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 Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]

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Sanzia de Sierra Leone

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Localisation : Tortuga.
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MessageSujet: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Lun 14 Nov - 23:25

    Commençons par ton nom... Peut-être ne vous suis-je pas inconnue? Je me nomme Sanzia, simplement Sanzia. Enfin, ici, à Tortuga. Il y a une certaine époque où j’étais quelqu’un d’autre, pourtant. Une femme puissante de titre, mais certes pas de gestes. Une vulgaire décoration de salon a qui on lançait éloges et compliments fastidieux pour accueillir des faveurs futiles de la grandeur royaliste masculine. Duchesse de Sierra Leone. C’était bien ça : Sanzia Ivana Felicia de Sierra Leone. Néanmoins, Rappelez-vous d’une petite chose : entre nous, cette femme n’est plus. Tenez-le pour dit.
    T'es pas un peu jeune pour être pirate ? En voilà des manières! Demander l’âge d’une femme devrait être interdit! Toutefois je dois avouer que me faire aborder sous les mots «un peu jeune» flatte mon égo… Enfin! Je n’ai pas encore l’âge de me froisser de tels propos : actuellement, je me compte vingt-quatre printemps… Enfin, plus pour bien longtemps! Le vingt-et-un d’octobre signera l’automne et mon vingt-cinquième anniversaire.


    Et si t'étais pas libre comme l'air, tu s'rais chez qui ? Imaginez un lieu où passion et violence s’enlacent. Un lieu où l’ardeur du soleil n’équivaut pas la fureur des corridas. Un lieu où la lune coule sensuellement sur les corps des danseurs flamencos qui s’enflamment la nuit tombée. Un lieu où se mêle le chant de l’amour et de l’ivresse aux duels qui s’éveillent au petit jour. Un lieu où l’aube retire son masque sanglant laissant derrière elle le vainqueur d’une passion et la douleur de la perte. Un lieu où Don Juan a vu mille et une conquêtes soupirées entre ses mains et où, moi, Sanzia, ait perdu mon premier amour pour avoir fait preuve d’intégrité. Espagne, mon Espagne. Ma gloire, mon coeur, mon malheur, sache que nous ne nous reverrons peut-être jamais… Je ne peux que te rêver, toi, mon adoré, espérant que les vents t’apportent mes offenses; que ce que je sois devenue fasse hurler le Duc de Sierra Leone. Celui qui avait mon corps et non mon esprit. Séville tremblera sous son courroux, espérant l’en faire mourir de honte. Toi, mon aimé, qui garde précieusement le corps de mon seul amour, je me promets vengeance afin de pouvoir te revoir briller sur le fleuve d’Andalousie.


    Et tu fais quoi de ta vie ?Ce que je fais de ma vie? Je vends du rêve, du fantasme, de la tendresse. Je vends mon âme à tous ceux qui en paient le prix. Je donne ce que les hommes ont de plus faible : leur chair. Je fléchis sous quelques pièces d’or, j’obéis aux désirs dans le but de vous rendre fous d’amour, accros à mes lèvres, soumis à ma propre soumission. Moi qui suis sujet, je vous assujettis de mes gestes, de mes baisers, de mes étreintes. Je suis femme, je suis sirène, je suis vôtre. Qui suis-je? Prostituée. Voilà ce que je suis devenue. L’ombre de votre ombre, pour vos moindres plaisirs…afin que vous puissiez, vous gens de ma patrie, me rendre un service. Soyez messagers. Messagers du malheur de mon si aimable époux… Dites-lui ce qui arrive à son nom lorsque vous vous réveillez dans mes bras. Dites-lui à quel point j’ai succombé, à quel point je suis devenue vile et facile. Effacez tout honneur de son nom. Propager la bonne nouvelle, je vous en serais dès lors si reconnaissante.

    Et pirate, c'est une vocation ou t'as plus un rond ? C’est drôle que vous me posiez la question. Si je suis devenue prostituée à Tortuga, ce n’est pas de gaieté de cœur. C’est par obligation que je me terre en ces lieux de luxures et de bassesses. Loin de chez-moi, je cogite, je fulmine, je m’extasie devant des scénarios qui s’enlisent dans ma rage. Je suis exténuée devant ma propre rancune… J’ai une soif. Soif qu’aucun océan ne peut étancher, qu’aucune fontaine de jouvence ne pourrait tarir. J’ai soif de lui. J’ai soif de son sang. J’ai soif de son corps inerte sous mes mains tremblantes. Je veux que le Duc de Sierra Leone apprenne que son honneur est mort grâce à mon sort. J’hurle à l’injustice qui a été commise, je pleure le crime qui a noyé mon cœur… Je suis femme qui veut se faire vengeance. Que Dieu ait pitié de moi.




    Et t'es plutôt gringalet ou baraqué ? Je suis la belle ou la moche, que sais-je au fond de mon apparence! Mon reflet peut bien me tromper? Non, je ne crois pas. Là devant la glace, je vois cette fille. Malgré son allure d’une resplendissante jeunesse, je peux y deviner quelques ridules naissantes. Les courtes nuits et les pleurs y sont sans doute pour quelque chose. Des lèvres pulpeuses couvertes d’une couleur carmin lui donnent une allure gitane, presque sorcière. Ses yeux d’un noir aussi profond que l’océan révèle la noirceur de ses songes. Du bout des doigts, j’effleure mes propres boucles de cheveux. Noires comme l’ébène. L’image dans le miroir me suit au doigt et à l’œil. Je découvre ainsi mon teint hâlé, un visage très découpé qui donne me donne une allure rustre. Au-dessus de mes yeux, cette fille - que je sais moi – a peint au charbon ses paupières, lui donnant l’allure sombre de son destin. Je remarque un foulard à sa tête. Je le touche. Carmin, lui aussi. À vrai dire je suis toujours vêtue dans ces couleurs, mais plus particulièrement de noir. Je n’aime pas m’attifer d’artifice. J’ai trop longtemps été enfermée sous les atours de femme de salon pour m’y résoudre une seconde fois. Mes épaules sont frêles, quelquefois dénudées. Ma poitrine n’a rien d’enviable, pas plus que méprisable. Elle est ce qu’elle est. Ma taille est encore fine, mes hanches se découpent sous ma robe sombre. Je suis petite. Je le vois bien à la grandeur des gens qui m’entourent. Puis, laissant ma main s’éterniser sur mon reflet, je remarque quelques bagues dont je m’orne par habitude. Carmins, elles aussi. Je m’éloigne ainsi de la glace, laissant ma propre contemplation aux yeux qui m’entourent.

    T'es pas du genre à tenir tête au capitaine, au moins ? Tenir tête, c’est ce que je fais de mieux. Je sais ce que je suis, ce que je dis et ce que je pense. Dommage pour vous qui tentez de débattre avec moi : je suis inflexible. Ma fierté espagnole m’a doté d’un orgueil surdimensionné que j’utilise à des fins bien particulières. Je suis tenace, mais d’autant plus ambitieuse. Ce que je vise, je l’obtiens par tous les moyens, et qu’importe ce que cela pourra m’en coûter… Au point où j’en suis, je n’ai désormais plus rien à perdre! J’aime être aimé plus qu’aimer, j’aime être convoitée, bref j’aime être le désir d’autrui. Le désir peut faire bien des folies, et j’en sais quelque chose, croyez-moi sur parole. De ce fait, on peut me voir vipère… Et peut-être le suis-je! Manipulatrice à mes heures, je préfère pourtant la provocation. Certes, je ne suis peut-être pas la plus bavarde de Tortuga, mais je n’ai pas la langue dans ma poche. Ce que je crois, je l’affirme. Je déteste me faire marcher sur les pieds et je prends la place qui me revient de droit. Indépendante par-dessus le marché, je déteste me mêler aux gens de l’île. La solitude m’est bénéfique et cette quiétude me satisfait amplement. D’ailleurs, c’est un simple conseil : ne vous mêlez pas de mes affaires. Je suis très rancunière et pourrait le prendre de sang-chaud. Si ma noblesse a pu me soumettre autrefois, je perds rapidement ma soumission au détriment d’une envie démesurer d’assouvir mes idéaux. Certes, je reste femme. Femme parmi tant d’autres. J’aime toutefois qu’on me prenne au sérieux. Ici, à Tortuga, j’ai la chance de pouvoir être autre chose qu’épouse. Cependant, outre cette personnalité bien trempée qui fait de moi une étrangère des tavernes autant que je puis y être habitée, je reste posée. Diplomate et rusée, j’écoute avant de parler. Je tourne ma langue sept fois avant de répliquer quelques stupidités que je pourrais regretter… Et je sais d’ailleurs que trop souvent en ces lieux on ne réfléchit pas aux conséquences de nos actes : moi si. Cependant, et contrairement à ceux qui agissent sur un coup de tête, j’assume ces conséquences avec le plus grand des plaisirs. Je suis une boîte de pandore, une personne relativement chaleureuse dans l’intimité qui saura vous bercer de ses douces paroles. Autant ai-je pu vous blesser que je saurai panser vos moindres mots. Je suis comme toute femme, après tout : forte, fière, brûlante telle la flamme, soumise, tendre et enivrante telle la vague.

    T'aurais pas une histoire à nous raconter ?
    Nous avons tous un destin. Que vous le sachiez ou non. Que vous le niez ou non, même. Chaque ligne de votre main vous guide vers des choix, des idées, d’autres horizons. Quoi qu’il en soit, moi, je n’aurais jamais prédit ce qui allait m’arriver, là-bas, en Espagne, dans mon chez-moi. Je suis ainsi née un jour d’automne qui n’avait –sait-on jamais- rien de différent des autres jours d’octobre. Je suis née sous une bonne étoile, disait-on… Baliverne! Les bonnes étoiles ne brillent jamais longtemps de toute manière. Ainsi donc, je suis née fille sang-bleue. Éduquée dans la mesure du possible en mon statut de jeune fille du monde. Je sus donc être un meuble de salon avant même qu’on ne m’y oblige. Je savais la danse, le chant, le dessin, la peinture, la littérature, la religion même –étonnant que j’en sois arrivée là, non? Enfin bref, tout ça n’était que futilité pour me faire oublier que moi aussi, comme toutes les autres, mon père donnerait ma main à ceux qui pourraient lui rapporter. Logique, en un sens. Ce jour arrive vite, vous savez, lorsqu’on vous condamne à un homme que vous n’aimerez sans doute même pas… On m’a mariée pour obtenir du pouvoir et du prestige. À quinze printemps, je me retrouvais à partager ma couche avec un homme immonde qui me répugnait de par son prestige et son apparence. J’étais… Anéantie. C’était bien le mot! Moi, pauvre créature soumise à la vulnérabilité de son infériorité féminine, j’étais on ne peut plus désenchantée par le sort auquel on venait de me jeter. Femme, épouse, appelez ça comme vous voulez, mais je n’étais plus rien qu’un joli tableau qu’on exhibait pour couvrir de rubans, de flanelles et de compliments. «Que votre femme est jolie» disait l’imbécile de Don qui passait de longues après-midi à flâner chez-nous en me déshabillant du regard. «Ah, votre femme est exemplaire, Leone!» Disait l’autre qui, croyant toucher aux lauriers de son supérieur, ne cessait de chanter les louanges de chaque objet de la pièce –moi y compris.
    Pendant de nombreuses années, je me suis murée dans un silence de mort. J’étais cloîtrée dans cette cage dorée dont je ne pouvais pas sortir. J’étais emprisonnée, une femme-objet dont mon mari disposait à sa guise. J’étais… Complètement renfrognée. Une colère noire naissait en moi, une colère que je ne pouvais décrire. Mes quinze ans moururent sous la lumière blafarde de mes espoirs. Mes seize ans furent une succession d’échecs pour moi de retrouver un semblant de bonheur, tandis que mes dix-sept ans furent enfouis sous les dentelles dont me couvraient mon époux qui ne voyait, à son actif, aucun héritier. Vous imaginez? Moi, en plus d’être atout à ses argenteries, décoration mouvante, je ne pouvais enfanter aucun héritier de cet homme. J’étais inutile. Complètement inutile et sans la moindre qualité de femme! La seule chose à laquelle j’excellais était celle de ne rien faire! Voilà! Mon mari, bien que pacifique, souffrait de cette absence d’enfant en mon sein. Que pouvais-je y faire? Le blâme me tombait littéralement dessus… Mais au fond, étais-je la cause de cette infécondité? J’avais quinze ans lors de notre mariage, en plein printemps… Alors que lui, au seuil de son hiver, ne pouvait être que la victime de mon incapacité à enfanter? Encore une fois, je dus subir la peine d’être femme noble. Doucement, les saisons s’écoulaient, et moi… Moi, je mourrais lentement. Pas au sens propre, bien entendu. Je mourrai dans la mesure où je sentais toute gaieté de vivre me quitter… Jusqu’au jour où celui qui n’aurait jamais dû croiser ma route entra en jeu. Toutes les petites filles rêves d’un Prince charmant, d’un chevalier revenant de croisade retirant, à son poignet, un mouchoir leur appartenant, révélant ainsi leur grande fidélité! Moi, mon prince charmant était une ordure.
    Il était marin anglais. Il avait vu la mer, le temps, les ravages, les pays vierges. Moi, naïve, si innocente, j’avais vu en lui celui qui aurait pu, de ses baisers, de sa tendresse, me faire oublier qui j’étais : femme soumise à la volonté d’un homme que je n’aimais pas. Soit dit en passant, je n’aurais jamais osé faire quoique ce soit. Il était pour moi cette fantaisie que je ne pouvais attendre, un homme pour qui j’avais une affection surpassant l’entendement! Cet amour était-il réciproque? J’aimais le croire lorsqu’il s’invitait sournoisement dans nos jardins, pillard de mes désirs. Il me disait tout ce que j’aurais souhaité entendre d’un époux parfait, dans un autre monde que le mien. Il était tout ce que je voulais, mon seul amour, mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour. Puis, ces visites devinrent de plus en plus fréquentes. Jamais il n’osa agir à l’encontre de mes propres intentions. Il connaissait mon honneur, il voulut le respecter. Je mourrais d’inquiétude… Et puis, me voyant ainsi, faible créature, faite de chair et d’os, je dus me résoudre à avouer mes actes infidèles à mon époux. Je lui avouai tout. Qui il était, ce que j’éprouvais à son égard, mon désir d’être dans ses bras, mon grand dégoût de lui… Et ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Mon mari était un homme puissant… Comme tout Duc peut l’être, d’ailleurs. Dès le lendemain, il trouva mon cœur, cet homme, Thomas More, et d’une cruauté sans vergogne, il acheva ce qui restait de mon âme. Il le laissa à la mer, moi qui crus m’y noyer. Je le suppliai de m’achever à mon tour, le suppliai de me jeter à la mer, d’enterrer mon corps avec le sien… Il me regarda, de ses yeux froids et cruels, me cracha au visage. J’étais alors putain. Sans que je ne sache, sans que je ne le veule, j’étais alors devenu putain pour avoir aimé un homme autre qu’un mari qui ne me voyait même pas. Je restai là, à pleurer. À pleurer toutes les larmes de mon corps, à en perdre le souffle. Je voulais mourir. Je voulais que Dieu m’ordonne de mourir sur-le-champ. Qu’il me saigne, qu’il m’étouffe, qu’il me frappe. Rien. J’étais toujours seule et prise en plein désarroi.
    J’avais pris une décision, cette nuit-là. Mon amour avalé par la mer, j’allais quitter l’Espagne… Quitter pour ne plus jamais revenir. Moi qui pleurais la mort, j’aspirais cette dernière à présent. Je la côtoyais comme une compagne fidèle et intouchable. Elle était moi. Un jour –et ce jour viendra, croyez-moi – j’aurai ma revanche! Je tuerai l’honneur du Duc de Sierra Leone pour n’avoir pas pu assouvir mon humble désir alors que je l’implorais à genoux. En une nuit, il avait tué le seul homme que j’eus jamais aimé et les derniers souffles de vie humaines qui me retenaient sous le soleil brûlant de mon pays. Je devais partir. Sans le dire, sans que personne ne dise quoi que ce soit. … Mon tendre époux mérite de payer pour ses crimes, comme moi je mérite de lui faire payer ce qu’il me doit. Alors, avec la brise de l’aube je m’étais embarquée dans une traversée que je ne regrette pas. Moi qui me croyais de marbre contre le feu de la chair, ce navire dût me prouver le contraire. De duchesse, je passai à prostituée. Je me laissai faire, poupée de faïence qui goûtait chaque caresse avec une flamme brûlante qui envenimait ma rage. Bien, touchez ma peau, Capitaine. Mordez-la, sentez-la. Je sais que vous la désirez. Contre mon corps, offrez-moi l’océan, offrez-moi une dose de liberté jusqu’à je-ne-savais-où! Mon Père, protégez-moi. Pardonnez-moi ma faiblesse. Je me vendais pour un soupçon de vie… Et puis, un jour, la terre que j’avais quittée de l’Est apparut à l’Ouest : Tortuga. C’était ici que s’achevait ma traversée et commençait mon existence. Je n’avais peut-être pas un sou, mais j’avais appris une chose à bord de ce paquebot : si tu veux survivre ici, fais ce que tu fais de mieux. Soit, ce que j’avais appris, dans toute mon existence de statuette décorative, c’était de ne rien faire… Mais les choses ne sont pas aussi simples que ça. En y repensant bien, je me suis dit que la vie à Tortuga, cette île dont je ne connaissais rien à l’époque, n’avait rien de différent à ce navire sur lequel j’avais vogué pendant quelques semaines. Si j’avais réussi à m’en sortir de l’Espagne à l’autre côté de l’océan, je devais bien pouvoir survivre encore sur cette île, non? J’avais un dessein à accomplir, et cette île serait mon refuge pour mettre à exécution mes plans.
    Je devins prostituée. Qui l’eut cru? Pas moi, en tout cas. Mais à vrai dire, ce métier me plait assez : je suis vengeance en l’accomplissant. La chair a cette faiblesse, cette sublimation qui m’a toujours fascinée. Ainsi, avec l’aide des marins avec qui je débarquais à Tortuga, je pus me faire une petite place au sein de cette étrange cité du vice… Cela fait maintenant près de huit ans que j’y habite… Et bientôt, je pressens que l’heure sera venue. Sur chaque oreiller où repose un homme espagnol, je leur récite mon histoire. Nuit, après nuit, après nuit. Apportez de mes nouvelles, apportez mon déshonneur juqu’à l’autre bout du monde… Faites-le souffrir. Tant d’années me séparent de ma revanche, tant d’eau a coulé sous les ponts, mais je m’en fiche. Je n’aspire maintenant qu’à terminer ce pourquoi je suis arrivée ici : je suis la vengeance d’une femme.




    Ton prénom/pseudo : Cath.
    Ton âge : Je peux enfin dire que je n'ai plus vingt ans... Quoique, tout compte fait... Oui, j'ai vingt ans XD.
    Comment as-tu découvert le forum ? Le hasard fait bien les choses!
    Ta première impression : Voltaire, des bateaux... J'suis bien tombée! XD.
    Le code du règlement : GoldyTreasure






Dernière édition par Sanzia de Sierra Leone le Sam 26 Nov - 17:45, édité 3 fois
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Sanzia de Sierra Leone

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MessageSujet: Re: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Mar 15 Nov - 1:38

Ah! Voilà qui est achevé!

Pourtant, je suis ouverte à tout : critiques, commentaires, laissez-vous aller, très chers! Considérant que ce personnage était dans la section des prédéfinis, je présume que vous aviez des attentes particulières pour lui (plutôt elle, dans ce cas-ci ^^)?

Enfin bref, j'espère que ces quelques lignes satisferont vos attentes!

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Louis de Nogaret

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MessageSujet: Re: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Mar 15 Nov - 20:49

Bonsoir Sanzia et bienvenue parmi nous !

Je commencerai en te disant que je suis plutôt content : nous avions déjà eu quelques propositions pour ce personnage, mais aucune n'était jusqu'alors satisfaite (le personnage étant difficile, il est vrai). De ton côté, tu as une écriture très agréable à lire, des idées intéressantes. En revanche, certains éléments sont en désaccord avec l'histoire ou l'esprit du temps. Permets-moi de faire mon "historien" embêtant avant validation donc (en espérant ne pas te décourager !) :

  • Tu mentionnes plusieurs fois une éducation "bourgeoise". Mais il faut se souvenir qu'en 1770, nous sommes encore dans des sociétés d'Ancien Régime, avec royauté au sommet et noblesse très importante. Les bourgeois s'ils sont parfois riches, ne sont pas du tout intégrés à la vie du royaume (en France, ils ont fait la révolution pour ça, justement :p) ... Donc en disant cela, tu as une vision très actuelle sur la bourgeoisie. Dans les faits, Sanzia appartient à la très grande noblesse espagnole. Il faut donc corriger ces mentions.

  • Le petit détail : elle ne doit sans doute pas avoir appris la couture, car c'est une activité bonne pour les roturiers, selon l'imaginaire des élites. :p

  • Le petit détail numéro deux : tu parles d'érotisme à un moment, je pense que le concept est un peu moderne pour l'époque. ;)

  • En tant que demoiselle de haut rang, il est normal que Sanzia ait été mariée sans son consentement à un homme qu'elle n'aimait pas. Ces filles-là sont éduquées toute leur enfance dans l'idée qu'elles épouseront quelqu'un qu'on leur aura choisi (qu'on leur a déjà choisi, parfois). Je ne pense donc pas que Sanzia puisse protester ou même être choquée à l'idée d'être "vendue" (ces familles-là s'intéressent par ailleurs bien plus au rang qu'à l'argent), de devoir quitter ses jeux pour devenir une épouse. Dans un contexte XVIIIe siècle, cette révolte n'a en fait aucun sens. En revanche, elle peut tout à fait ne pas supporter son mari, ça, ça arrive souvent ! xD

  • La notion de vengeance est, tu l'as compris, au centre de ce personnage. Cependant, tu l'as déplacée vers quelque chose de plus actif, ce qui ne correspond pas trop aux réalités de l'époque. Peut-être l'avais-tu mal compris (peut-être aussi l'ai-je mal exprimé), mais c'est devenir une prostituée qui constitue la vengeance de Sanzia. Humiliée par son mari, elle décide de s'avilir pour salir son nom : son but est qu'il apprenne que le nom réputé de Sierra Leone est traîné dans la boue et qu'il en souffre, l'époque étant encore très portée sur l'honneur. Il n'a donc pas été question d'un retour prévu en terre d'Espagne pour tuer un homme - par ailleurs, c'est assez peu réaliste, au vu des comportements et des mentalités des femmes de l'époque.

  • Sanzia est une femme fière et hautaine. Je ne pense pas qu'elle prenne plaisir au métier de prostituée. Plus généralement, nous relevons systématiquement les personnages qui "prennent plaisir" à ce qui est un métier dur, violent, douloureux et dangereux. Les hommes d'aujourd'hui traitent-ils bien les prostituées ? Sans doute pas. Alors imagine à présent ce qu'il en est dans une époque où l'on ne prend pas garde à la femme, où elle est considérée comme inférieure, où le plaisir féminin est banni comme dangereux ... Je suis un peu cru, mais je pense que cet éclaircissement est nécessaire pour bien penser ce personnage, qui est un personnage violent. Alors Sanzia peut éprouver une forme de délectation sadique en pensant à son avilissement, à sa vengeance en cours ... Mais je ne pense pas qu'elle puisse prendre goût à ses agissements autrement que par là ... éè

  • Enfin, je voudrais te demander non pas du supprimer mais de nuancer cet aspect "femme forte" qui transparaît tout au long de ta fiche. Nous sommes d'accord que ce personnage aura du caractère, mais il ne faut pas oublier la place des femmes dans la société de cette époque, leur éducation (spécialement Sanzia à qui on a appris la fierté, la religion et la soumission). Je ne te demande évidemment pas de tout changer, mais j'ai le sentiment qu'il est important de garder cela à l'esprit pour faire réagir le personnage à propos, et ne pas le présenter comme toutes ces femmes révoltées contre leur condition qu'on voit dans des films historiques (à des époques où la condition de la femme n'était pas du tout remise en question). Prends-le donc comme une précaution.

Voilà pour les remarques. Il est vrai que plus le temps passe, plus je prends conscience que ce personnage (adapté d'une nouvelle de Barbey d'Aurevilly) est particulièrement difficile, surtout dans la tension entre sa déchéance et sa fierté sublime. Cependant, j'ai beaucoup aimé te lire et j'ai trouvé que tu avais su lui donner vie. Si tu ne te décourages pas et que tu acceptes de corriger ces éléments (que je ne peux malheureusement pas laisser passer, vu que nous cherchons un minimum de vraisemblance historique), je me ferais un plaisir de te valider.

Bon courage dans tous les cas, et merci de m'avoir lu jusqu'au bout !

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MessageSujet: Re: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Mer 16 Nov - 1:31

Merci, merci!!!

Je comprends l'intégralité des points à l'exception d'un seul : celui de la vengeance. ^^. En fait, je conçois très bien l'idée, ce que je me demande, c'est veut=elle vraiment se venger de la sorte? La communication n'étant pas telle que nous la connaissons aujourd'hui, Sanzia aurait beau salir le nom de Sierra Leone des centaines de fois que son mari ne pourrait pas ouïr la moindre de ses nouvelles; un océan est entre eux - sans mauvais jeu de mots! :P.
Enfin bref, si c'est ce que vous désirez vraiment, pour la teneur du personnage, je veux bien m'y résoudre ^^.

Pour ce qui est des autres recommandations que vous m'avez faites, je les réécrirai! ^^ Cependant, suis assez occupée pour les prochaines semaines! Vous me pardonnerez le temps que j'y mettrai, mais j'effectueurai les correctifs demandés!... Quoique, avec un peu de chance, je pourrais conclure le tout ce week-end... Croisons les doigts! ^^.

D'ici-là, bonne soirée et/ou journée! ^^

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Louis de Nogaret

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MessageSujet: Re: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Mer 16 Nov - 9:57


Il est vrai pour les moyens de communication, c'est pour cela que j'avais écrit "Sanzia Ivana Felicia, duchesse, est à présent prostituée à Tortuga. Elle privilégie les natifs de son pays pour pouvoir bien leur répéter, dans sa langue natale, qui elle est. " Après tout, le bouche à oreille, les rumeurs, etc., ça existe déjà : ces espagnols, qui font des allers-retours entre les îles et le pays répèteront son discours ... C'est une démarche assez désespérée au fond, et il est vrai qu'elle risque de ne pas aboutir, mais comme c'est l'essence même du personnage à la base ... Peut-être a-t-elle le dessein aussi d'écrire des lettres à sa mort, afin de raconter tout ce qui s'est passé, et de les envoyer, pas seulement à son mari, mais à d'autres grands d'Espagne ? Ou tenter de faire passer dans des dernières volontés que l'on aille informer son mari au pays de qui elle était ? Ce genre de choses met beaucoup de temps, mais les lettres et les messages arrivent, mine de rien.

Bon courage pour tes modifications, en tout cas, et à bientôt j'espère :D !

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MessageSujet: Re: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Sam 26 Nov - 17:36

Bonjour à tous et à toutes!

Désolée sincèrement pour le temps que j'y ai mis, mais bon, voilà, les correctifs y sont ajoutés!

Cependant, j'ai gardé la trame de l'histoire, si ça ne vous dérange pas trop, tout en changeant tous les détails que vous m'aviez mentionnés... Enfin, je crois!

D'ici-là, j'attends de vos nouvelles ;).
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MessageSujet: Re: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Sam 26 Nov - 23:36

Pas de souci, Sanzia, c'est tout de même ton histoire à la base, et tant que les détails posant problème d'un point de vue historique ont été revus, je n'ai rien à redire ! Je suis bien content de te revoir dans les parages et te valide séant !
Le forum tourne un peu au ralenti en ce moment, mais sache que nous préparons des mises à jour importantes dans les souterrains, et que la machine va bientôt s'ébranler ! En attendant, je t'invite à chercher un jeu (il me semble que la demande de RP de La Reine n'a pas encore trouvé preneur), créer ton fichier de personnage, etc. Amuse-toi bien parmi nous !

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MessageSujet: Re: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Dim 27 Nov - 14:10

Oh, merci, merci, merci!!!!!
Heureuse d'être parmi vous!!!! :D
J'accours illico faire une demande de RP et, par le fait même... Me créer un petit carnet de bord! :D
À très bientôt! :D
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Louis de Nogaret

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MessageSujet: Re: Sanzia de Sierra Leone [Fiche complétée]   Dim 27 Nov - 15:05

Au plaisir de te croiser en jeu ! :)

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«Vous me demandez en somme qui je préfère, des moralistes ou des criminels.
Vous savez bien que je déteste les moralistes
.
»

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