement une intimité discrète. Malgré ses protestations et gémissements, personne ne faisait attention à elle et personne ne venait aider. Il l'attrapa par la taille, et commença à défaire quelque boutons de son chemisier, d'une main, en arrachant la moitié. Elle lui cracha au visage, de surprise, il la lâcha et Lizelotte en profita pour mettre un coup de genoux dans les parties de l'homme. Elle eut la satisfaction passagère que si personne ne venait l'aider elle, personne ne faisait attention à lui non plus. Elle eut ensuite un mouvement de recul : sa jupe avait entravé ses mouvements, si bien que déjà, l'homme se redressait, tout juste un peu plus furieux. Elle se faufila, lui poussa le monde. Elle parvint à une table, un peu à l'écart, près du feu, quand l'homme la rattrapa et la plaqua violemment dessus.

« Maintenant, Putain, tu te laisse faire ! » cracha-t-il.

Il lui attrapa les poignets, bloqua sa hanche de son propre corps, si bien que tout ce que pu faire Lizelotte, ce fut grimacer quand il lui lécha la nuque. Et cet homme aux allures de géants, assit à cette table ? N'allait-il rien faire, lui non plus ?

[voilà ! ]


Dernière édition par Lizelotte Daime le Mar 3 Mai - 10:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Lun 10 Jan - 12:17

L'individu entré n'étant pas la cible recherchée par le jeune second, il reconcentra son attention sur la bagarre qui opposait maintenant un bon quart des personnes présentes dans la gargote, certains se cognaient dessus sans vraiment savoir pourquoi, et la prostituée qui avait été, à son corps (presque) défendant, l'instigatrice de ce pugilat se tordait les mains à l'écart de l'échauffourée. Philipp lui continuait de boire sa bière en regardant avec un sourire en coin l'immensité de la bêtise humaine, quand l'homme se laissait guider par un trop plein d'hormones. Cela lui arrivait aussi souvent, il était un homme comme les autres après tout, enfin, à quelques centimètres près...

Tiens, en parlant d'hormones, il apercevait parmi les non pugilistes un homme, marin de surcroit, et bien imbibé, poursuivre une jeune femme blonde. Apparemment l'homme avait envie d'elle et c'était loin d'être réciproque. La dame se faufilait dans la foule en direction de la sortie, poursuivie par le soulard. Philipp serait bien allé l'aider, mais il se mouvait dans ce genre de foule avec la délicatesse d'un sanglier dans un champ de fleur, et n'aurait pas manqué de déclencher une seconde bagarre en heurtant un peu trop violemment un des suppôts de Bacchus glissant sur la pente savonneuse de l'ivresse. De plus il l'aurait certainement perdue de vue et se serait fait piquer sa place et sa bière, qu'il n'avait pas encore finie... question de priorité que diable !

Oouuups... une chope vide avait volé dans sa direction, un simple mouvement de la tête et le projectile s'était écrasé sur le mur, à défaut d'emporter une tête avec lui. l'endroit risquait de devenir plus que dangereux si des projectiles de ce genre commençaient à envahir l'espace. Il reposa sa choppe, presque vide, sur la table et s'appuya sur le dossier de la chaise, croisant ses mains derrière sa tête, il continua de regarder le spectacle des derniers combattants encore en état de s'envoyer des mandales dans les gencives. Spectacle pitoyable que ces quatre soiffards tellement ivres qu'ils réussissaient qu'un coup sur cinq, vacillant sur leurs jambes et sur les corps de ceux qui avaient eu la malchance de faire partie des quelques coups réussis.

Un choc violent ébranla sa table et renversa sa choppe. Hérésie en soi que de voir se breuvage se répandre sur la table avant d'aller arroser le sol. Philipp regarda ce spectacle avec un regard interdit.

« Maintenant, Putain, tu te laisse faire ! » rugit une voix devant lui.

Il leva immédiatement les yeux. L'homme aux hormones surproductive avait plaqué sa victime sur la table du second du Bloody Revenge, renversant de ce fait la choppe et le fond de breuvage qu'elle contenait. Peut importe la façon dont on regardait la chose, tout ceci s'apparentait à un viol, et Philipp, bien que Pirate, haïssait proprement cet acte indigne d'un homme, de quelle confession que ce soit. Il se leva lentement, déployant sa grande taille, mais le soulard, trop occupé à lécher sa victime, n'y prêta attention que lorsque le poing droit de Philipp lui fissura la mâchoire après que sa main gauche lui ai relevé la tête en lui tirant les cheveux.

L'homme s'écroula, roulant des yeux ahuris. Le jeune homme, après avoir aidé la jeune femme à se redresser, alla à sa victime, occupée pour l'heure à se relever péniblement. Il le saisit par le col et le souleva à moitié. L'homme ne comprenait visiblement pas la raison de la fureur qu'il lisait dans les yeux de l'inconnu qui l'avait frappé.

- Une petite leçon de savoir vivre ne rentre que comme ça avec les types comme toi... la prochaine fois, un peu de courtoisie de te coûtera rien, je te le garanti. En tout cas ça t'évitera sûrement ça...

Et un magistral crochet du droit envoya l'homme par terre tout en achevant de fracasser la mâchoire du soudard.

Rajustant un peu sa veste, il commanda une autre bière au serveur qui passait par là. il se retourna vers sa table. La demoiselle n'avait pas bougé, et cela le surpris car une femme normale aurait sans doute pris la poudre d'escampette pour aller se réfugier dans un endroit totalement sûr, ou au moins où elle se sentait en sûreté. Le second du Bloody Revenge remarqua que le chemisier de la victime était en partie ouvert, ou plutôt suffisamment fermé pour ne pas exposer la poitrine de la jeune femme aux yeux de tous. Philipp, revenu à sa chaise, prit sa cape et la posa sur les épaules de la jeune femme. la cape était déjà assez grande pour Philipp, elle était proprement gigantesque sur la demoiselle, et le jeune homme sourit en la voyant avec sa cape sur les épaules. Était-elle vraiment une fille de joie ? Peut être... non, sans doute, car s'il était une chose que les marins retenaient, c'était bien la "valeur" des filles de joies qu'ils fréquentaient, et l'ivrogne que deux serveurs soulevaient avec peine pour aller le jeter dehors avait sans doute reconnu en la jeune femme une de ses "conquêtes".

- Voulez vous boire quelque chose ? demanda-t-il à la demoiselle.

Elle n'avait encore rien dit. Était-elle encore sous le choc ? Non, le jeune homme en doutait. Elle avait une attitude ferme, le genre d'attitude qu'ont ceux que la vie n'a pas aidé et qui se battent néanmoins pour vivre selon leurs désirs, et pas ceux des autres. Dans ses yeux bleus brillait une lueur particulière, un mélange de fierté et d'une violence à fleur de peau qui forçait le respect du second du Bloody Revenge.

- Rassurez vous, je ne cherche pas à vous saouler. Je ne vous ai pas aidé sur ce coup pour profiter ensuite de vous
, reprit le jeune homme face au mutisme de la jeune femme.

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Lizelotte Daime

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Mer 12 Jan - 9:16

[Encore une fois, heuuuum... Attention à ne pas jouer les autres personnage. Lizelotte qui ne bouge pas, ne dit rien, non, ce n'est pas supeeer crédible... Alors, je m'arrange cette fois, mais voilà, attention quand même, hein ^^' ]

Il y avait eut un mouvement brusque, un bruit et un craquement sinistre tandis que d'un coup, Lizelotte se sentait comme allégée d'un poids. Elle ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment : le marin était ailleurs, c'est tout ce qu'elle savait. La voie était libre, il était temps de partir ! D'un mouvement vif, la jeune femme tenta de rouler sur le côté, mais voilà que quelqu'un l'attrapait par les épaules et l'aidait à se redresser. Damned ! Ce n'était vraiment pas son jours, pensa-t-elle, débarrassée d'un boulet pour en trouver un autre ! Elle aurait voulu résister, mais elle n'était pas bien grande, lui était un géant. Elle le sentit distinctement quand ses grandes paluches se posèrent sur elle. Ainsi, farouchement, elle lui lança un regard de défit, mais l'homme ne sembla que peu s'en préoccuper : à la place il se retourna vers son premier marin. Ah ! Il allait demander de partager ? Oh, ça, elle n'était pas d'humeur à se laisser faire.

Il lui tournait le dos ? Parfait ! Lizelotte ne s'encombrait pas d'honneur ou ce genre d'imbécilité. Elle glissa un bras derrière elle, y trouva une choppe, en gré, lourde, et qui ferait parfaitement l'affaire, en attrapa l'anse, approcha puis leva silencieusement son arme improvisée au dessus de sa tête, arma son tire et... Le coup partit et trouva avec violence sa place dans la mâchoire du premier marin. De surprise, la jeune femme en avait fermé les yeux et serrer les dents. Elle lançait si fort que ça ? Non. Ses yeux réouvert lui dévoilèrent qu'elle n'avait pas lancé sa choppe. C'était l'autre homme, le géant, là, qui avait agit. Lizelotte le jaugea de dos. Elle jaugea sa choppe en mains. Chance qu'elle le touche ? Oh, entière ! Comment louper un tel pachyderme ? Chance que ça l’assomme ? Hum... Une souris assomme-t-elle souvent un éléphant ?

L'inconnu se retourna vers elle et la jeune femme cacha avec précipitation son arme derrière son dos, ainsi que ses futures intentions. De même, pour faire un peu plus l'innocente, elle entreprit de reboutonner sa chemise et tirer quelque fils pour retrouver les dit-boutons, quand ceux-ci n'avait pas finit à terre et piétiné. Et alors qu'elle réajustait son chemisier, une cape trop grande et d'une lourdeur affligeante pour ses épaules se posa sur elle. Quoi ? Une première cape ne suffisait pas ? Il voulait l'étouffer maintenant ? Ou c'était encore l'un de ces acte qui se voulait soit disant noble et qui n'était tinté que d'un fond d’hypocrisie. Ou il était simplement idiot et le cachait sous une fausse couche de galanterie. Alors, Lizelotte observa encore un peu plus le bonhomme, silencieusement, cherchant à percer ces intentions. Il lui proposa à boire. Non, Lizelotte n'avait pas soif. Non, Lizelotte ne prit pas la peine d'avoir la politesse de répondre.

Lui en tout cas, prit le temps d'ajouter un petit quelque chose.

« Oh, quelle grandeur d'âme ! dit-elle enfin avec un ton débordant d'ironie. Et pour quoi sinon ? Pourquoi vous déranger ? Quoi, je ne suis pas à votre goût ? Ou alors, était-ce simplement pour le plaisir de savoir que ce marin ne mangera que de la soupe jusqu'à la fin de ses jours ? »

Lizelotte se méfiait. Et tout portait à croire que dans ses paroles, on le ressentait par un soupçon d'agressivité.
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Mer 12 Jan - 14:14

L'échauffourée opposant les ivrognes s'était enfin finie. Voyant qu'il n'y avait plus aucun risque à le faire, quelqu'un d'un peu plus sobre que les autres avait calmé les derniers belligérants en les assommants proprement et simplement. Déjà on s'affairait à jeter les vaincus dehors et à remettre un peu d'ordre au sein de la gargote, qui avait vu son volume sonore baisser d'un ton depuis la fin du combat. Un serveur vint avec la chope de bière commandée par Philipp et reparti après avoir reçu la somme pour la bière plus un petit pourboire. Le jeune homme en bu une gorgée.

La jeune femme dardait sur lui un regard presque assassin, du moins c'est ainsi que le jeune second le prit. Elle devait être habituée de ce genre d'état de fait, un client potentiel un peu trop violent, un homme le dégage violemment et s'avère être lui aussi un client potentiel au moins aussi violent que le précédent, schéma sans doute classique pour elle. Toujours est-il qu'elle tardait à répondre, et qu'elle avait toujours cette attitude hautaine. Philipp, un sourire en coin, s'adossa à la chaise et plaça cette dernière en équilibre sur deux pieds en étendant ses jambes.

- Oh, quelle grandeur d'âme ! Et pour quoi sinon ? Pourquoi vous déranger ? Quoi, je ne suis pas à votre goût ? Ou alors, était-ce simplement pour le plaisir de savoir que ce marin ne mangera que de la soupe jusqu'à la fin de ses jours ?

Il retourna son regard vers elle. La phrase était teintée d'une ironie agressive, qui fit s'étirer d'avantage le sourire en coin du jeune homme. Qui avait dit que les femmes étaient résignées et dociles ? Celle ci ne l'était certes pas. Mais si elle avait envie de jouer sur ce terrain là, Philipp allait lui en donner quelques raisons.

- Pourquoi me déranger ? Je n'apprécie guère voir ma quiétude troublée de cette façon, ça m'énerve, il me fallait donc trouver un bouc émissaire, et il se trouve que frapper les jeunes femmes m'insupporte... le candidat le mieux placé se trouvait être le soudard qui s'apprêtait à vous faire je ne sais quoi.

Petite pause, juste le temps de parcourir sa vis-à-vis du regard, puis il continua.

- Ensuite, vous êtes tout à fait à mon goût, mais je n'ai guère envie de folâtrer ce soir, pas plus que vous ne sembler vouloir accepter de clients à première vue. Et pour finir, je n'ai absolument aucun remord d'avoir fracassé la mâchoire de ce triste individu...

Certes, pour ce qui était de la première partie de sa tirade, il mentait. Il insupportait de voir un homme se comporter violemment avec une femme, sans vraiment savoir pourquoi, c'était viscéral, mais cela le faisait passer pour un original auprès de bien des personnes, et il n'avait pas besoin de se faire remarquer d'avantage. Mais pour le reste il disait la stricte vérité. La jeune femme en face de lui était charmante, et avec un peu d'efforts elle eut été sublime, et le fait qu'elle soit un rien hautaine et agressive avait un côté excitant qui ne gâchait rien. Quand au pochard, il n'avait strictement aucun remord d'être à l'origine du futur régime liquide auquel cet individu allait devoir se plier.

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Jeu 13 Jan - 17:24

« Messieurs dames,
Regardez bien
Plonger le petit Parisien
Dans l'eau de la Seine... »


Malpertuis chantonnait le petit air français des gamins de Paris. Une élégante lui fit de l'oeil en le croisant dans la rue. Ah, Tortuga de Mar !... La tortue crasseuse de ce morceau-là du monde sortait sa vilaine tête de l'eau... Pour le temps qu'il avait droit d'être à terre, Malpertuis eût préféré sautiller devant Notre-Dame qu'aller s'abriter de la pluie à la taverne de « La Jambe bois ».

Nom un peu ridicile, si tu veux mon avis, frère Malpertuis... pensa-t-il. Soulagement médiocre pour tavernier en mal d'inspiration, qui a dû se lever la nuit en se disant qu'on ne pouvait décemment pas appeler un établissement « repaire de la picole », mais qu'il fallait un nom qui sonne comme une légende de pirate.... Je suis arrivée sur un pont de rafiot en 1762, le temps de me retrouver sur l'Amphitrite... 1764... ça va faire six ans de piraterie, et de jambe de bois je n'ai jamais vu goutte ! M'enfin...

Malpertuis était d'humeur sombre, et cela le contrariait d'autant plus que ce n'était pas habituel. Il lui fallait de la compagnie, c'était à ce prix qu'il conservait sa gaieté. Seul, il ruminait et la tristesse affleurait, comme un bateau prend l'eau par la cale... A force de divertir des autres, de les noyer de palabres, il finissait par se laisser gagner par son propre enthousiasme.
Plus qu'un abri, c'était une compagnie qu'il venait chercher à la taverne. Le capitaine Nogaret, qui semblait toujours disposé à l'écouter faire des épopées loufoques de la moindre chose, lui avait donné congès dès qu'on avait jeté l'ancre aux abords de Tortuga.

Femme à voir.

Seul, sous la pluie, en pleine rue, Malpertuis hocha la tête comme pour saluer respectueusement le souvenir de son capitaine : face à une charmante à la peau blanche et à la moue boudeuse, il n'était pas de taille.
Finalement, le quartier-maître de l'Amphitrite n'aimait pas tant que cela les escales – mis à part le fait qu'après les avoir effectuées on avait de la nourriture fraîche et de l'eau potable, ce qui n'était en général vraiment pas le cas... mis à part le fait qu'on pouvait espérer, moyennant finances, profiter des charmes de quelque douce créature sentant meilleur que la bande de matelots ni rasés ni lavés... mis à part qu'on n'avait plus à perpétuellement régler les petits conflits à bord, plus à envoyer les mousses dans les cordages d'un air dédaigneux, alors qu'on sait très bien qu'on va passer son temps à jeter un coup d'oeil vers les voilures en priant Dieu qu'ils redescendent entiers, parce qu'on les aime bien ces petits-là, que ça nous a crevé le coeur lors de notre première traversée de voir un fichu saligaud battre un gosse de quatorze ans pour presque rien, et qu'on ne fait « l'homme » que pour conserver son autorité...

« Messieurs dames,
Regardez bien
Plonger le petit Parisien... »


Vraiment, la solitude ne lui valait rien. Il ressassait. Il s'attendrissait.

Enfin, la porte de la taverne devant lui s'ouvrit, et il entra, pressé, la tête rentré dans les épaules et les yeux plissé par le mauvais temps. Sans surprise, une bagarre, ou une simple altercation, venait d'avoir lieu. Il n'y prit pas garde, marcha sur un morceau de chope brisé, écarta sa cape grisâtre et lança :

– Béni sois-tu, maître des lieux, à la courte inspiration mais à la demeure accueillante. Il fait dehors un temps à rendre triste une pleureuse ; les pendus se pendent, les croquemorts les dépendent, le monde fait ce qu'il peut et moi j'ai grand'soif... Accepte-donc dans ton giron saumâtre l'éclatant phraseur que je suis, permet qu'en papillon marin, à travers ta faune tendrement hargneuse je batifole, sers-moi un verre de rhum serré et bien brun qui fera danser mon esprit et me l'ôtera du cerveau ! Un verre ! C'est à ce prix que je me tais !

– Alors ça ! L'Amphitrite est de retour ! s'exclama le tavernier en partant d'un grand rire guttural. Voyez-vous qui est là ! Malpertuis le bavard !

– Sauf ton respect, Serveur de rhum, c'est Malpertuis roi des bavards ! Ce verre, viendra-t-il ?

– Tout de suite.

Ragaillardi par tous les regards qui s'étaient tournés vers lui, Malpertuis se mit en quête d'une place où siroter tranquillement son rhum. Autour de lui, les conversations reprenaient, non sans un petit regard dans sa direction, de temps à autre. Ses yeux d'eau claire s'arrêtèrent sur la nuque adorable d'une jeune blonde avec laquelle – détail fâcheux auquel il eût sans doute tort de ne pas prêter plus d'attention – parlait un grand type.
Muni de son verre de rhum, qu'une claque dans le dos du tavernier avait bien failli renverser, Malpertuis se dirigea vers les deux inconnus, mais ne s'adressa qu'à la jeune femme :

– Mes yeux me trompent, c'est certain. Êtes-vous le soleil ? Permettez Madame que l'esclave de vos appâts lève les yeux vers vous et demande votre nom...
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Sam 15 Jan - 15:26

C'était fâcheux. Très fâcheux. Peut-être, murmurait un petit brin d'esprit à la jeune femme, peut-être devait-elle quelque chose à ce géant. Qu'elle s'en montre reconnaissante ou non, il lui avait retiré une certaine écharde du pied (une poutre, même) par un poing dans la mâchoire plutôt bien maitrisé. Mais l'idée de devoir quelque chose à quelqu'un insupportait Lizelotte. Sinon, on ne se débarrassait plus des « ça ne vaut pas ce que j'ai fait » et autre « tu m'en dois une ! ». Même ternie, l'idée qu'entretenait Lizelotte de sa liberté était dépourvu de tout sentiment de reconnaissance. Ah ! Déjà qu'en réfléchissant deux secondes à sa situation, on pouvait bien rire à se dire qu'elle se battait pour sa « liberté »... Coupant court à ses pensées, quelques paroles, au fond vexant, la rassurèrent pourtant. Oh, il ne s'était pas déplacé pour elle ?

« Oh, et bien parfais ! Je m'en voudrais certainement de vous ennuyer d'avantage et de vous pousser à braver vos dégouts ! » des fois qu'essayer, c'est l'adopter finit-elle mentalement. Regrettons que le ton légèrement condescendant ne s'accorde pas bien avec les paroles citées. « Sur ce, je vais prendre congés et vous souhaite qu'un jour vous serez assez déniaisé pour comprendre ce qu'un homme tel que lui pouvait bien vouloir faire. Ou avoir au moins le culot de le dire. »

Bien sûr qu'il le savait. À son âge, difficile de le penser puceau. Mais quel pudeur stupide de ne pas dire à une prostituée ce qu'un homme pouvait bien vouloir lui faire ! Ainsi, sur cette petite bravade, Lizelotte sauta hors de la table, se libérant d'un geste de la cape que l'autre lui avait laissé sur le dos. Avec un semblant de dignité, elle réajusta sa jupes, son chemisier abimé et sa cape et se tourna une nouvelle fois vers la sortie. Sa vision fut entravée par un homme blond qui s'avançait en débinant quelques belles paroles. Elle haussa un sourcils en se demandant vaguement qui pouvait être la victime, non pas pour en rire -ou si peu. Un regard à droite. Un autre à gauche. Derrière ? Non, il était difficile, même en étant imbibé jusqu'à l'os, d’appeler le géant « madame ». Le feu lui monta aux joues quand elle comprit durement que ça devait être elle, le « soleil ».

Récapitulons. Une promenade qui se voulait simple et qui s'était fait humide, après s'être fait crier dessus, qui avait finit dans une taverne pour voir des « collègues » quand elle ne demandait qu'à être seule, un marin trop entreprenant et un autre qui se fichait d'elle. Puis enfin... ça !

Les yeux brillants, les poings serrés, Lizelotte explosa :

« Oh, mais ce n'est pas vrai ! Faut-il que je sois putain pour qu'on me laisse tranquille ?! »

D'un geste sec, elle saisit la joue du malheureux blond et la pinça de ses toutes ses petites forces, tout en secouant le bras.

« Suffit Monsieur ! Fi donc, ce ne sont pas vos yeux mais l'alcool qui vous abusent, réveillez vous ! »

Ah, oui, le « soleil » était d'humeur orageuse. De même qu'il n'était pas très poli.
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Jeu 27 Jan - 10:12

Du coin de l'œil Philipp vit arriver dans la taverne un type d'un genre assez extravaguant qui, dès qu'il fut rentré, parla deux bonnes minutes pour passer commande d'un simple verre de rhum. Le jeune homme reporta rapidement son attention sur la demoiselle en face de lui. Sa pique allait-elle prendre sur la demoiselle? A en juger par le regard qu'elle lança, il sembla que oui.

-Oh, et bien parfait ! Je m'en voudrais certainement de vous ennuyer d'avantage et de vous pousser à braver vos dégouts ! Sur ce, je vais prendre congés et vous souhaite qu'un jour vous serez assez déniaisé pour comprendre ce qu'un homme tel que lui pouvait bien vouloir faire. Ou avoir au moins le culot de le dire.

Gagné !! La jeune femme semblait être un terrain plutôt fertile pour les répliques cinglantes. De plus elle n'avait visiblement pas l'intention de s'éterniser avec lui et venait de saisir cette opportunité de s'en aller "honorablement". Certes Philipp savait pertinemment ce que le soudard aurait fait s'il n'était pas intervenu, ce qui l'étonna le plus fut qu'apparemment la demoiselle était plus énervée par la forme de sa remarque à propos de la possible exaction du poivrot, alors que, selon lui, les raisons de la jeune femme de s'énerver se trouvaient ailleurs... intéressant. Son sourire s'étira d'avantage.
Du mouvement en leur direction lui fit tourner les yeux un bref instant, suffisamment longtemps pour voir un gugusse se diriger droit sur eux et, un malheur n'arrive jamais seul, le gugusse en question se trouvait être l'extravagant, muni d'un verre remplis de rhum. Le type avait les yeux rivés sur la demoiselle, qui entretemps s'était levée, un brin rajustée et qui s'était débarrassée de la cape que le jeune second lui avait posée sur les épaules. Vu l'humeur dans laquelle elle était, s'il lui parlait comme il avait demandé son verre, Philipp ne risquait pas de s'ennuyer. Elle se retourna et se trouva nez à torse avec le bavard.

– Mes yeux me trompent, c'est certain. Êtes-vous le soleil ? Permettez Madame que l'esclave de vos appâts lève les yeux vers vous et demande votre nom...

Il y eut un instant de flottement, peut être le temps pour la demoiselle de comprendre à qui s'adressaient ces paroles. Un sourcil levé, sa choppe de bière à la main, le second du Bloody Revenge attendait. Il pouffa en voyant les joues de la prostituée s'empourprer, les poings serrés elle semblait prête à frapper quelqu'un.

- Oh, mais ce n'est pas vrai ! Faut-il que je sois putain pour qu'on me laisse tranquille ?!

Elle s'empara d'une des joues du malheureux lyrique et entrepris de la martyriser entre son pouce et son index. Philipp n'en pu plus et ris discrètement, le malheureux ne comprenant sûrement pas ce qui était à l'origine d'une telle avalanche de colère et c'était suffisamment humiliant en soi de se faire ainsi traiter par une demoiselle qu'on espérait courtiser sans qu'une tierce personne en rajoute en riant à gorge déployée.

- Suffit Monsieur ! Fi donc, ce ne sont pas vos yeux mais l'alcool qui vous abusent, réveillez vous !

L'alcool hein ? Philipp en avait plus dans le sang que le nouveaux venu, qui n'avait sûrement pas touché à son verre, et il n'était pas en état d'ébriété. Ceci dit, rares étaient les prostituées à s'emporter et à donner spontanément du "fi" dans leurs éclats de colères, les filles de joies usaient normalement d'un langage moins châtié. Philipp resta prudemment en retrait, attendant la suite des évènements d'un oeil rieur, mais il se promis de revenir discuter avec la demoiselle, lors d'une passe peut être ?

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Jeu 27 Jan - 14:01

- Eh bien ! Eh bien ! , protesta Malpertuis.

Faire lâcher la demoiselle fut bien plus ardu qu'il n'eût paru de prime abord, et ceci pour deux raisons : primo, elle n'était pas décidé à le laisser aller ; deuzio, Malpertuis n'était pas homme à brutaliser plus faible que soi - plus parce qu'il trouvait cela lâche que par réelle considération pour le beau sexe, au passage.
Il n'était pas assez idiot pour n'avoir pas compris à quel genre de charmante il avait affaire (quelles donzelles croisent-on, à Tortuga de Mar ?), mais il avait toujours apprécié d'user de son phrasé auprès des femmes, qui de manière générale y étaient plus sensibles que les hommes. De manière générale, même la plus obscure des filles de joie a plus de poésie que le matelot moyen...

Mais là... Tout le réconfort que pouvaient procurer le sentiment d'être au sec, de tenir un verre de rhum tout prêt à être bu, et de peut-être obtenir les faveurs - moyennant finances évidemment, dans quel monde vivait-on ? - d'une fille publique encore à peu près fraîche, s'était évaporé. Il avait pris une douche écossaise, et eu une pensée pour ce vieux Charlie. Finalement, son visage lui fut rendu.

- Paix et verbeuseries, jolie mégère ! s'exclama Malpertuis en se massant la joue. - Le bonjour, Monsieur le rieur dit-il en adressant à l'homme resté silencieux un rapide signe de main.Sans doute eussiez-vous dû profiter de la diversion que j'ai faite - à mes dépens, notez-le - pour vous enfuir à toutes jambes ! Vous avez manqué votre évasion, et ce bourreau au joli minois nous tient maintenant tous deux !

Il avala d'un trait son verre de rhum, pour se remettre de ses émotions. Puis, n'y tenant plus, considérant la fille indignée et le colosse (contre lequel il ne ferait pas long feu s'il prenait à celui-ci l'envie d'esbigner Malpertuis-à-la-joue-rouge), il éclata d'un petit rire où sonnait comme un coin de morosité.

- On m'appelle Malpertuis - roi des bavards, aventurier raté, Parisien en exil, victime des soleils hargneux à l'occasion... Le badinage qui porta à l'emportement la reine des Marie-Madeleines (il adressa à son féminin agresseur un regard douloureux) me permet néanmoins quelques libertés en ce lieu-ci. Disant cela il désigna son verre vide. Si vous y consentez, Madame, Monsieur, je vous offre un verre de rhum. Si en revanche l'idée vous prend de tuméfier mon autre joue, permettez que je vous en dissuade, et en ce cas : bon vent.
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Ven 28 Jan - 20:33

Le soleil devenait un simple ciel couvert. Pincer et secouer la malheureuse joue avait apaisée l'orage, alors qu'elle en soit fière, cette brave ! On ne calme pas Lizelotte Daime si facilement que cela, habituellement. Ainsi, la jeune femme consentit, après avoir brièvement expiré tout l'air de se poumons, à lâcher le malheureux bout de chair et à croiser les bras sur sa poitrine, l'air boudeur. Peut-être cela avait-il été un tantinet excessif. Mais quand on a un égo et une mauvaise foi comme le possédait la jeune femme, comme l'avouer ?

Ainsi, la bouche pincée, elle écouta le beaux parleur, encaissant chaque référence à sa vive brusquerie d'un petit froncement de nez. Bon, il va s'en dire que la jeune femme n'entendait pas de cette oreille de se faire ainsi appeler bourreau.

« Oh, suffit Monsieur ! Quel de balbutiement pour une simple joue ! La belle affaire ! »

Lizelotte gonfla sa poitrine, les sourcils froncé. Si cela ne la grandissait pas excessivement, sa frêle carrure achevait toute tentative de paraître plus impressionnante. Mais passons.

« Vous êtes -simplement- arrivé à un moment où il n'aurait mieux pas fallut m’aborder. » expliqua brièvement la jeune femme en cherchant ses mots. « La journée est... longue et... Et monsieur le Rieur n'a pas aidé à l'embellir ! »

Tactique quatre de la mauvaise foi : rejeter la faute sur quelqu'un d'autre. Encore plus si cette personne se contente de rire dans son coin sans piper mot. Puis il vint vivement à l'esprit de Lizelotte qu'il n'était peut-être pas bon d'accuser un colosse, combien même celui-ci venait d'avouer ne pas apprécier de frapper les femmes. Ainsi, coupant court, elle conclut abruptement :

« Bref, l'affaire est close, n'en parlons plus. Mais continuez ainsi et en effet, c'est l'autre joue qui souffrira bientôt ! »

Bon, la dernière remarque lui avait échappé. Vilaine habitude. Les joues rosies par ce réflexe peu désiré, la jeune femme toussota légèrement dans sa main, jaugeant rapidement cette nouvelle tentative de la faire boire. Habituellement, elle aurait refusé, évitait l'alcool, ayant parfois connu des clients qui en avait un peu trop profité à son goût. Alors, si elle avait refusé une première fois, pourquoi pas deux ?

« Tenez-vous donc tous à me souler ce soir ? Bon aller soit, pourquoi pas un verre. Un seul. »

Oui, pourquoi pas deux. Tenter de changer la conversation ? Les idées ? Pas envie de retourner sous le temps qui faisaient grise mine ? À son « chez-elle » qu'elle pouvait qualifier son remord de misérable ? Lassitude ? Envie ? Qu'importe. Le visage impassible, Lizelotte saisit sagement un siège et s'assit à la table du second, silencieusement. De fait, presque silencieusement, puisqu'elle ajouta, avec un sourire mi provocateur, mi teinté de dédain :

« Et si vous craignez tant pour votre visage, n'hésitez pas à vous serrer à Monsieur, je suis certaine qu'il devrait parvenir à vous protéger de l'horrible pince-joues que je suis. »
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Ven 4 Fév - 16:42

Monsieur le Rieur. Voila qui allait à Philipp en ce cas présent. De fait, le jeune homme avait bien rit, mais apparemment sa tentative de dissimuler son hilarité avait été vaine. Le nouveaux venu à la langue bien pendue ne lui en voulait pas plus que ça visiblement, et le jeune second leva sa choppe presque vide en guise de salutation pour répondre à celle du Martyr. Il dit s'appeler Malpertuis après avoir éclusé d'un coup son verre de rhum, Parisien de son état, donc français de nationalité. Ceci expliquait sans doute la tendance qu'il avait à faire des phrases d'une longueur interminables pour accoucher du fond de sa pensée. Philipp avait toujours trouvé les Français un peu trop exubérants, et il en avait un parfais spécimen sous les yeux...
La tortionnaire des parties charnues du visage du poète n'entendait pas se laisser traiter de bourreau aussi impunément

- Oh, suffit Monsieur ! Quel de balbutiement pour une simple joue ! La belle affaire !

Certes, si on considérait le fait que, dans son état, elle aurait pu s'attaquer à une partie encore plus sensible du corps masculin, le jeune second n'en doutait pas une seule seconde. Là, le français aurait pu légitimement se plaindre et même jurer tout son soul sans que Philipp ne trouve à redire. Il se serait peut être amusé un peu de la tendance aiguë de la voix, mais sans plus.

- Vous êtes -simplement- arrivé à un moment où il n'aurait mieux pas fallut m’aborder. La journée est... longue et... Et monsieur le Rieur n'a pas aidé à l'embellir !

Allons bon, voilà autre chose, la demoiselle maîtrisait aussi l'art de la mauvaise foi. Monsieur le Rieur allait répliquer qu'il s'excusait de l'avoir interrompue dans ses ébats et que, même si elle était aussi pressée que son client, la moindre des politesse était d'éviter de commencer sur les tables des buveurs quand la demoiselle, visiblement au moins aussi prompte à ouvrir son bec qu'à trouver des piques acides, poursuivit.

- Bref, l'affaire est close, n'en parlons plus. Mais continuez ainsi et en effet, c'est l'autre joue qui souffrira bientôt !
*à défaut d'autre chose* pensa le jeune second.

La proposition du français de lui offrir un verre de rhum l'intéressait fortement, mais si la demoiselle décidait de les planter là et de s'en aller, il se dit que le plaisir de boire ne serait plus là. A vrai dire, elle offrait un sacré spectacle le par sa verve et son indépendance malgré son statut de prostituée. Aussi n'avait-il pas réagi, attendant la réponse de la jeune femme vis à vis de cette information,tout de même fort alléchante pour le jeune homme. Elle avait refusé sa proposition, mais elle était énervée, peut être n'avait-elle pas voulu tenter l'expérience de pincer les joues avec lui pour une obscure raison ? Toujours est-il que pincer celles du lettré l'avait calmée.

- Tenez-vous donc tous à me souler ce soir ? Bon aller soit, pourquoi pas un verre. Un seul.

Un seul ?? Fichtre, elle ne devait pas être des plus endurantes... toujours est-il qu'elle prit place face à Philipp en ajoutant avec un sourire :

- Et si vous craignez tant pour votre visage, n'hésitez pas à vous serrer à Monsieur, je suis certaine qu'il devrait parvenir à vous protéger de l'horrible pince-joues que je suis.

Voyant une opportunité de parler, pour répondre à l'offre aimable du français et aussi à la dernière pique du démon blond que s'avérait être la demoiselle, Philipp ouvrit la bouche pour parler, et non rire comme ce fut le cas quelques minutes avant.

- De fait, elle n'a pas voulu tenter l'expérience avec moi, allez savoir pourquoi. J'accepte votre offre généreuse en vous priant de m'excuser pour avoir ri à vos dépends. Ensuite si j'ai gâché la journée de madame, c'est bien à mon corps défendant, et à celui beaucoup moins défendant d'un soudard que vous avez sûrement du croiser en arrivant ici.

Marquant une pause, pour laisser le temps au futur bienfaiteur de son gosier de s'asseoir, Philipp repris, cherchant à éclairer un point concernant les libertés qu'avait son voisin en ce lieu.

- Mais, éclairez quelques peu ma lanterne... quand vous dites que vous avez certaines libertés ici, dois-je comprendre que votre sens du verbe et du phrasé vous permettent de boire céans à l'œil ?

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Ven 4 Fév - 21:07

Malpertuis avait laissé la donzelle s'indigner. Elle pouvait menacer autant qu'il lui plairait, Malpertuis était – pour l'heure du moins – décidé à la patience. Qu'elle eût affaire à un pirate, elle devait sans douter. Qu'il semblât léger et inoffensif, c'était une habitude et peut-être même une volonté. Qu'on le sous-estimât ne pouvait être qu'un détail dont il saurait tirer parti. Il résolut que si elle s'amusait à revenir à ses joues mal rasées de blond Parisien, il se montrerait plus ferme : après tout, pour qui se prenaient les filles publiques, maintenant ?

Soit pour la faire enrager, soit pour se venger un peu de la vexation qu'il avait subi, Malpertuis choisit d'ignorer explicitement la jolie furie. Madame est trop bonne. , pensa-t-il, quand elle accepta son offre.
Le jeune rieur se mêlant enfin à la conversation, le Français s'empressa de s'asseoir à côté de lui.

- Mais, éclairez quelques peu ma lanterne... quand vous dites que vous avez certaines libertés ici, dois-je comprendre que votre sens du verbe et du phrasé vous permettent de boire céans à l'œil ?

- Si fait, l'ami ! Mais voyez plutôt, et prenez-en de la graine !

Et sur ces mots il héla le tavernier, accompagnant son cri d'un ample mouvement du bras.

- Parle, roi des bavards.

- Je parle de roi à roi, Grand commandeur des chopes et des verres tintants. Auras-tu l'expresse magnanimité d'envoyer en cette auguste table trois de tes délectables sujets ? Montrant son verre vide : Les frères de celui-là me sièraient parfaitement.

Quelques secondes plus tard, on déposa sur leur table trois verres de rhum bien pleins.

- Eh voilà !, triompha Malpertuis en répartissant les verres.
Son habituelle gaieté revenait, quoiqu'il s'appliquât toujours à ignorer la jeune femme assise en face de son interlocuteur.

- Mais pour être tout à fait sincère avec vous,, ajouta-t-il à l'adresse de ce dernier, je dois les largesses du tavernier moins à ma verve qu'à un... service que je lui rendis. Une longue histoire, et pas pour des oreilles délicates (allusion, sans que pourtant il la regardât, à la donzelle). Mais d'ailleurs, je parle sans savoir à qui je m'adresse ! Monsieur... ?
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Mar 8 Fév - 11:25

Et le démon blond ruminait, avec son air boudeur : pourquoi avait-elle accepté cette offre ? Avec des gestes dénués de grâce féminine ou de sensualité (que les mauvaises langues arrêtent leurs rires : Lizelotte en était capable, dès qu'elle le voulait. Et avouons que l'argent pouvait être une bonne motivation), la jeune femme s'accouda à la table et posa sa joue dans sa main, évitant de croiser du regards ses deux compagnons d'infortunes et soupira. De son autre main, elle entreprit de suivre les traces humides d'une ancienne consommation et de faire des cercles du bout du doigts. Si avec un peu de bonne volonté la compagnie aurait pu être plaisante, Lizelotte n'avait de tout évidence pas envie de se montrer agréable. Parce qu'elle n'avait pas envie de laisser une bonne impression, parce que ce n'était pas son genre. Et parce qu'elle ne voyait pas en quoi ses deux compagnons en valaient la peine : aucun d'eux ne rattrapait l'autre.

L'un entreprenait de parler d'elle à la troisième personne, l'excluant presque de la scène -malpoli. Et de ramener sur la table l'épineux soucis qu'elle avait rencontré pendant l'après midi. Et voilà, on y était ! Sa main se crispa tandis que son ongle rappait la table, la jeune femme fronça le nez et décocha un coin de l'oeil noir à son voisin en grognant :

« Oh, diantre ! Êtes-vous à ce point stupide ? Ou comprenez-vous si peu les femmes, monsieur ? »

D'un geste de main, elle balaya les possibles réponses avec dédains, sans pour autant d'avantage développer sa pensée. Il était grand, qu'il apprenne seul. Quand à l'autre compagnons, pas besoin d'incroyable dons d'observation pour comprendre les efforts qu'il déployait à l'ignorer.

« Et vous, monsieur, est-ce là l'hospitalité française que d'ignorer l'hôte que l'on invite ? Quelle âge avez-vous donc pour céder à de telle gaminerie ? Si ma compagnie ne vous sied guère, il fallait y penser avant de m'offrir à boire. »

Et comme pour narguer un peu plus la sottise du français, c'est avec un petit sourire moqueur que la donzelle saisit le verre qui lui était présenté et trempa ses lèvres dedans.
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Mar 15 Fév - 9:17

La demoiselle au tempérament orageux ne semblait pas apprécier d'être ainsi exclue de la conversation. Philipp s'en amusait un peu. Après avoir tout fait pour partir, elle s'offusquait qu'on ne l'intègre pas dans la présente conversation, qui pourtant ne la concernait pas... intéressant spécimen, vraiment... cet état de fait le convainc de pousser l'expérience plus loin une prochaine fois, et moyennant finance, il n'en doutait pas.

Quand au français, son don semblait aussi très intéressant, jusqu'à ce qu'il avoue devoir cette attention du gargotier à un service rendu quelques temps auparavant. Philipp, qui quelques secondes plus tôt était décidé à tenter d'user d'un bon phrasé et d'une propension à étaler les mots pour ne rien dire et, accessoirement, boire à l'œil en ce lieu fut un peu douché, le seul service qu'il ai rendu au barman était de l'aider à écluser son alcool... et encore il avait payé pour ça. Une moue contrite apparu une furtive seconde sur le visage du second, envolée la possibilité de se désaltérer à l'œil. Philipp n'était pas près de ses sous, enfin pas plus que d'autres, mais tout opportunité de se remplir le gosier gratuitement était bonne à prendre. Enfin aurait été bonne a prendre.

En face de lui, la fille de "joie" trempait ses lèvres dans son verre, un sourire moqueur au visage. Elle semblait s'amuser elle aussi, mais le jeune second ne voyait pas vraiment en quoi cette situation était amusante. Bah, ce n'était pas la première chose intrigante qu'il trouvait à cette femme, et son petit doigt lui disait que ce ne serait certes pas la dernière. Il avait trouvé en l'espace de quelques minutes, une prostituée qui avait la violence à fleur de peau, ne s'en laissait pas compter face à d'éventuels clients et semblait s'accorder le luxe de les choisir, ainsi qu'un Français bavardeur qui pouvait boire gratuitement en ce lieu. Tortuga renfermait décidément une faune des plus étrange, mais aussi intéressante. Pour l'heure, il devait répondre à la juste question du mangeur de grenouilles.

- Oh, je ne me suis pas présenté, mille pardons. Je suis le second du Bloody Revenge, Philipp Kerner.

En général, le simple fait d'appartenir à l'équipage du Bloody vous faisait passer pour un être surnaturel, mi-ange, mi-démon. Quel allait être la réaction autour de cette table ? Oh certes, il y avait été habitué lors de son périple en orient, le fait de voir un "Roumi" géant et libre suivant un maître d'armes et penseur musulman en avait étonné plus d'un là bas, certains se demandaient même qui servait l'autre, mais Philipp avait passé outre, et son maitre aussi. Et même hors des territoires musulmans, sa taille impressionnante le classait dans la catégorie des curiosités de dame nature...

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Dim 20 Fév - 1:08

Pendant que Malpertuis dégustait son rhum, pas peu fier de son petit effet, l'homme se présenta et la femme protesta.

- Et vous, monsieur, est-ce là l'hospitalité française que d'ignorer l'hôte que l'on invite ? Quelle âge avez-vous donc pour céder à de telle gaminerie ? Si ma compagnie ne vous sied guère, il fallait y penser avant de m'offrir à boire.

- Oh, je ne me suis pas présenté, mille pardons. Je suis le second du Bloody Revenge, Philipp Kerner.

Malpertuis, s'il avait été plus jeune ou pirate depuis moins longtemps, eut sans doute bondi à cette dernière information. Le Bloody Revenge. L'impossible vaisseau. Croiser le second du Bloody, quelle aubaine ! Mais gare : quand on leur montre trop d'intérêt, les gens vous fuient – caprice du sort, diablerie !

L'air parfaitement serein, il répondit :

- Enchanté, Monsieur Kerner. Puis se tournant vers la jeune femme, il se montra soudain d'un sérieux étonnant : Les Français ont des égards pour les femmes honnêtes, pas pour les jolies fleurs offertes au public. Du reste, les Marie-Madeleines ne se dispensent pas des usages, d'habitude ; vous connaissez nos deux noms, alors que nous sommes visiblement condamnés à vous appeler « la charmante mégère ». Parce que je ne paie pas le rhum ici, je vous ai conviée à boire avec nous, mais souvenez-vous que vous parlez à un chef parmi les pirates, Mademoiselle. Vous ne me tirerez pas la joue une seconde fois.

Sans doute réagissait-il un peu tard... Mais Malpertuis était chef d'équipage. Depuis presque six ans, il menait trente à quarante hommes sur mer, par tous les temps, avec épidémies, abordages, rapines... Il devait se faire respecter même quand il faisait faim, même quand il faisait froid. Il devait regarder sans ciller les mousses se faire labourer le dos par le fouet. Il devait punir, pour l'exemple. Il devait tuer, parce que dans ce métier l'on tue. Ce n'était ni une peine, ni une chance, c'était comme ça.
Il avait vite compris que l'autorité attaquée devait répondre immédiatement, sous peine de se faire renverser. Il n'est pas aisé d'être un chef. Il n'est pas aisé d'être entre les grands chefs et ceux qui leur obéissent.

Il était venu minauder auprès d'elle comme il faisait souvent, elle l'avait surpris. Qu'il tolérât son caractère – au reste plutôt divertissant – passait encore, mais qu'elle se souvînt qu'elle n'était rien. Une femme. Une femme de Tortuga. Autrement dit moins encore que rien.
Alors oui, si elle récidivait, il se promit instinctivement d'être intraitable. C'était un sursaut d'orgueil sans doute... Mais à cet instant, sans doute un peu à vif à l'idée d'être face au second du Bloody Revenge, et agacé par les insolences de la prostituée, Malpertuis se moquait bien d'être cohérent.

Quoique toujours à ces fermes pensées, le visage de Malpertuis reprit tout à coup son expression joviale, et il ajouta en adressant un clin d'oeil à l'autre pirate : En revanche, je répète et signe : vous êtes ensoleillante – pardonnez le barbarisme. Je serai ravi d'accéder à vos vénales faveurs, à l'occasion. A moins que Monsieur Kerner ait pris quelque réservation ?... Est-elle à votre goût, Monsieur le second ?
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Dim 20 Fév - 18:33

Pouvait-on résister à l'alcool quand on n'avait pas l'habitude d'en consommer ? Lizelotte était la preuve que non. Le nez plongé dans le verre, continuant à laper goûte par goûte le rhum présent dedans, déjà, elle commençait à sentir sa tête tourner légèrement. Le français se remit à parler -il tenait bien son surnom- et la blonde se mit à craindre un long et laborieux discourt. Il fut plus bref que prévu, plus ferme également, et avait un fond que Lizelotte comprit vaguement comme « moi homme chef pirate, toi faible femme de rien ». Hiérarchisation simplifié. Derrière son verre, devant ce sérieux, la femme sourit. Malgré les apparences, Lizelotte connaissait bien mieux sa place qu'elle ne le laissait paraitre. Simplement... elle se reprocherait sa conduite dangereuse du moment après coup, comme d'habitude, n'appliquant que très mal le respect qu'elle devait à chacun.

« Oh, oui, oh, oui ! Je suis à votre goût ? » ricana-t-elle.

Les narines un peu trop chatouillées par le fumet de son verre, enhardi par le peu l'alcool qu'elle avait avalé, la jeune femme le leva d'un coup, avalant, cette fois, une bonne rasade et reposa le contenant sans aucune délicatesse. Le sourire toujours large et moqueur, Lizelotte eut un rire avant de lancer :

« Tarare, mais n'avez-vous donc rien compris du tout ? J'aurais été putain, j'aurais gloussé devant vos niaiseries. J'aurais été charmante, c'est comme si j'avais été catin à vos yeux, minaudant pour quelques faveurs. En me montrant mégère, je conserve ce peu de moi qui fait que je ne suis pas qu'une catin hypocrite. N'êtes vous que le résultat de ce que vous faîtes ? Tout les "Chefs de Pirates"... » Concédons que son ton dansait avec la condescendance « ...vous ressemblent-ils ? J'en ai vu passer, des blonds, des bavards, des biens battis, et vous êtes -heureusement- uniques. Où sont vos troupes, vaillant chef-à-la-joue-rouge-et-qui-s'en-vexe – et de vous à moi, il vous en faut bien peu- ? Vous avez sans doute du pouvoir sur votre barque dans l'eau, ici, vous êtes simplement vous comme je ne suis que moi. Alors, détestez-moi ! Au moins, je serais reconnue pour quelque chose ! »

D'un deuxième trait, la gorge sèche, Lizelote acheva le rhum dans son verre, avant de refaire claquer bruyamment le récipient sur la table. Elle croisa les jambes, s'accouda à la table et eut un regard sombre.

« C'est la seule stupidité que j'ai trouvé pour tenir bon sur cette îles. »

Les sourcils froncés, toute à sa colère retrouvée qui passait comme une vague, elle releva les yeux vers ses deux compagnons et grogna :

« Vous voulez un nom ? Et pourquoi faire ? Choisissez ! Catina, Putina, Mégèrina ? » Puis la vague de colère passa de nouveau pour laisser place à une amertume. Elle posa ses deux coudes sur la table et enfouit son regard dedans. « Ou Elizabeth. Charlotte. Elizabeth-Charlotte. C'est comme ça qu'j'm'appelle... » souffla-t-elle.

Puis plus doucement, elle releva un œil vers le jeune second.

« Et désolée, M'sieur le S'cond d'chez-pas-quoi pour votre effet, mais... c'est quoi vot' Bloody Revenge pour que vous insistiez autant dessus ? M'sieur Mal-en-pis est p'tet pirate -pardon, Chef pirate !- mais il n'a pas trouvé bon d'annoncer de quel rafiot... et Bloody Revenge : j'connais pas. »

Excusons la jeune femme de son manque de culture : enfance loin des tumultes de la mer, mariage mouvementé loin des tumultes de la mer et vie sur Tortugua passé les tumultes de la mer. D'ailleurs, Lizelotte expliqua ça très bien :

« Moi faible femme-jolie-fleur-offerte-au-public. »
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Philipp Kerner

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Lun 21 Fév - 15:26

L'annonce de son appartenance au Bloody Revenge ne fit pas autant sensation que les autres fois. Soulagement et curiosité de la part de Philipp, ils ne l'assommeraient pas d'anecdotes et de questions sur la véracité des légendes entourant le vieux bâtiment, mais d'où venaient-ils pour ne pas avoir de petites étoiles dans les yeux à la simple évocation de ce navire ? Bah, au moins il pourrait boire tranquille... ou presque. Le Français était parti dans une diatribe qui, si elle n'était pas franchement acerbe, n'était guère aimable à l'encontre de la furie qui leur servait de compagne de boisson. La fin de ladite diatribe vint néanmoins tempérer quelque peu ses propos.

- En revanche, je répète et signe : vous êtes ensoleillante – pardonnez le barbarisme. Je serai ravi d'accéder à vos vénales faveurs, à l'occasion. A moins que Monsieur Kerner ait pris quelque réservation ?... Est-elle à votre goût, Monsieur le second ?
- Hmmm ?...
- Oh, oui, oh, oui ! Je suis à votre goût ?

Philipp, le nez dans son verre, leva un sourcil surpris. L'alcool montait un peu vite au cerveau de la demoiselle, et la demande du français l'avait surpris aussi. Bien sur que la demoiselle était à son goût, et même doublement car son caractère l'amusait énormément, mais le ton pris par la fille de joie lui laissa présager une autre diatribe bien sentie. Et effectivement, elle arriva. Se levant et buvant une bonne moitié de son verre, la donzelle se lança.

Philipp avait l'impression d'assister à une joute verbale, et il en était réduit pour l'heure à compter les points. Un sourire étira son visage sur la gauche, et il s'empressa de le dissimuler en buvant une nouvelle rasade de rhum. Le plus long de la diatribe était destinée à Malpertuis, Philipp resta sagement en retrait. Elle n'avait pas peur de se brûler les ailes la donzelle, et le jeune second n'était pas assez doué sur le plan des mots pour pouvoir jouer sur son terrain. Le seul plan sur lequel il pouvait encore rivaliser avec elle s'était bien celui des piques... et encore.

Une nouvelle rasade de rhum acheva le verre de la blonde, et entama quelque peu sa colère aussi, ce qui ne l'empêcha de grogner qu'elle s'appelait Élizabeth-Charlotte. Enfin, tout le monde connaissait le nom de son voisin. Philipp, qui buvait plus doucement que sa vis-à-vis, repris une gorgée du breuvage ambré qui remplissait encore le fond de son verre. Les yeux d'Elizabeth se posèrent sur lui. Aïe... il aurait été étrange qu'il passe au travers de la tempête, et même assez blessant aussi.

Et désolée, M'sieur le S'cond d'chez-pas-quoi pour votre effet, mais... c'est quoi vot' Bloody Revenge pour que vous insistiez autant dessus ? M'sieur Mal-en-pis est p'tet pirate -pardon, Chef pirate !- mais il n'a pas trouvé bon d'annoncer de quel rafiot... et Bloody Revenge : j'connais pas. Moi faible femme-jolie-fleur-offerte-au-public.
-Hmmm ? Je n'ai pas eu l'impression d'insister tant que ça sur le nom du navire sur lequel je servais... quand à messire Malpertuis, il sert sur l'Amphitrite.

Cette fois il ne chercha pas à cacher le sourire qui étira son visage sur la gauche. Elle s'était comparée à une fleur, et Philipp savait bien que les plus belles fleurs pouvaient être empoisonnées.

- Et pour répondre à votre interrogation de tout à l'heure, Monsieur Malpertuis, certes, Mademoiselle Elizabeth est à mon goût, mais je n'ai nullement réservé ses faveurs

*Du moins pour l'instant* pensa-t-il immédiatement après.

- Cependant je doute qu'elle soit d'humeur à folâtrer avec l'un d'entre nous ce soir, monsieur le roi des bavards... je doute même qu'elle soit d'humeur à folâtrer tout court à vrai dire.

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Jeu 24 Fév - 10:48

Eh bien... La voilà touchante !... Que ne se montrât-elle point ainsi depuis le début ?, pensa Malpertuis.
Le Français loua les vertus de l'alcool pour les femmes – pour une fois ! – retrouva toute sa bonhommie, et eut même un peu honte du ton qu'il avait pris. Elle lui sembla – suprême qualité ! – presque parisienne, tout à coup. S'il y mettait les formes, peut-être parviendrait-il à se faire pardonner ? Vraiment, il eût été trop triste de rester en froid avec pareille oiselle.

Il y eut cependant quelque chose qui rembrunit le roi des bavards : ... quant à Monsieur Malpertuis, il sert sur L'Amphitrite
Visiblement, toute tentative de discrétion de ce côté-là était ruinée... Qui donc retenait le nom des Quartier-maîtres ? Capitaine et second, ça il voulait bien l'entendre, mais...
Malpertuis songea avec satisfaction qu'il n'était pas homme à passer inaperçu, avant de se souvenir que l'aubergiste avait beuglé « L'Amphitrite est de retour ! » quand il était entré à La Jambe de bois.
Il fallait faire avec ce qui était distribué.

A Tortuga, Malpertuis avait déjà recontré des membres d'autres équipages - c'était inévitable, à Tortuga... En général, quand ils comprenaient sur quel bâtiment servait l'autre, il y avait un mouvement de flottement : défiera, défiera pas ? Le Prince des Tempêtes et L'Amphitrite ne se détestaient pas. La chose était différente s'il s'agissait d'un membre du Hell' ship. Que dire du Bloody Revenge, si ce n'est que le capitaine Nogaret se crispait quand on le nommait ? Que dire sinon que jusque là, Malpertuis avait toujours un peu douté que la nef existât vraiment ? On murmurait à peu près partout que le Bloody ne voulait pas de bien à L'Amphitrite – voulait-il du bien à qui que ce fût ? - qu'il y avait une sombre histoire de vengeance qui poursuivait ces voiles-là...
Et ce jeune homme – car il paraissait jeune, quoique sans doute ne l'était-il pas plus que Malpertuis – était le second du mythique et inquiétant vaisseau ? Il était assis à la même table, et disait sans ciller qu'il avait devant lui le Maître d'équipage de L'Amphitrite ? L'homme d'Alkemade parlant à l'homme de Nogaret - peut-être son seul ami (ou ce qui s'en éloignait le moins) sur cette terre ?
Si cette affabilité cachait quelque chose, c'était quelque chose de forcément mauvais.

Malpertuis dégluttit un peu douloureusement, mais, afin de ne rien laisser paraître de son trouble, il revint à la demoiselle – vraiment, elle était charmante !

- Permettez, jolie fleur : je ne vous trouve pas détestable, et Monsieur Kerner non plus, semble-t-il. Si je ne craignais pas que vous sortissiez de vos gonds (un sourire de fierté lui barra son visage d'avoir placé un subjonctif imparfait) je vous consolerais avec force cajôleries et gazouillages.

Il prit alors une expression d'infinie tristesse, et planta ses yeux clairs dans ceux de la donzelle.

- Quel dommage vraiment, que vous ne soyez pas d'humeur à folâtrer, belle Elizabeth.

Lançant un rapide regard au second du Bloody, il sembla lui dire : - Vous ne réservâtes point ?! Inconscient !, puis, un peu moins enjoué : Qu'es-tu en train d'ourdir contre moi ?.... Mais comme il ne pouvait dire tout cela à voix haute, il ramena ses yeux sur la jeune femme, et se contenta d'un :

- Je pense que la demoiselle a assez bu, mais vous-même, prendrez-vous un autre verre, Monsieur le second ?


Dernière édition par Malpertuis le Mer 16 Mar - 9:04, édité 2 fois
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Lizelotte Daime

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Mar 1 Mar - 22:11

Il sembla se calmer, se montrant soudainement plus courtois et doux, la tension baissa encore d'un ton en Lizelotte et l'alcool continua à faire son oeuvre. La demoiselle s’accouda sur la table, assise sur son tabouret, les jambes croisées sous ses jupons, posant ses joues dans ses deux mains et regarda tour à tour les deux hommes parler, s'échanger des regards qu'elle ne comprenait pas et entendre quelques mots sur elle.

« Oh, aucun risque qu'il ne me réserve ! Adressa-t-elle au français en montrant Philipp d'un mouvement de tête. Il y a bien peu encore, importunée par un homme, il m'a dit lui avoir fendu la machoire simplement parce que... rappelez-moi vos mots ? Vous n'appréciez pas de voir votre paix troublée ? Quelque chose du genre. Et que dans sa graaaande bonté et dans sa graaaaandeur d'âme, il ne frappait pas les femmes. Merci merci.

Prenez garde, M'sieur l'chef pirate ! Si je l'énerve, c'est vous qui prenez !
 »

Lizelotte ria, un peu stupidement, bien inconsciente des tensions déjà existantes entre les deux hommes. Comment aurait-elle pu ? Si elle connaissait vaguement l'Amphitrite, le Bloody Revenge était un pavillons inconnu et le mystérieux second ne semblait pas avide de s’épancher sur la question. Ç'aurait été l'autre, elle aurait parié connaître déjà le navire sur le bout des doigts, des draps du capitaine jusqu'à l'arbre qui fut débité pour faire le mats (du bateau, pas du capitaine, voyons !). Puis elle soupira, un air stupidement gai sur le visage et repris :

« Que je sois à son "goût" ou non, peu de chance que je l’intéresse et de toute façon non, pas de Miss Catin, j'voulais juste passer une journée tranquille. J'ai pas besoin qu'on m'console, j'ai juste besoin de me sentir encore moi » et valant quelque chose, pensa-t-elle rapidement sans l'exprimer. Puis de nouveau, elle eut un rire en coin avant de marmonner : « Bien que ce soit dur.

Aaaah, Berthe me tuerait si elle apprenait que je rembarre joliment deux hommes ce soir...
 »

Quel étrange résultat que celui de l'alcool sur Lizelotte : un savant mélange de gaieté et morosité qui s'exprimait, alors qu'elle faisait des cercles sur le bord de son verre du bout des doigts, un air songeur sur le visage :

« Oh, alors, s'il vous plaît, je ne mérite pas les « belle » et les « mademoiselle ». Vous me l'avez merveilleusement bien rappelé : je suis une Marie-Madeleine. »

Et puis, de toute façon, impossible d'échapper à cette condition, ces deux là même parlait d'elle en marchandise, jugeant par histoire de goût et de réservation. Charmante soirée.
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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Mer 25 Mai - 8:59

Depuis qu'il avait annoncé sur quel bâtiment il servait, Philipp sentait que l'atmosphère avait quelque peu changé. Certes, l'ivresse naissante de la "fleur" Elizabeth avait aidé aussi à ce changement, mais le jeune second sentait une légère tension de la part du membre d'équipage de l'Amphitrite à son endroit. Certes, être membre du Bloody Revenge impliquait une méfiance quasi superstitieuse de la part des autres, mais si Philipp avait eut de mauvaises pensées, il n'aurait pas entamé la conversation avec qui que ce soit... Pour l'heure il restait silencieux.

- Permettez, jolie fleur : je ne vous trouve pas détestable, et Monsieur Kerner non plus, semble-t-il. Si je ne craignais pas que vous sortissiez de vos gonds je vous consolerais avec force cajôleries et gazouillages.
Oh, aucun risque qu'il ne me réserve ! Adressa-t-elle au français en montrant Philipp d'un mouvement de tête. Il y a bien peu encore, importunée par un homme, il m'a dit lui avoir fendu la machoire simplement parce que... rappelez-moi vos mots ? Vous n'appréciez pas de voir votre paix troublée ? Quelque chose du genre. Et que dans sa graaaande bonté et dans sa graaaaandeur d'âme, il ne frappait pas les femmes. Merci merci.

Prenez garde, M'sieur l'chef pirate ! Si je l'énerve, c'est vous qui prenez !


Visiblement le français n'avait pas abandonné l'idée de charmer la demoiselle en face de lui. Philipp pour sa part essaya d'imaginer la scène, un Malpertuis cherchant à consoler par des câlins une Elizabeth plus que réticente à se laisser cajoler. Ce qu'il imagina lui tira un sourire amusé. Dommage que Malpertuis ne le tente pas de suite, le spectacle serait pour sur fort distrayant. la remarque de la jeune femme était égale à elle même, quoi que le ton incisif était émoussé, par l'alcool sans doute...

- Quel dommage vraiment, que vous ne soyez pas d'humeur à folâtrer, belle Elizabeth.

Était-il donc tellement en manque "d'affection" ? Philipp tourna les yeux vers le verbeux français, suffisamment tôt pour voir deux émotions se succéder dans le regard du mangeur de grenouilles, dont une pas franchement amicale qui fit hausser un sourcil intrigué au second du Bloody.

Que je sois à son "goût" ou non, peu de chance que je l’intéresse et de toute façon non, pas de Miss Catin, j'voulais juste passer une journée tranquille. J'ai pas besoin qu'on m'console, j'ai juste besoin de me sentir encore moi

Cette réplique fit obliquer le regard du jeune homme vers la demoiselle en face de lui. Il était étonné du ton employé par celle qui, il y a peu encore, l'aurait voué aux flammes de l'enfer avec véhémence.

Bien que ce soit dur.

Le tenancier avait-il mit quelque chose autre que du rhum dans son verre ?

Aaaah, Berthe me tuerait si elle apprenait que je rembarre joliment deux hommes ce soir... Oh, alors, s'il vous plaît, je ne mérite pas les « belle » et les « mademoiselle ». Vous me l'avez merveilleusement bien rappelé : je suis une Marie-Madeleine.

Philipp la préférait de loin plus incisive, mordante, battante... cette expérience lui tira un enseignement : quand il la verrait une prochaine fois, il ne commanderait pas d'alcool...

- Je pense que la demoiselle a assez bu, mais vous-même, prendrez-vous un autre verre, Monsieur le second ?

Cette proposition fit naître un nouveau sourire sur le visage de Philipp, bien que le furtif regard suspicieux de son voisin ne refroidisse légèrement l'enthousiasme qu'il mit à répondre.

- Ma foi, pour reprendre vos propres mots, le frère de celui-ci me conviendrait parfaitement, et il enchaîna après une regard vers leur vis à vis, je crois en effet que la demoiselle à eut son comptant de boisson forte pour ce soir...

Pendant que son voisin passait commande, Philipp, qui avait un bref instant oublié sa mission regarda si la gargote avait accueilli de nouveaux clients, et si certains correspondaient à la description de la pirate recherchée par son capitaine... Personne pour l'instant, il en venait même à se demander si la pirate en question existant vraiment... bah, il verrait bien, pour l'heure il avait quelqu'un de disposer à lui offrir à boire tout son soul et il n'avait pas l'intention de s'en priver...

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MessageSujet: Re: Une femme qui picole ? [PV une de nos charmantes pirates^^]   Mar 28 Juin - 22:03

Il s'en passe, des choses, sans qu'on le sache.

Deux marins se jaugeaient du regard, une prostituée cuvait sagement sur sa table, le nez dans sa chope à humer les vapeurs de son verre.

Pendant ce temps, et c'est bien là que la musique se doit de devenir dramatique si elle veut encore coller à l'ambiance, un marin édenté, rassemblait des amis. Lui aussi avait prit le temps de se remettre d'aplomb et d'aller raconter sa mésaventure. La pluie avait lavé le sang de son visage, mais les dents manquantes, elles, étaient le symbole de sa farouche haine et de ce qu'il s'était passé. L'équipage le trouvait parfois idiot. Un peu trop entreprenant, l'alcool le rendait mauvais, mais à part ça, c'était un bon bougre. Travailleur, volontaire et bon vivant. Et maintenant forcé à manger de la soupe.

Chaque pirate finissait par développer une fierté, n'est-ce pas ? Écumer les mers, devenir une légende, se sentir meilleurs que tout, au dessus de tout. La Médusa, petits navire qui se sentait de devenir grand, n'aima pas que son nom soit entaché ainsi, ce soir. Tout ça pour une catin ? Et un gars qui se prenait pour un chevalier ? Et puis quoi encore ! Il s'était trompé d'époque, le rigolo au turban !

Alors, on allait lui faire sa fête, à ce jeunot. Les marins se disaient qu'ils allaient lui apprendre la vie. La pluie collait leurs vêtements à leurs peaux et ils avançaient ensemble. Oh, n'allons pas non plus croire que tous se sentaient fraternel et soudé dans l'idée de fracasser la tête à l'impudent qui avait oser s'en prendre à l'un des leurs ! L'époque n'est pas assez belle pour ces clichés. Certains étaient juste là pour l'idée réjouissante de fracasser la gueule à quelqu'un, point. Une bagarre, ça n'a pas, au fond, besoin de plus d'explication que ça. Enfin, l'auberge se dessina devant eux, petits point lumineux de vie.

Soudain !

Lizelotte leva le nez.

« Naaaan, moi aussi, j'veux encore un peu ! »

La prostituée n'avait pas l'habitude de boire, non, vraiment pas. Ce n'était pas un truc de femme, disait-on, si bien qu'un simple verre avait eut bien des effets sur elle. Elle se demandait, vaguement, si cette sensation nouvelle était agréable ou désagréable ? Ce mélange féroce de sentiments qui la prenait, cette euphorie mêlée à cette profonde tristesse et mélancolie. Si Lizelotte avait la fierté de nier que sa situation l'insupportait, il fallait croire que l'alcool inhibait la dite fierté. D'un coup, elle se sentait plus sincère avec elle même qu'à aucun autre instant.

Elle se mit debout d'un coup, claquant ses mains sur la table, les sourcils froncés. Là, elle leva la tête, pointa du doigts successivement les deux hommes, et lança :

« Nan, en fait, c'que j'veux...
- Ta tête, le rigolo exotique, maintenant ! Hurla une voix derrière elle.
- Tarare ! »

Lizelotte se retourna, presque enragée, prête à répondre à cet avortons qui avait eut l'audace de la couper. Mais ce n'était pas « l'avortons » mais « les avortons ». La jeune femme pâli. Non seulement ils étaient nombreux, mais en plus, ils étaient armés. La porte claquait, comme dans un mauvais nanard qui voudrait donner une ambiance un peu angoissante. L'eau perlait des marins et allait s'écraser sur le plancher. Ils s'avançaient, l'air de vouloir en découdre, en écartant les malheureux sur leurs chemins.

La jeune femme s’enhardit. Oui ils étaient nombreux, oui elle avait un très bon instinct de survie qui lui hurlait à la fuite, oui elle était assez intelligente pour savoir le combat perdu d'avance. Mais Lizelotte était également indéfectiblement ivre.

« Dic-donc, vous ! » éructa-t-elle. D'un coin de main, elle saisit sa choppe, attendit que l'homme soit tout près, se trouvant sur le chemin que les pirates se frayaient, puis elle arma son coup quand il fut à portée, et... « Oh, holaaaaa ! » tomba sur le côté, sa jambe gauche ayant décidé de se transformer en coton, pile à cet instant. Il y eut un bruit, fort, d'un tabouret qu'on éclate contre une table. Des copeaux volèrent vers elle, mais elle se protégea la tête entre ses bras. Les hommes étaient sérieux. Très sérieux. Ils étaient là avec l'envie de faire très mal. Et elle n'était qu'une femme. Et puis... Ils étaient deux fois plus nombreux à chaque fois qu'elle clignait des yeux ! Non, trois fois -l'alcool avait vraiment un vilain effet sur elle- !

Alors, Lizelotte hocha la tête pour elle même. Vu que les pirates ne bougeait pas pour elle, qui était à terre, c'est qu'elle n'était pas visée. Peut-être l'étranger, du bloody-machin. Qu'importait ! La témérité avait des limites.

Les bruits montèrent crescendo, des hurlements, des brisures, des fracassement ! Lizelotte, elle, ne vit rien, trop occupée à raser terre et fuir à quatre pattes. Elle ne sut pas ce qu'il se passa pour ses deux compagnons de tables. Tout ce qui lui importa, quand la pluie martela de nouveau son visage, était de rentrer chez elle.

Et de cuver.
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