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 Gabriel(le), incertitude et douceur.

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Gabriel Du Mons

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MessageSujet: Gabriel(le), incertitude et douceur.   Dim 15 Mai - 14:44

Gabriel(le) Du Mons, Français(e), 17 ans, cuisinière à bord du Prince des Tempêtes.


Ça y est, ça y est, il est libre, veut-il s'illusionner. Mais il sait bien ô combien c'est faux. Il est loin d'être libre, pour le moment, et si tout va comme ses parents le veulent, il ne le sera jamais. Logique. Mais le vent dans ses cheveux, l'air marin, le tangage du navire, le roulement sourd des vagues, les clapotis de l'eau, le soleil et le ciel bleu, tout cela lui donne l'impression qu'il est bel et bien libre, libre de cette vie étriquée et injuste. Laissons-le y croire, il peut en avoir besoin. Peut-être n'a-t-il pas tort, on n'en sait rien. On verra bien.
Gabriel s'éloigne du bastingage : le vent lui donne un peu froid, il pense aller à sa couche, prendre un châle. Il saisit sa robe à deux mains, avec élégance – il est quand même une fille de l'aristocratie – et se dirige vers la porte. Le bateau tangue à ce moment. Gabriel trébuche. Quelles chances y avait-il qu'un matelot ait brisé une bouteille à cet endroit là peu de temps avant ? Peu. Mais Gabriel n'est pas connu pour sa chance. Il trébuche donc, et tombe sur les tessons. Enfin, surtout au niveau de la cuisse. Il crie de douleur, se redresse, s'assoit, s'éloigne un peu des morceaux de verre. Ils se sont plantés dans sa cuisse gauche, à travers sa robe et les jupons. Lentement, une tache rouge apparaît sur le tissu clair. L'adolescent commence à pleurer silencieusement de douleur. Et puis parce que sa robe est foutue. Ça c'est vraiment triste.
Un matelot qui l'a entendu crier arrive. Il a l'air affolé, s'excuse mille fois – il est le coupable, il est celui qui a cassé la bouteille – et puis il attrape Gabriel, sous les bras et sous les genoux et hésite. L'apporter – oui, il la porte – chez le Capitaine serait une mauvaise idée. Il se ferait réprimander, c'est de sa faute. Mais s'il l'apporte directement au médecin, le Capitaine sera quand même mis au courant. Entretemps, Gabrielle, qui ne supporte pas la vue du sang, s'est évanouie. Le matelot est très embêté. Lui, il est chanceux : ne voilà-t-il pas qu'un jeune homme décide de prendre l'air. Il les voit, s'approche, voit la blessure, propose au marin son aide, qui l'accepte avec soulagement. Oui parce que le brun séduisant qui s'est approché a fait des études de médecine. Quel chanceux, ce marin !
Ils vont aux quartiers de repos, et font un paravent de fortune. La marin plante ensuite là Gabrielle évanouie et Thomas, le médecin, qui ouvre sa sacoche. Il tente de réveiller Gabrielle qui comate, sans succès. Plantant là le problème de l'inconscience, il remonte les jupes de sa patiente, avec un peu de mal, à cause des cerceaux, heureusement pas trop imposants, comme cela peut être porté. Et réalise que sa patiente est un patient. Ce qui l'étonne, vous n'en doutez pas. Mais en bon médecin, il ne s'occupe d'abord que d'extraire les morceaux de verre et de bander la cuisse. Le tissu s'imbibe un peu de sang, mais les blessures ne sont que superficielles : les trois couches de jupons ont réussi à empêcher que les morceaux de verre ne pénètrent trop.
C'est à ce moment que Gabriel ouvre les yeux. En quelques instants, il saisit la situation – en prenant bien garde à ne pas regarder sa cuisse blessée, qui le lance terriblement. Il rougit un peu et rabat ses jupons : un peu de décence, quand même. Il se sent un peu obligé d'expliquer, vu que Thomas l'a soigné. Il se redresse, s'assoit un peu plus confortablement, en prenant bien garde à ne pas s'appuyer sur sa cuisse blessée, se présente : « Je m'appelle Gabriel Du Mons. »
Le médecin considère à présent l'adolescent – il était auparavant plus occupé à panser la plaie, mais maintenant, il comprend comment il a pu se méprendre sur le sexe du patient (oui, certes, la robe aidait). Un visage d'ange, ou presque. Il porte bien son nom, le bougre. Ou la bougresse. Peu importe. Un visage fin, des yeux en amande, couleur noisette, presque or selon les reflets de la lumière, frangés de longs cils blonds. Le regard est tendre, presque soumis, les sourcils fins ne semblent pas pouvoir se froncer. Les traits du visage sont doux : le nez est mutin, petit, fin, la bouche semble esquisser perpétuellement une petite moue boudeuse. Les lèvres ne sont pas charnues, mais pas fines non plus, elles sont un peu rosées, comme des lèvres de fille. Pas étonnant qu'il fasse si bien illusion. Ce visage androgyne au possible est encadré par une longue chevelure blonde, lisse. Une frange couvre le front blanc de l'adolescent. Oui, il a la peau claire d'une jeune aristocrate qui ne ferait que broder de ses journées, en haut de sa tour. Son cou fin, ses clavicules qui ressortent un peu, la fragilité apparente de l'adolescent, son corps frêle, le rembourrage, tout cela explique qu'il passe si bien pour une fille. D'autant plus qu'il n'est pas bien grand. Et mince. Le voilà qui commence à parler. C'est étonnant, il a des dents presque blanches et bien alignées. Et en parlant, il se tripote les ongles. C'est mignon, c'est féminin comme geste. Il semble d'ailleurs prendre soin de ses ongles : ils sont propres, soigneusement coupés. C'en est presque drôle. C'est surtout un peu ridicule. C'est affecté, pour le coup. Même sa voix, même sa voix est féminine, claire, une voix de femme peut-être un petit peu grave, et encore, le son en est si doux ; il a pourtant l'âge d'avoir mué. Ce sont les hasards biologiques. En un mot, l'adolescent est douceur, douceur des traits, de la voix, de l'attitude, même son odeur est doucement suave. Oui, en réalité, ce serait s'il s'habillait selon son sexe qu'on le prendrait pour une travestie. Peut-être que ça lui plaît. Il s'agit donc de l'écouter pour savoir le fin mot de l'histoire. Parce que la curiosité a été attisée. Forcément.

Yeah I feel I'm watered down
Whenever he's around
I put on the crown of clowns
And melt slowly to the ground

« Je m'appelle Gabriel Du Mons, j'ai 17 ans depuis peu, et je ne suis pas une femme. » Il a le bon ton de paraître gêné : il rosit un peu. C'est mignon. « Je suis né dans le nord de la France, au milieu de nulle part, dans une de ces familles aristocratiques de province. Je vous laisse imaginer. » Il parle pourtant bien anglais. « J'ai un frère jumeau, je suis l'aîné. Très vite, nous avons commencé à être différents : j'étais calme, blond, angélique, féminin ; il était turbulent, brun, solide, casse-cou. Vous imaginez bien que mes parents ont commencé à se demander s'ils pouvaient décemment donner la succession à un efféminé comme moi alors que mon petit frère était si doué, si brave, si masculin. Il fallait que je disparaisse, car me déshériter aurait été très mal vu par les autres aristocrates étriqués de province. Mais me tuer aurait été trop cruel. Ils ont donc décidé de faire de moi une fille. Cela paraissait parfaitement normal à tous, même mon prénom portait admirablement à confusion. « Je croyais pourtant que c'était un garçon » disaient certains, puis, me voyant, si mignonne, se ravisaient. Oui, je ne pouvais être qu'une fille, une charmante petite fille, certes, la fille aînée, mais de toute façon, les filles ne succèdent pas à leurs parents : elles se marient et vont rejoindre une autre famille aristocrate étriquée de province. J'ai cependant réussi à convaincre mes parents de me laisser étudier avec mon frère : j'ai appris l'anglais, le latin, le grec et la littérature avec ses précepteurs, en suivant les cours avec lui. Mais comme je passais pour fille, ils ne pouvaient décemment pas me laisser m'instruire en philosophie ou en sciences, à mon grand dam. Je me suis donc attaché à lire ce que je pouvais trouver. Ce n'était pas beaucoup, mais c'était mieux que rien. Bien vite cependant, pendant que mon frère s'entraînait à chevaucher, à se battre, à se la jouer grand seigneur, l'ennui s'est emparé de moi. La cuisine est devenue mon lieu de prédilection : la cuisinière était gentille avec moi. Elle m'a appris à cuisiner en secret – ce n'est pas digne de mon rang. Mais souvent, ma famille a mangé des plats que j'ai préparés, en pensant que c'était l’œuvre de la cuisinière. C'était notre secret, à toutes les deux. Mais venait lentement l'âge du mariage. Évidemment, ça ne pouvait être le cas pour moi : la supercherie aurait été découverte à la nuit de noces. Et alors la honte se serait abattue sur la famille. Mes parents avaient donc décidé de m'envoyer en couvent. Mais le plus loin possible, parce que même en couvent la supercherie pouvait être découverte. Il fallait m'envoyer le plus loin possible. Peu leur importait la certitude de ma mise à mort si la supercherie était découverte dans le couvent. Quelque part, ça m'est égal. Le jour de mes 17 ans, ils ont décidé qu'il était temps : j'ai déjà eu quelques demandes en mariage, ils ne pouvaient plus décemment refuser. Ils ont donc prétendu que je voulais aller me donner à Dieu et aller prêcher la bonne parole au Nouveau Monde, où que ce soit. Ils m'ont mis sur ce navire, m'ont dit au revoir, ma mère a versé quelques larmes probablement feintes, et vogue la galère ! Vous savez tout. » affirme enfin l'adolescent.

I was finding it hard to breath and
Finding it hard to fight the feeling
That my heart just burst like a glass balloon
And that it flew too high and shattered too soon

Quel menteur ! Mais il ne pourrait décemment narrer ce qu'il a dissimulé. Oui, son mensonge n'est que par omission. Et bien compréhensible. Comment pourrait-il en effet révéler que ce petit frère qui lui a pris sa place, qui ignore lui-même le sexe de sa « sœur », a longtemps été l'objet de toutes ses pensées ? Il en a si honte, lui-même, d'avoir été amoureux de son frère, d'avoir été amoureux d'un autre homme. Il a appris à réprimer ses pensées, à regarder d'autres gens. Il a essayé de tomber amoureux de la cuisinière, mais il a fini par réaliser qu'en temps que fille, il préfère les hommes. Ça non plus il ne peut pas vraiment le dire. Ça le frustre un peu, mais il est bien obligé de se taire, le pauvre enfant. La répression de ses propres sentiments est un de ses forts, même s'il a mis longtemps à développer cette qualité. C'est un adolescent contradictoire : comme il ne peut faire confiance à personne, il n'hésite pas à raconter cette partie superficielle de sa vie, qui paraît être très profonde, vu le travestissement. Mais en réalité non. Pas que Gabriel soit menteur. Il est juste méfiant. Ça ne se voit pas. Il est gentil, sympathique, souriant, prêt à rendre service. Une crème. Dommage qu'il soit maladroit comme pas deux – sauf quand il est dans une cuisine – et qu'il ne se révèle pas réellement. Ça laisse souvent une gêne quand on lui parle : il ne dit pas tout et ça se sent peut-être un peu. Doux comme un agneau, il fuit les conflits, se dit d'accord avec tout le monde (que ce soit vrai ou non) et se révèle étonnamment obéissant. Sa colère ne se voit pas, bien qu'il se mette souvent en colère. Parce que sa colère est surtout frustration et elle se présente sous forme de crises de larmes dignes d'une héroïne de roman, et il ne laisse libre cours à ces colères larmoyantes que dans le secret de son lit, trempant abondamment son oreiller. Pas étonnant qu'on dise de lui, enfin, d'elle, qu'elle ne se met jamais en colère. Cela dit, il sait dire non, d'une manière si diplomate et douce qu'on n'a même pas l'impression d'avoir essuyé un refus.

They say you used to be so kind
I never knew you had such a dirty mind

Un jour, il l'a surpris, son petit frère chéri, son Lucien adoré en train de s'ébattre avec une femme de chambre. Il s'est senti tellement jaloux, tellement jaloux, jaloux, jaloux. Et choqué. Parce que son Lucien c'était aussi son ange gardien, son frère, son protecteur, son meilleur ami et son idéal. Il n'a pu réprimer un cri de surprise, il s'est couvert la bouche, il est parti en courant, sentant les larmes dégouliner le long de ses joues, il s'est enfermé dans sa chambre et il a pleuré. Le dégoût a finalement pris le dessus, sans qu'il ne puisse l'expliquer. Et une décision.

Yeah I feel it coming on
When I've been static for too long
And an explosion comes in time
Before I go and cross the line
Oh yeah, I go and cross the line

Le jour de leurs 17 ans a été décidé le départ de Gabrielle et les fiançailles de Luc avec une fille de bonne famille. Ce jour-là, ce soir-là, Gabrielle se glisse dans la chambre de son frère et lui révèle la supercherie. C'est tout. Puis, l'âme en paix, il va se coucher, prêt à son exil.

Mais tout ça, il ne peut pas le raconter, donc il se tait, il se tait et il sourit. Il sourit à Tom, l'air peut-être un peu perplexe. C'est à ce moment que tout le navire tremble. Ils n'ont pas entendu l'agitation naissante qui avait grandi au sein du navire, un peu perdus dans leur monde. Ils n'ont pas entendu le cri de la vigie, ils ne savent pas que c'est le Prince des Tempêtes qui vient de tirer sur leur navire. Gabriel peut difficilement bouger. Sans qu'ils ne comprennent grand-chose, ils sont mi-trainés mi-portés sur le pont, où gisent des morts, dans un tohu-bohu sans nom, par des inconnus. Les passagers, les matelots survivants et blessés, les gradés sont tous alignés sur le pont. La Capitaine des pirates semble fulminer. Que se passe-t-il ? Un de ses hommes est blessé, elle n'a pas de médecin, et celui du navire assailli a été tué. Saisissant sa chance, Tom se propose, et, attentionné ou généreux, demande à ce qu'on épargne aussi sa petite sœur, Gabrielle. Qui lui sera désormais éternellement reconnaissante. Il soigne le blessé, et Gabriel, qui n'aime pas se sentir inutile, se propose pour la cuisine. C'est ainsi que les deux jeunes gens abandonnent leur vie rangée. Pour ce qui est de Gabriel, c'est avec le plus grand plaisir, le plus grand bonheur. Enfin libre ! En effet, il est enfin libre, libre comme l'air, il pourra faire ce qu'il veut. Ah, au fait, non, il ne se vêtira pas selon son sexe : ne dit-on pas « old habits die hard » ?

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    Ta première impression : Que de souvenirs du fow sur les pirates que j'avais créé jadis x) Et j'aime bien le design *0*
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MessageSujet: Re: Gabriel(le), incertitude et douceur.   Dim 15 Mai - 15:59

Bienvenue, Gabriel ! J'ai lu ta fiche avec grand plaisir, car le style est agréable, et tout et tout ♥ En plus l'histoire extravagante des parents est assez amusante, et ton personnage a l'air vraiment intéressant. Bref, j'aime beaucoup, et je n'ai pas relevé de faute historique. Donc tout cela n'annonce comme une validation rapide, une petite question me chiffonne cependant : Officiellement, es-tu Gabrielle ou Gabriel, sur le Prince ?
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MessageSujet: Re: Gabriel(le), incertitude et douceur.   Dim 15 Mai - 16:12

Oui, c'est aussi mon doute. L'indécision ne me mènera pas loin, hélas. Donc, il est officiellement Gabrielle, mais en réalité son sexe n'est pas un secret, il s'en fiche un peu...
Merci en tous cas <3
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MessageSujet: Re: Gabriel(le), incertitude et douceur.   Dim 15 Mai - 16:25

D'accord, j'en prends bonne note. Peut être pourras-tu le spécifier dans ton champ de profil "baratin de haute importance" ? Je te valide donc de ce pas ! ♥
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MessageSujet: Re: Gabriel(le), incertitude et douceur.   Dim 15 Mai - 16:54

Je mets ça tout de suite, merci !
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MessageSujet: Re: Gabriel(le), incertitude et douceur.   Aujourd'hui à 10:32

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Gabriel(le), incertitude et douceur.

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