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 Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]

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Scarlett C. Lewis

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MessageSujet: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Sam 23 Avr - 12:38

... Scarlett serait peut être une artiste.
    Scarlett avait horreur de ces moments-là. Vous savez, ces moments où la nausée et le mal-être s'emparent de vous sans que vous ne compreniez pourquoi, et s'accrochent comme des parasites. Le puces et la gale suffisaient d'ordinaire au quotidien des pirates, qui laissaient au quai leurs troubles et pleurs. Du moins, c'est ce qu'ils faisaient d'habitude. Mais Scarlett, aujourd’hui, désobéissait à ce principe qu'elle avait instinctivement fixé à tout le monde comme conduite à tenir sous peine de corvées supplémentaires. Maussade, accoudée au bastingage, elle fixait la mer d'un air sévère. Depuis la nuit dernière qu'elle avait passée à se terrer sous la couverture comme une enfant hantée par ses fantômes, elle cherchait quelque chose. Il lui manquait une voix, un sourire. Ses mains hâlées s'accrochaient au bois comme un naufragé le ferait avec son radeau. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle sentait qu'il lui manquait quelque chose d'autre que la reconnaissance éternelle d'autrui, et cela la rendait aussi sensible qu'irritable. Soudain dégoûtée, elle jeta par-dessus bord la pomme qu'elle avait tenté de manger. Elle avait horreur des pommes, ça lui revenait, maintenant. Tout ce dont elle avait besoin, c'était d'un peu de rhum et d'oubli. mais que faisaient-ils en mer ? Les bras d'un inconnu et l'odeur de l'alcool de Tortuga lui manquaient cruellement. Si seulement elle avait un objectif... Mais ils avaient perdu depuis peu la trace d'un navire Anglais qu'on ne rattraperai plus. Son soupir morne se mêla au son de la mer trop calme.

    Il fallait qu'elle fasse quelque chose. quitte à ce que ce soit stupide et dérisoire. Quelque chose qui ne lui donne pas envie de hurler sur tout le monde et de trancher des têtes. Un abordage aurait été parfait mais en attendant... Elle décida de descendre à la cuisine. En ce milieu de matinée, elle n'y trouverai sans doute pas grand monde et dénicherai peut être un peu de rhum sans avoir à chercher au fond de la cale sa réserve personnelle, cachée et verrouillée. Le contact humain l'attirait plus que l'humidité des réserves du Prince, sans qu'elle l'admette. La jeune femme se traîna donc en direction de la cuisine, laissant aux matelots sur le pont le soin de surveiller l'horizon désespérément plat.

    Dans la cuisine régnait un quasi-silence qui rassura Scarlett. Pas de chocs de casseroles, le Cuisinier devait être occupé ailleurs. Elle entra dans le lieu pour une fois pas surchauffé par la cuisson étouffante de mets pas toujours appétissants. A la table de bois grossièrement taillé étaient assis quelques pirates à qui elle lança un salut nonchalant. Une brève inspection du plan de travail du cuisinier lui indiqua qu'aucun alcool ne serait utilisé pour parfumer un plat au prochain repas. Tant pis, se dit-elle après un soupir. Elle dénicha quelques biscuits de mer et une chope qu'elle rempli d'eau douce avant de poser le tout sur la table de manière brutale. Elle se laissa tomber sur un banc en face de celui des autres pirates et leva enfin les yeux vers eux, tentant une mimique qui se voulait aimable. Ne trouvant rien à dire, elle but une rasade d'eau et les laissa parler.
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Evan Lenoir

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Sam 23 Avr - 13:12

Peut-être n'ais-je pas tout à fait été honnête depuis de ldébut de cette histoire. Pas du tout même. Je vous disais que ce que j'aimais par dessus tout dans cette vie de pirate qui était la mienne c'était la liberté. Douce métaphore, en vérité, de ce qui me tenait réellement à coeur, de ce qui me faisait vibrer plus tout autre chose en ce tumultueux univers d'abordages et de ripailles... L'océan. Juché sur la vergue de misaine dont je m'employais à affaler la toile, je comtemplais calme et serein cette immensité qui l'était tout autant que moi. La mer était si belle, quand elle se parait ainsi de soleil en ses douces ondulations. Le vent était bon, le navire impeccable et les hommes tenaient la santé. J'avais retrouvé les puces avec philosophie, me disant qu'après tout, un marin propre n'en était pas un. Je prenais soin de ma tenue et de ma peau en faisant régulièrement un petit plongeon dans l'océan, le pied attaché à un amarre, mais je ne pouvais empêcher les bestioles de préférer ma chevelure à la voilure - tant mieux pour la voilure, non?

En somme, tout allait pour le mieux ce jour-là. Je me permettais quelques minutes de contemplation rêveuse sur les flots... Ce relâchement-la m'était permis, du moment que le travail était fait - et il l'était toujours. Clignant des yeux, je m'arrachai finalement à l'azur de l'horizon pour revenir aux écoutes. Le dernier noeud de batelier fixé en bout de vergue, je me laissai tomber jusqu'au pont en me glissant le long d'un haubant, et le bosco m'ayant fait signe que mon quart était achevé, je pris le chemin de la cuisine. Travailler là-haut donnait chaud! Une chope d'eau douce serait la bienvenue après ce soleil de plomb. Il fallait reconnaitre qu'à Paris, les températures n'étaient pas toujours si estivales...

La fraicheur de la canbuse me fit un bien fou, comme si je plongeais dans un bain d'eau froide. Quel soulagement! Je dégoulinais de sueur, mais cela ne pouvait déranger les hommes autour de moi. Nous étions tous logés à même enseigne, alors que l'on sente un peu plus ou pas... Soudainement, je me ravisai et m'essuyai avec ma chemise nouée autour de mon torse dénudé. La capitaine était présente, et visiblement pas de bonne humeur. La moindre des choses était d'être présentable dans cette situation, histoire de ne pas l'assombrir encore... Je la saluai d'un hochement de tête et après m'être servi une chope d'eau, je m'assis à côté d'elle - l'autre banc était surpeuplé. Et silencieux. Pas un pirate pour sortir un mot, pas une parole pour débloquer l'atmosphère tendue de cette cuisine. J'en eu vite assez. Contrairement à beaucoup de mes coéquipier, je n'aimais pas laisser aller les choses quand elles ne me plaisaient pas, et j'avais beau être un timide devant les femmes et tenir à la hiérarchie, je n'aimais pas voir Lewis de mauvaise humeur. Elle était tellement plus belle quand elle souriait - même si cela, je ne me le serais jamais avoué.

"Quel soleil pourrait venir illuminer votre journée capitaine? Ce n'est pas l'habitude de vous entendre si silencieuse!"
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Charlie Withmore

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Sam 23 Avr - 14:59

Charles Edward Joanathan Withmore avait toujours aimé les coins. Si grand fut sa soif d’aventures, de découvertes et de grands espaces, quand il n’était pas à leur poursuite il n’aimait rien tant que sentir les cloisons du Prince des Tempêtes l’entourer à demi comme les bras d’une compagne aimante (1). Peut-être était-ce là l’une des réminiscence de son enfance lorsque, au cœur de l’ancestral domaine familial, il aimait se cacher dans les innombrables coins dont regorgeait la vieille pierre. Il avait pu y passer de longues de heures lors de joyeuses parties de cache avec ses jeunes frères et sœurs, son imagination lui permettant si bien de passer le temps que, perdu dans sa rêverie, il oubliait de sortir de sa cachette et restait là tandis que ses complices l’avaient depuis longtemps oublié. Oui, pour Charlie, avoir le dos au mur était le bon sens même : cela forçait à regarder de l’avant.

Voilà pourquoi le second ne se trouvait pas attablé dans la cambuse comme les autres membres d’équipage de repos, mais assis sur un tabouret dans un recoin sombre de la pièce. Le dos collé contre le bois du navire –une position d’inconfort à laquelle il s’était habitué et qui lui manquait souvent une fois à terre- il avait étendu ses langues jambes devant lui, les bottes posées sur le dessus d’un tonnelet fermé. C’était là son petit coin favori au sein de la cambuse, notamment parce qu’en plein jour, il y faisait certes assez sombre pour se sentir retiré du monde mais pas assez pour être empêché de lire, et parce que de cet endroit là il pouvait apercevoir tout matelot descendant dans la pièce avant qu’il ne se rende compte de sa présence. C’était là un avantage des plus utiles lorsqu’on était second, et Charlie disposait de nombreux recoins de ce genre sur le pont et dans les entrailles du navire. Mais la surveillance de l’équipage n’était pas une tâche pressante en ce moment précis, d’autant que le calme plat régnait à bord. Ce qui n’était pas forcément une bonne chose sur un navire pirate, où les esprits des hommes et des femmes s’échauffaient vite à force de ne rien avoir à faire d’autre que leurs sempiternelles tâches routinières. La discipline n’en était pas encore à être un problème, mais Charlie restait prêt à en discerner le moindre relâchement. D’autant que le Prince s’était fait semé par un navire anglais récemment, et que ce genre de déconvenue avait de quoi porter un coup au moral du plus bonhomme des loups de mer. Pour sa part, philosophe, Charlie avait décidé de mettre ce temps à profit pour avancer dans ses lectures. C’était ainsi qu’il abordait la vie : une déconvenue n’était souvent pour lui qu’une occasion de faire autre chose.

Il tournait une page de l’ouvrage à la couverture patinée qu’il tenait entre ses doigts épais quand un pas qu’il aurait reconnu entre mille lui fit dresser les oreilles. Levant les yeux par-dessus ses lorgnons, il vit le capitaine Lewis émerger dans la cambuse et se diriger d’un pas rapide vers le plan de travail. Elle faisait de son mieux pour paraître aussi digne et assurée qu’à l’accoutumée, mais Charlie avait appris à la cerner assez pour voir qu’elle n’était pas de la meilleure des humeurs. Comme en proie à de l’incertitude, sans doute née de trop d’inaction. Et d’après Charlie, s’il y avait bien une chose –en plus d’une dizaine d’autres qui lui venaient à l’esprit mais là n’était pas la question- qui pouvait mettre en rogne son capitaine, c’était l’inaction. Elle s’était hissée aux sommets de la piraterie pour l’aventure et la gloire, parce qu’elle avait cela dans le sang, et non pour faire des ronds dans l’eau à bord de son précieux Prince. A la sentir ainsi désoeuvrée, Charlie se mit à espérer que quelque chose se produise rapidement afin que l’esprit de Scarlet n’ait plus à ruminer les mêmes pensées. Fidèle à son devoir de second et désireux de tempérer l’humeur de son capitaine, il s’apprêtait à la rejoindre un peu après qu’elle se fut installée mais fut devancé par le dernier arrivé à bord, le borgne Evan Lenoir.

Se retenant alors de se lever, Charlie décida d’observé, curieux de voir comment l’ombrageuse Scarlett allait répondre au bavardage de Lenoir. Elle n’était pas connue pour accueillir joyeusement de tels incursions dans son espace lorsqu’elle avait les idées noires, mais elle avait personnellement engagé le jeune homme et Withmore était curieux de les voir interagir. Pour sa part, depuis l’arrivée en fanfare du bougre sur le Prince des Tempêtes, Charlie n’avait jamais rien eu à redire sur son compte. Le matelot s’était montré apte à la tâche, jamais le dernier à retrousser ses manches et discipliné comme peu d’hommes savaient encore l’être. Il s’était qui plus est révélé être un camarade d’agréable compagnie, et Charlie s’était souvent surpris à souhaiter avoir plus d’hommes d’équipage de sa trempe. D’autant qu’il y avait quelque chose de plus que ce que l’œil pouvait voir chez le jeune homme ; une soif de liberté et une ambition qui lui permettraient sans doute d’accomplir de grandes choses un jour. Oui, en y réfléchissant un peu plus, Charlie voyait là des parallèles se dessiner entre Lenoir et Lewis. A ce qu’on disait, les âmes forgées du même métal finissaient souvent par s’attirer. Peut-être était-ce là ce qui assurait au Prince des Tempêtes une certaine homogénéité, pour une bande de flibustiers…

Fermant son livre, Charlie sortit sa pipe qu’il bourra tranquillement de tabac avant de l’allumer du premier coup, brève étincelle dans son petit coin sombre. Il en tira une longue bouffée puis, désireux de dégourdir ses jambes et parce qu’il avait soif, il quitta son tabouret, saisit une petite choppe qu’il alla remplir d’eau douce et vint s’asseoir à la table avec les autres, saluant l’assemblée d’un signe de tête.

« C’est vrai qu’on ne vous a même pas encore entendu accabler un matelot de remontrances parce qu’il avait laissé dépassé une écharde de la cloison, aujourd’hui ! » lança-t-il sur les traces d’Evan, un sourire aux lèvres. « Et qu’est-ce qu’on va devenir, si le Prince finit par se traîner la réputation d’être si mal traité qu’il en vient à laisser de telles échardes là où on peut les voir ? C’est-y pas une terrible chose à imaginer pour un capitaine ? Houlala. »

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(1) Même si, question compagnes aimantes, Chip les préférait tout de même moins rugueuse.
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Billie Joe Carter

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Sam 23 Avr - 22:35




Elle venait de finir ses corvées journalières quand Billie entra dans la cambuse, en claquant la porte plus fort qu'elle ne l'aurait voulu. C'était plus fort qu'elle, à vrai dire. Son surplus d'énergie lui sortait presque des oreilles, et n'importe quel mouvement pourtant anodin devenait une démonstration de violence et de brutalité. C'est vrai qu'elle n'avait jamais été féminine, la Carter, mais il y avait tout de même des limites, et elle savait - en temps normal, tout du moins - se maîtriser. Mais là, c'en était trop.

Pour elle, être un pirate avait toujours paru comme quelque chose de fantastique. Enfant déjà, elle s'imaginait, dans son orphelinat, des combats navals, des abordages qui se déroulaient dans les cris et la sueur, des chasse au trésor exténuantes, ... Sauf que, depuis qu'elle avait été engagée à bord du Prince, rien de tout cela ne s'était encore produit. Elle n'avait fait que suivre les ordres, et accepter les corvées qu'on lui confiait. Ca n'avait rien d'excitant, et c'était bien là ce qu'elle regrettait. Il lui arrivait même parfois de se demander si son père, où qu'il eut été en mer, s'ennuyait aussi ferme qu'elle, ou si sa vie était devenue des plus palpitantes. Mais le remord la gagnait bien vite à ces pensées. Après tout, son père, lui, n'avait pas vraiment eu le choix.

Elle avait donc décidé - sans prévoir qu'elle enverrait valdinguer la porte - de se retirer dans la cambuse, où une partie de l'équipage devait déjà se trouver, et de se changer les idées. Parler à des pirates, c'était toujours mieux que de réciter ses leçons à la directrice de l'orphelinat. Elle tenta de mimer un franc sourire, mais abandonna bien vite ses efforts en voyant qu'apparemment, tout le monde à bord souffrait du même mal. Elle eut en particulier cette impression en jetant un regard au capitaine, assise à une table un peu plus reculée, et accompagnée de son second et d'Evan le borgne. Elle semblait être d'une humeur particulièrement excécrable, même s'il fallait avouer qu'elle le cachait plutôt bien. Nul doute qu'elle était aussi affligée que ne l'était la blonde, à l'idée de ne rien faire.

L'autre table étant déjà totalement occupée, elle opta donc pour celle du capitaine. Une once de tristesse la traversa, alors qu'elle réalisait, en voyant les chopes posées sur la table, qu'elle n'avait ni soif ni faim. Là, c'était vraiment le bouquet.


._Bonjour, capitaine !, s'exclama-t'elle - faussement - joyeusement ( elle adressa un signe de tête aux deux autres ) Vous me semblez tous avoir des mines épouvantables, je me trompe ? Serait-ce l'ennui qui vous tiraille les entrailles ? Ouais, à moi aussi.


Elle cala son coude sur la table et déposa la tête au creux de la paume de sa main. Elle souffla sur la mèche qui tombait sur son visage en cachant son œil droit et tapota le bois de ses doigts libres.


._Vous savez ce qu'il nous faudrait ?, enchaîna-t-elle, De l'action. Du mouvement, quoi ! J'y ai bien cru, avec le navire anglais .. Mais il nous a malheureusement glissé entre les doigts. Je commence à en avoir assez de récurer les planches - sans vouloir vous offenser, capitaine.


Bien qu'elle ne connaissait aucun des pirates attablés à ses côtés - que de nom, en réalité -, il n'était pas dans les habitudes de la jeune femme de se taire et de jouer les timides. Elle ne parlait pas vraiment pour ne rien dire. Mais puisqu'ici tout semblait mort, elle cherchait à déclencher une réaction chez l'un de ses camarades de pont. Tout ça n'avait, pour elle, rien à voir avec la liberté qu'elle avait tant imaginé. Il y avait bien cet air pur à l'odeur salée, ces vagues et leur chant paisible. Mais il lui manquait le goût ferreux du sang dans sa bouche, et les éclairs des lames qui s'entrechoquent. Le Prince ne lui permettait pas encore de découvrir de nouveaux horizons, même si ce qu'elle voyait était d'un tout autre genre que celui de son village natal, en Angleterre. Et elle devait avouer que s'endormir en écoutant la mer était quelque chose d'exquis.

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Joacquim Fisher

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Dim 24 Avr - 16:19

Joacquim avait sût que cette journée serait placée sous le signe de la mauvaise humeur : depuis son réveil où on lui avait gueulé dessus et où il s'était talé le coccyx en tombant de son hamac au moment ou il achevait de d'enfin démêler la corde reliée aux voiles, il n'avait pas vu une seule personne sourire et pourtant ils y en avaient des qui s'envoyaient leur rasade de rhum quotidien!

Un mois, un mois maintenant qu'il était à bord de ce navire qui se déplaçait au gré du vent, en quête d'aventures toutes plus folles les unes sur les autres et de liberté! Enfin ça... C'était sur papier puisque la vérité vraie était un peu différente et même si l'enfant conservait tout de même cette énergie et joie de vivre débordante qui le caractérisaient assez bien, l'absence de but affiché commençait à déteindre aussi sur son humeur et n'était plus vraiment compensé par le plaisir de voguer au gré des vents comme Joacquim avait toujours aimé le faire du temps où son père l'emmenait pêcher avec lui.
Enfin, en même temps se laisser aller à la soupe à la grimace ne changerait rien à cette situation et ce n'était sûrement pas les protestations d'un mousse de 12 ans qui ne parlait même pas la langue (et qui ne savait non plus pas lire, il pouvait donc même pas savoir que c'était "écrit sur papier") qui changerait quelque chose à la mauvaise humeur générale ou bien à l'adoption d'un quelconque cap.

Ces pensées étaient celles de Joacquim tandis qu'il poussait la porte du réfectoire, l'estomac dans les talons après avoir accomplit sa dernière corvée journalière. Le seul repas auquel il avait eu droit au réveil était frugal et s'était limité à une pomme bien verte or même s'il aimait les fruits et que privé comme il l'avait toujours été, son estomac n'était pas bien imposant, c'est qu'il en faut de l'énergie pour être un enfant!

Aussi étrange que cela puisse paraître, un fils de pêcheur ayant vécu dans la rue pendant un an dans la rue, quel que soit son âge n'était aucunement incommodé par l'odeur de crasse qui régnait dans le réfectoire à ce moment précis... D'autant qu'il aurait encore une fois été très impoli de s'en plaindre étant donné que lui même y contribuait bien que le le pré-ado se maintienne largement dans la moyenne des autres hommes d'équipage.

Alors qu'il avait envie de se diriger vers le panier de fruits, Joacquim fît en fait du sur place puisque le pas enthousiaste qu'il avait fait en direction de Billie se mua en un pas de recul devant la mine renfrognée du capitaine ainsi que... D'un borgne? C'est là qu'il se rendît compte d'une chose incroyable : après un mois passé sur ce bateau, sa timidité l'empêchait de connaître plus du quart de l'équipage!
Bah qu'importe! Après tout il fallait bien ce lancer un jour et si mieux vaut tard que jamais, mieux vaut tôt que tard...
L'approche par contre fût relativement hésitante : Voulant d'abord leur adresser un sourire pour voir s'ils retrouvaient le leur, il cru ensuite qu'il serait mieux de faire la guele même si lui-même n'en avait pas envie mais bon... Difficile de faire un choix et ce qui le décida finalement fût que Billie se retourna, il ne pouvait pas ne pas lui réserver son sourire le plus chaleureux!

- Hello miss Billie! (Bonjour madame Billie!)
Vînt ensuite le tour des autres et comme il serait impoli en fait de leur faire la tronche à eux, Joacquim leur adressa à eux aussi un sourire bien qu'un peu plus maladroit.
- Hello miss Lewis... Hello sir.. (Bonjour madame Lewis... Bonjour monsieur...)
Sachant qu'il disait cela en s'adressant eux deux matelots aux côtés du capitaine, inutile d'être diplômé en lettres moderne pour se rendre compte que parmi ses lacunes en Anglais subsistait le pluriel... Après cela, il attrapa une pomme qu'il commença lui à grignoter à côté de Billie dont la présence en fait le rassurait quelque peu... En y repensant, un peu comme quand il était avec sa grande sœur... Pour la suite, il se concentrerait du mieux qu'il pouvait pour comprendre le débat qui semblait animé autours de la table, cela lui ferait un bon exercice...
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Scarlett C. Lewis

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Mar 26 Avr - 7:52

    Le roulis calme faisait pencher lentement l'eau dans sa chope. Bâbord. Tribord. Bâbord. Tribord. Elle aurait pu contempler ça encore quelques temps quand une voix vint troubler son observation. Lenoir.

    - Quel soleil pourrait venir illuminer votre journée capitaine ? Ce n'est pas l'habitude de vous entendre si silencieuse !

    Elle leva sur l'individu un regard oscillant entre la consternation et le courroux. Elle n'avait pas beaucoup reparlé à Evan depuis son recrutement sur Tortuga, sauf pour lui aboyer des ordres, et malgré cela, il lui témoignait une déférence et une proximité qui manqua de la faire rougir de colère. Elle se contenta de froncer les sourcils, s'apprêtant à le renvoyer d'où il venait au pas de course. Mais avant qu'elle ouvre la bouche, une grande silhouette sortit de l'ombre où elle était jusqu'à présent avachie. Scarlett n'avait même pas réalisé que son second était dans la même pièce qu'elle, jusqu'à ce qu'il daigne se montrer. Ce total et calme contrôle des situations, aussi diverses soient-elles, était propre à Withmore, qui avait le don de faire taire les conflits avant qu'ils ne commencent. Peut être ordonnerait-il qu'on la laisse tranquille. Ce serait si agréable, de n'avoir rien à faire et de l'écouter lui donner des informations sur une mer plate qu'elle n'écouterait pas. Mais qu'avait-elle, se demandaient-ils sans doute. Elle-même semblait l'ignorer. Mais peut être que quelqu'un trouverait.

    Charlie, pipe en bouche, à son habitude, s'assit en face d'elle. L'objet de bois si chéri par l'homme dégageait une odeur douceâtre qui emplit bientôt la pièce. Scarlett se détendit un peu. La présence de son second dans ces moments lui était vitale. Elle passa de l'état de bête traquée à une habituelle mauvaise humeur pendant qu'il lui lançait une boutade qu'elle accueillit avec une moue hésitante. Pour lui donner raison, elle gratta une vieille tache de nourriture restée collée au bois de la table. Depuis le début de la journée, les mousses s'étaient relâchés, elle n'avait rien dit. Sa foi en la piraterie avait-elle disparu ? Impossible. Il manquait quelque chose, c'est tout.

    La troisième personne qui vint s'asseoir à leur table pour le moins hétéroclite fut la jolie petite mousse au caractère bien trempé qu'elle avait embauché il y avait un temps déjà. Billie, suivie de sa tignasse couleur blés, affichait comme à son habitude un sourire revigorant. Son apparition juste après celle de Charlie fit son effet. Ces deux-là, avec leurs sourires et leur sens pratique, étaient faits pour conspirer ensemble. Le sens pratique était en effet une grande qualité que l'on pouvait trouver chez Billie. Alors que les autres pirates restaient amorphes, avachis dans l'inaction, la moussaillone avait non seulement vite trouvé quel était leur problème à tous : On s'ennuyait à mourir, mais elle avait osé aller droit au capitaine pour lui soumettre cette théorie absolument vraisemblable.

    - Vous savez ce qu'il nous faudrait ?, De l'action. Du mouvement, quoi ! J'y ai bien cru, avec le navire anglais .. Mais il nous a malheureusement glissé entre les doigts. Je commence à en avoir assez de récurer les planches - sans vouloir vous offenser, capitaine.

    Cette fois un très léger sourire teinta le visage morne de la jeune femme. Billie Joe lui rappelait l'enfant qu'elle avait été, à bord de son premier navire, quand une jeune femme ne pouvait que récurer ou servir à manger. Billie, comme elle, avait besoin d'aventures, d'histoires à raconter et de moments propices pour montrer sa valeur. Bien sûr, elle avait raison. Mais comment faire pour invoquer l'action là où tout est mort ? Fallait-il attaquer un petit port de la côte ? Celle-ci était encore trop loin pour eux, et leurs vivres les feraient revenir à Tortuga avant de l'atteindre. Scarlett fit un effort pour chasser une ombre trop grande et lointaine qui planait sur son coeur, puis prit enfin la parole.

    - Je suis bien d'accord avec cette gamine, qui, j'en suis certaine, n'est pas la seule à désirer de l'action parmi vous. Perdre ce navire est décevant, mais je n'y pense plus. Il y a tant d'autres moyens de s'enrichir quand on est un gentilhomme de Fortune...

    Sur ces entrefaites arriva Joacquim Fisher, Hollandais fraîchement embarqué. Elle le salua d'un signe de tête, il se posta près de Billie, qui avait semble-t-il pris le gamin sous son aile à peine plus grande. Se tournant cette fois plus vers Charlie, même si les autres pouvaient écouter, elle baissa d'un ton et lui dit calmement :

    - Vous savez, on dit en ce moment que de nombreux magots de pirates assez fous pour tout enterrer sont retrouvés. Les gens partent à la chasse aux trésors avec presque aucun indice, et deviennent riches comme le vieux Tilbury.


    Alors, son visage calme se teinta d'une lueur nouvelle. Sa voix douce évoquant une chasse aux trésors se fit plus fébrile, et en ses yeux une flammèche s'alluma.
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Evan Lenoir

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Mar 26 Avr - 18:43

Peut-être n'ai-je jamais autant regretté d'avoir ouvert la bouche qu'à ce moment. Le regard qui accueilli mes paroles était si courroucé qu'il eut pu devenir furieux en un rien de temps, et j'aurais probablement été renvoyé affaler mes voiles aussi sec si Charlie n'avait pas choisi ce moment pour faire son entrée. Je restai interloqué tandis qu'il s'asseyait. Lewis s'état-elle sentie offensée? Visiblement, oui. Je me dis qu'elle devait réellement être de mauvaise humeur pour réagir aussi négativement à une parole qui, somme toute, n'était rien de plus qu'une intention de compassion. Peut-être était-elle plus nerveuse que d'habitude, d'où ce retour si... Direct. Sa réaction envers le second puis Billie Carter changèrent radicalement cette opinion.

A eux, elle répondit par un semi-sourire, par des mots de réponses calmes, elle prit leurs intentions pour ce qu'elles étaient réellement, bonnes et pleines de respect. Mais que diable, j'avais parlé avec les mêmes sentiments! Dans l'instant, je ne parvins pas à comprendre. J'étais certes à bord depuis moins longtemps qu'eux, mais j'avais toujours obéi à chaque ordre, effectué ma part de travail avec application et ardeur, je ne lui avais jamais manqué de respect et considérais sincèrement mériter ma place à bord. Etait-ce un crime de s'enquérir de l'humeur de son prochain? De préférer le sourire de sa capitaine à l'air maussade qu'elle arborait à cet instant? Ce n'était pas comme si je cherchais à lui frotter la manche, et je n'étais pas de ceux qui baissaient humblement la tête en se soumettant, jusqu'à ne point oser s'adresser au "maître" à bord pour s'enquérir de son humeur. Elle le savait. Elle l'avait vu le soir de mon engagement. Lewis était une femme fière, certes, mais à ce niveau je n'avais rien à lui envier! Et je détestais cordialement être renvoyé pour avoir tenté d'être agréable.

Alors sans attendre la suite des évènements, je me levai du banc et leur tournai le dos pour descendre dans le dortoir. Je n'avais pas l'intention de m'exclure totalement, quitter pour de bon la cambuse aurait été accepter la sanction silencieuse. Mais je n'allais pas non plus tenter de participer à une conversation où je n'étais pas le bienvenu. Si elle refusait la simple attention d'un matelot, ce dernier n'avait plus à se meler de ses états d'âmes. Elle était ma capitaine, certes, et je me devais de lui obéir quand bien même c'était à contre-coeur, et c'était ce que j'allais faire. Mais pas totalement. A ma manière, histoire qu'elle n'oublie pas qui elle avait engagé. Moi aussi, j'étais impulsif.

Si j'étais descendu, c'était parce qu'il me fallait une excuse pour rester dans la pièce. J'avais justement acheté récemment un sabre d'apparat pour en faire un cadeau à Lou, et il avait sérieusement besoin d'être entretenu. Voilà qui satisferait mon besoin d'occupation pour un temps! Je m'en saisis et regagnais la cambuse. Un autre mousse était arrivé entre-temps, un jeune hollandais que je croyais se nommer Joacquim. Il se tenait auprès de Billie comme pour se protéger... Le sort des nouveaux, pensai-je avec ironie. Sans plus les regarder, je m'installai confortablement dans un coin de la pièce, les jambes en couturier, et entreprit de frotter la lame en acier avec un bout de chiffon imbibé d'huile. J'avais besoin du liquide et de lumière, c'était mon excuse pour effectuer cette opération dans la cuisine. La régularité du mouvement absorba rapidement mes pensées. Cela faisait du bien, une occupation si simple. Cela détendait l'esprit.

Soudainement, la voix de Lewis parvint à capter mon attention. Elle avait prononcé le mot "trésor", et sans que je sache trop comment, cela éveilla un coin de mon attention. J'avais à ce moment les yeux fixé sur l'or rutilant de la garde du sabre sur mes genoux. Et pour la première fois, je m'interrogeai sur sa provenance. Une telle pièce n'était pas arrivée à Tortuga par le biai d'un commerçant... Il se serait fait prendre au fond d'une ruelle, on n'aurait pas retrouvé l'arme qui valait son pesant d'argent. Elle n'avais pas non plus appartenu à un pirate comme rapière utile - la lame était bien trop fine pour un emploi correct. En revanche, quand je l'avais achetée, elle était fort crasseuse et il avait fallut un rayon de soleil bien placé pour que je remarque son éclat particulier d'or sombre. Elle avait pu passer inaperçue pendant des années, et un commerçant ou un pirate l'aurait nettoyée plus régulièrement... Instinctivement, j'entrevis la seule solution possible. Et la manne de possibilités que cela soulevait me fit sauter la précaution du silence.

Mes mots jaillirent à voix haute, de façon inconsciente, les yeux toujours fixés sur le sabre miraculeux.

"C'est une pièce de butin."
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Charlie Withmore

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Mer 27 Avr - 12:28

C’était semble-t-il juste à temps que Charlie s’était attablé avec les autres. Dès que le capitaine avait posé le pied sur le bois de la cambuse, son second avait senti qu’elle n’était pas de la meilleure humeur qui soit. Ce qui, étant donné le caractère difficile de la jeune femme, n’était pas toujours aisé à percevoir, mais on n’était pas un bon second si on n’apprenait pas très vite à connaître assez son supérieur direct pour déceler chez lui le moindre changement d’humeur. Et Charlie était un bon second. D’aussi loin qu’il se souvienne, il avait toujours eu ce don précieux de comprendre presque instinctivement les personnalités qui l’entouraient. Enfant, il avait très rapidement appris à s’en servir pour épauler au mieux son père et émousser les colères de sa redoutable grand-mère. C’était là qu’il avait réalisé la pression immense qui reposait sur les épaules de ceux qui occupaient les premières places du pouvoir. Et, surtout, qu’il avait compris à quel point de telles personnes avaient besoin d’épaules qui n’étaient pas les leurs afin de pouvoir s’y appuyer. De savoir qu’il y avait quelqu’un toujours prêt à les écouter, à les soutenir et même à leur confronter à leurs propres erreurs. Au sein du clan, Charlie avait très vite pris sur lui cette responsabilité là, la seule qu’il estimait maîtriser assez pour permettre à d’autres de s’occuper de celles qui étaient importantes. Cela avait continué dès son engagement dans la marine anglaise, où il avait plusieurs fois refusé de monter en grade. On y avait vu un manque d’ambition et, au fil du temps, plus personne n’avait voulu se soucier de la carrière d’un tel individu. Et ils n’avaient pas tort : Charlie n’était nullement quelqu’un d’ambitieux. Non pas parce que ses capacités ne le lui permettaient pas, mais parce qu’il avait décidé qu’elles étaient mieux employées ailleurs. Il y avait toujours un lieutenant ou un capitaine qui avait besoin d’un sergent sur qui compter. Quand on était au sommet, on avait la tête trop prise pour toujours penser à de menus détails facilitant la vie d’un détachement. Les grands officiers se devaient d’avoir une vue d’ensemble et d’agir en conséquence ; Charlie, lui, veillait à ce que de telles visions se transmettent correctement aux soldat et régentait la vie des petits. Il était un trait d’union entre le chef et les exécutants, et sa reconversion dans la piraterie n’avait certainement pas changé cela en lui.

Il s’était donc très vite employé à connaître Scarlett autant qu’elle le permettait, et peut-être même plus qu’elle ne le voulait. Charlie ne savait pas trop pourquoi, de tous les capitaines, c’était avec Lewis qu’il avait décidé de voguer. Pas plus qu’il ne savait vraiment pourquoi elle l’avait accepté. Ils s’étaient trouvés, l’un et l’autre, et le plus souvent il pensait qu’il n’y avait finalement rien d’autre à dire là-dessus . Cela ne s’expliquait pas. Toujours est-il qu’il s’était fondu dans son rôle de second comme s’il avait passé toute sa vie sur le Prince des Tempêtes, et Scarlett Lewis et lui en étaient arrivés à former un duo qui fonctionnait plutôt bien. Le caractère bonhomme de Charlie, toujours égal et rarement prêt à s’offusquer de quoi que ce soit, tempérait à merveille la fougue et l’impétuosité de Lewis. Et là où le second manquait d’ambition, le capitaine avait une réelle vision du plan d’ensemble et une capacité sans cesse renouvelée à susciter la motivation. Ils avaient appris à se respecter l’un l’autre, et pour rien au monde Charlie aurait-il voulu échanger sa place avec un autre. Le Prince était sa nouvelle maison, la raison qu’il avait d’exercer son devoir d’homme. Comme à ce moment précis où il s’était joint à la conversation, sentant l’humeur déjà morose de son capitaine menacer de s’aggraver encore plus. Dès qu’il avait entendu les mots d’Evan Lenoir, l’écossais savait qu’il lui fallait intervenir s’il voulait éviter une esclandre. Le capitaine avait grand besoin de se passer les nerfs sur quelque chose –ou quelqu’un- et Evan aurait fait une cible idéale. Seulement, Charlie doutait que cela soit bon pour le moral de l’équipage, déjà en partie entamé, de voir l’un des leurs se faire passer un tabac ainsi, d’autant plus qu’on ne pouvait réellement reprocher à Lenoir autre chose que sa compréhension encore très incomplète de son nouveau capitaine. Peut-être le borgne se sentait-il en droit de montrer familiarité et franchise avec celle qui l’avait personnellement recruté, mais il fallait bien qu’il se rende compte qu’une fois à bord, un tel fait ne comptait plus vraiment pour Scarlett, et ce d’autant plus dans un mauvais jour. La proximité se gagnait par le temps et le respect par la démonstration réelle de capacités, et Evan ne naviguait pas depuis assez longtemps sur le Prince pour faire valoir l’une ou l’autre de ces choses. Charlie se promit de lui en toucher un mot plus tard afin d’éviter toute incompréhension ; d’autant que la faute du jeune homme n’était nullement due à un manquement à ses devoirs et tâches sur le pont et au sein de l’équipage. Car Lenoir paraissait avoir pris plutôt mal de s’être ainsi fait recevoir et avait quitté la table. Ce qui, au moins, avait évité à la situation de dégénérer s’il avait décidé de rétorquer. Bien que, étant donné l’humeur de Scarlett, le fait de tourner ainsi les talons puisse aussi bien passé pour un soulagement que pour un nouvel affront. Même Charlie n’aurait su qu’en penser.

Quoi qu’il en soit, son intervention et celle, pleine de franchise sincère de la jeune Billie, avaient apparemment empêché Scarlett Lewis de verser plus en avant dans ses sombres pensées. Il y avait quelque chose chez la blonde Carter qui vous empêchait de totalement broyer du noir, un enthousiasme et une énergie communicatifs que la jeune fille irradiait depuis son arrivée à bord. Elle n’avait jamais eu peur de dire ce qu’elle pensait, y compris au capitaine, et Charlie en était venu à penser que, peut-être, Billie rappelait à Scarlett ce qu’elle avait pu être à ses débuts. Toujours est-il que même l’esprit grincheux de Lewis ne se montrait pas insensible à la vivacité de Billie, et Charlie s’en réjouissait. Charlie avait également répondu d’un signe de tête et d’un sourire aux salutations polies d’un des derniers mousses embarqués à bord, le petit Fisher. Il se tenait auprès de Billie, et Charlie songea qu’on les voyait souvent ensemble, comme si Carter avait pris le petit hollandais sous son aile. C’était là quelque chose qui faisait plaisir à Charlie, qui avait toujours mis un point d’honneur à ce que l’équipage se montre le plus solidaire possible. Le p’tit gars aurait pu tomber sur bien pire que Billie Carter, et Charlie était bien content de le voir ainsi pris en main. Il ne parlait pas l’anglais couramment, du moins pas encore, mais Withmore savait qu’il faisait des efforts dans ce sens, et l’enfant s’était montré dur à la tâche jusqu’à présent, ne donnant au second aucune raison de se plaindre. Tirant sur sa pipe, Charlie écouta avec un sourire Billie exprimer ses envies d’action, et avec un sourire plus grand encore Scarlett le confirmer. C’était agréable de sentir la vie revenir dans les propos du capitaine, la mention de trésors perdus suffisant à l’animer à nouveau. C’était là qu’on reconnaissait les véritables pirates, ceux qui se nourrissaient d’aventures dont on faisait les plus grands récits… Et si Charlie connaissait ne serait-ce qu’un peu Scarlett Lewis, elle n’était pas femme à vouloir être oubliée. Pas plus qu’elle n’avait envie d’oublier cette passion qui l’animait et qui l’avait poussée, si jeune, à devenir capitaine de navire et son propre maître.

Et puis, de manière inattendu, ce fut Evan Lenoir qui lança presque sans s’en rendre compte quelque chose qui avait de quoi concrétiser toutes ces envies d’aventure qui flottaient dans l’air. D’instinct, Charlie sentit que ce n’était pas là des mots prononcés par le seul fait du hasard, et qu’ils mèneraient à plus qu’on aurait pu le croire en les écoutant. Comme le début d’un chapitre dans un bon roman, ces mots là étaient une promesse, comme un accord tacite suggérant qu’il y allait avoir de quoi s’animer. Peut-être Charlie se faisait-il des idées, peut-être qu’il avait tellement envie, lui aussi, de ces aventures là qu’il en inventait, mais quelque chose lui soufflait qu’il n’en était rien. Que c’était bien réel.

« Un butin, tu dis ? Viens nous montrer ça, mon gars ! Si ça se trouve, c’est tout ce qu’il nous manquait pour déterminer un cap qui vaille la peine d’être suivi ! »

C’était peut-être là pour Evan de quoi remonter dans l’estime de Scarlett, pourvu qu’il ne brandisse pas une chimère en même temps que son sabre. Peut-être même que c’était là la promesse d’un second souffle pour un équipage rendu morne par la routine. Restant parfaitement calme, ne voulant pas donner l’impression de s’enthousiasmer d’un rien, Charlie chercha le regard de son capitaine ; car s’il y avait bien quelqu’un à bord en qui il avait une confiance absolue pour déceler une réelle opportunité d’aventure quand il en voyait une, c’était bien Scarlett Lewis!
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Billie Joe Carter

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Ven 29 Avr - 20:09




Billie comprit vite qu'Evan avait été offensé par le capitaine, même si elle était arrivée trop tard pour connaître toute la vérité. En tout cas, le matelot s'était isolé un peu plus loin, et ne suivait la conversation que d'une seule oreille, sans vraiment avoir l'air de vouloir s'y investir. La jeune femme avait, au contraire, fini par afficher une mine un peu plus joyeuse, lorsqu'elle aperçut qu'elle avait réussi à dérider la si tempétueuse Scarlett. De plus, elle savait que le capitaine n'appréciait pas toujours son entrain et son impétuosité - pour ne pas dire son impertinence. Mais voilà qu'elle semblait d'accord avec la blonde, et qu'elle paraissait même être heureuse qu'elle ait relevé le sujet. Quand on y regardait bien, la capitaine et sa subordonnée possédaient pas mal de points communs .. De parfois bien petites choses qui peuvent créer une forte complicité, ou une grande mésentente.

Billie pensait également que le second du navire n'était pas en rien responsable de la soudaine attention de la Lewis. Il acquiesçait en silence aux propos de la matelote, et fixait le capitaine, observant chacune de ses réactions, attendant peut-être un visage bien plus réjoui ..

Joacquim les rejoignit bien vite. Il adressa un sourire chaleureux à la jeune femme, et salua également les autres, tant bien que mal, en anglais. Il avait fait des progrès, Billie ne cessait de se le dire. Il s'installa à ses côtés, et se mit à écouter. Sans doute avait-il envie de s'entraîner à nouveau. Ce garçon, elle l'avait appris à force de le côtoyer, faisait de son mieux pour s'améliorer sans cesse. Il travaillait dur, et venait lui demander quelques mots de vocabulaire supplémentaires dès qu'il la croisait. Ce que la jeune femme faisait avec joie. Elle l'avait pris sous son aile, et s'occupait de lui, un peu à la manière dont le ferait une sœur aînée avec son petit frère. Le mousse semblait ravi de cette situation. Aussi, c'est instinctivement qu'elle lui ébouriffa pour la énième fois les cheveux, avant d'en retourner au sujet principal. Scarlett avait fait mention de trésor, et cela ravivait la flamme enfouie en Billie.


._Je serais également prête à tenter ma chance. S'il y a des gens assez fous pour enfouir à jamais tout cet or, je fais partie de fous qui le déterrent.


Elle avait lâché ça en riant, mais le pensait à moitié. En vérité, l'or ne l'intéressait guère. C'étaient plutôt la soif d'aventure, et l'attrait du risque. Et alors qu'elle partait dans ses rêves, voilà qu'Evan, qu'on n'espérait plus entendre en cette journée, bredouilla quelque chose, assez clairement pour que tous puissent cependant l'entendre autour de la table.


._C'est une pièce de butin.


Tous se retournèrent et le dévisagèrent. Ce qui était plutôt comique, dans cette scène, c'est que le borgne était tout aussi étonné que les autres de ce qu'il venait de dire. Il avait parlé sans vraiment y réfléchir, c'était plutôt une évidence qui lui avait traversé l'esprit, alors qu'il nettoyait son sabre. Charlie Withmore fut le premier à réagir.


._Un butin, tu dis ? Viens nous montrer ça, mon gars ! Si ça se trouve, c’est tout ce qu’il nous manquait pour déterminer un cap qui vaille la peine d’être suivi !


Billie devait avoir les yeux gros comme des billes de verre, en cet instant. Et elle dût fermement s'empêcher de se lever d'un bond et de hurler de joie. Elle se contenta donc - non sans difficulté - de se pencher sur la table afin de mieux observer le pirate. Et après avoir digéré l'information, elle put enfin articuler;


._Tu es sérieux ? Un butin, un vrai ?! Amène-nous ça qu'on l'examine de plus près !


L'excitation de la jeune femme était au comble. Une chasse au trésor allait peut-être commencer ..
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Joacquim Fisher

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Ven 29 Avr - 22:50

Joacquim serra les lèvres, apparemment le capitaine n'était pas de bon poil aujourd'hui et la meilleure chose à faire semblait encore de se faire tout petit. Chance c'était l'une des choses que le jeune mousse savait le mieux faire! Que ce soit pour échapper à une corvée particulièrement désagréable ou à quelques gardes qui recherchaient un chapardeur typé germanique à 300%. D'ailleurs quand on y pensait, Joacquim s'était toujours amusé de penser que son apparence physique était l'exacte copie du cliché que pouvait bien avoir le reste de l'Europe à propos des néerlandais, Allemands et autres peuples du saint empire Germanique.

Même sans sous-titres, le jeune garçon avait bien vite compris que cet inconnu avec un seul œil avait fait les frais de la mauvaise humeur du capitaine. Alors qu'il croisait les doigts tandis que Billie lui adressait la parole, elle s'avéra d'un seul coup un peu plus agréable ce qui ne fît que soulager le gamin qui souffla de ne pas avoir à assister à une scène qui aurait pût s'avérer dégradante et humiliante pour Billie. Cette dernière, avec son art et sa manière de le dépeigner en toute circonstance, acheva de chasser son angoisse en remplaçant cette expression préoccupée sur le visage de Joacquim par un rire complice et bon enfant : peut-être cela donnerait davantage de baume au cœur au reste de la tablée... Ou cela l'énerverait de croire que son bateau s'est transformé en garderie... Allez savoir ce qui se passe dans la tête de Mademoiselle Lewis!

Néanmoins, restait un élément de malêtre relativement important pour le jeune Hollandais : malgré ses récents progrès et une concentration de moine bouddhiste, il ne pigeait pas un branque au sujet de la conversation! Certes il comprenait quelque mots par-ci par-là, certaines structures et tournures le faisaient tiquer et l'aidaient à voir l'Anglais en pratique mais pour le reste, il restait loin derrière, miles away.

Le blondinet ballada tout à tour son regard sur les différents intervenants tout en continuant à mâchonner cette pomme qu'il avait prise un peu plus tôt. Légèrement plus tard, sans me^me relâcher son attention sur la conversation malgré le peu d'espoir qu'il avait à la comprendre, il se lança dans l'activité purement enfantine de la spéléologie sous-narine à l'aide de son index gauche. Ce geste pour lui tout à fait banal l'arrêta quand même une seconde avant qu'il ne se dise que des adultes, faisaient dans cette pièce des choses bien plus mal-élevées que de se dégager les nasaux.

C'est alors qu'il était en train de batailler avec un mucus particulièrement collant et récalcitrant sur le bout de son doigt qu'il se détourna de son activité comme tout le monde à l'audition du mot "trésor". Comme tous les curieux autours de la table, il cessa bien vite ce qu'il faisait (accrochant le résidu sous la table) avant de se pencher au dessus du fameux sabre décoré qui scintilla dans ses yeux d'enfant.


- Waaah!
Laissa-t-il donc échapper en voyant cette pièce richement ouvragée. Il se pencha ensuite vers Billie en lui tirant la manche afin de s'assurer qu'il avait compris.
- C'est un trésor? Nous recherche le reste maintenant? (This is treasure? We look for the rest now?)
Il n'avait, pendant ce temps là, pas décroché son regard de l'arme relativement impressionnante qu'il avait face à lui, un sourire en banane grandissant. Finalement il aurait la preuve qu'il avait fait le bon choix en s'engageant dans la piraterie peut-être bien plus tôt qu'il ne le pensait!
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Scarlett C. Lewis

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Dim 15 Mai - 9:32

    - C'est une pièce de butin.

    La phrase, posée comme une évidence, trancha l'air pesant de la pièce. Evan. Il s'était assis dans un coin, et soudain ramenait l'attention sur lui, et surtout sur le sabre luisant d'huile qu'il apportait vers la table sur l'ordre de Charlie Withmore. Dans la cambuse, le silence était total, l'atmosphère fébrile. Chacun se tordait le cou vers ce qui allait peut être déterminer la suite de leur aventure à tous. Charlie, lui, se tourna vers elle, une lueur calme dans les yeux. Tel était Charlie : Hors de question pour lui de courir après une illusion avant l'accord du capitaine. Et il connaissait bien l'intuition de Scarlett pour ce qui était des trésors !

    De leur côté, les deux mousses commençaient à bouillir d'excitation, eux aussi. Au moindre ordre de Scarlett, ils seraient sur le pont, prêts à donner au navire toute la voilure nécessaire à une course rapide vers des richesses enfouies. Bien vite, le sabre arriva entre les mains de la pirate, qui s'en empara sans cérémonies. C'est du moins ce que tout le monde vit, elle espéra que seul Lenoir ait vu dans ses yeux l'estime nouvelle qu'elle lui portait. Ce regard fier et approbateur s'effaça à la contemplation du sabre, laissant place à une expression de concentration digne d'un orfèvre. La pièce était magnifique, sertie de belles arabesques qui lui rappelaient les armes de certains corsaires qui, d'après les légendes, avaient lutté contre les pirates pendant plusieurs décennies sur une île non loin de Tortuga. On disait souvent que les pirates avaient dispersé de nombreuses richesses pillées au service de rois divers dans tous les endroits mal famés du globe, et que d'autres étaient morts de faim en serrant leur magot dans les bras sur la vieille île, de peur de se faire voler en rejoignant Tortuga. L'inscription "pour le roi" laissa Scarlett rêveuse quelques instants. Elle s'imagina un combat féroce contre ces imbéciles qui luttaient pour une personne inconnue et pas pour eux-même, et sourit avant de se tourner à nouveau vers l'équipage, reprenant l'air dur qui se doit être celui d'un capitaine.

    - C'est une arme d'un riche royaliste, visiblement. Je me demande dans quel combat il la perdit.

    Sûrement lors d'un abordage, pensa-t-elle. Pourtant, c'était vrai que ce sabre avait tout l'air d'une pièce de butin. Il était vieux et seulement partiellement nettoyé par Lenoir. L'arme avait été gardée longtemps avant qu'on s'en sépare. Mais peut être un pirate l'avait-il récupérée sur un cadavre avant de s'enfuir, sans rien amasser d'autre. Comment le savoir ? Tant de vieilles histoires parlaient de trésors, ce sabre pouvait bien être rattaché à l'une d'elles... Mais laquelle parlait de royalistes pillés ?
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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Lun 16 Mai - 19:19

Ce qui me fit le plus plaisir dans toutes ces réactions, ce fut l'entousiasme émerveillé du jeune mousse qui semblait avoir pris Billie pour protectrice. Je ne l'avais pas souvent entendu parler, mais aux quelques mots qu'il prononça, je pu enfin déterminer d'où venait son accent : il était hollandais, un pays dont je parlais presque couremment la langue - relations commerciales de feu mon père obligeant, j'avais bien du en intégrer quelques rudiments dans ma formation de potentiel successeur. Voir les yeux d'un gosse s'allumer de rêve à la seule mention d'un trésor, c'était la raison même de croire en l'aventure! Ce sourire parfaitement spontanné et si large qu'on pouvait deviner derrière les yeux du mousse mains scénarios de fortune vécu à l'avance, me décida à oublier ce qui s'était passé quelques minutes plus tôt. Après tout, j'avais peut-être là une occasion unique de m'intégrer pour de bon dans l'équipage - quand bien même élargir plus encore le sourire du jeune garçon eusse été une récompense bien suffisante.

Aussi, je ne me fis pas prier pour répondre à la demande de Charlie et me levai aussitôt pour présenter le sabre à Lewis. Elle ne me l'avait pas demandé directement, mais étant donné l'interêt que ses yeux semblaient y porter, autant prendre les devants... Tandis qu'elle l'examinait scrupuleusement, je pris place au côté du mousse hollandais. Et il me vint à l'idée que mes connaissances linguistiques n'étaient pas destinées à être totalement perdues! Je m'adressais à la jeune recrue avec un clin d'oeil.

- Ik weet niet of het een echte stuk van schate is, maar dat is een kans dat we niet ver mogen laten lopen, zeker!
(Je ne sais pas si c'est une vrai pièce de trésor, mais c'est une chance que nous ne pouvons pas laisser courir bien loin, pour sûr! )

Je doutais fort que Lewis me tienne rigueur de m'être adressé directement au gosse dans une langue qu'elle ne comprenait pas. Et ce qui m'encourageait surtout, c'était le regard qu'elle m'avait discrètement accordé quand je lui avais présenté le sabre ; une approbation nouvelle, bien que brève, y avait été manifeste l'espace d'un instant. Me savoir légèrement remonté dans son
estime, même provisoirement, était une petite victoire.
Pour autant, je n'allais pas risquer ma place en tirant le diable par la queue, et me mis en devoir de justifier ma nouvelle langue. En m'adressant à tout l'équipage présent, et surtout à la capitaine.

- J'ai appris à parler hollandais auprès de mon père. Et je disais à notre jeune mousse qu'il se pourrait bien que ce sabre soit une piste au trésor, en effet... Et...

Je m'appretais à avancer sur le terrain des suppositions, oh combien plus houleux, mais... Je pouvais bien tenter ma chance!

- Je pense qu'il provient d'un butin encore entier. N'importe quel pirate un tant soit peu averti aurait pu voir qu'il s'agissait d'or s'il l'avait dérobé et ne l'aurait certainement pas laissé prendre la poussière sur un étalage de marché. Je suppose qu'il a été amené sur Tortuga par un survivant d'abordage, ou par un pirate très pressé ayant participé au dit abordage. En tout cas, le butin de base doit encore être entier. Et on appelle bien ça un trésor, non?

A mon insu, une fièvre nouvelle s'était emparée de mes mots au fur et à mesure de mon exposé. Et comme les autres sans doute, je me voyais déjà, pioche à la main, retourner le sable des îles mystérieuse, à la recherche de l'or perdu.
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Charlie Withmore

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Mer 18 Mai - 16:16

Charlie avait donc jeté un regard à Scarlett, qui le lui avait rendu. Elle en avait ensuite gratifié un d’approbateur à l’intention d’Evan, dont l’œil unique avait réagi avec une étincelle de satisfaction. Les deux jeunes mousses avaient rivés leurs yeux à eux sur le borgne, puis sur le sabre, et Charlie passa de l’un à l’autre. Dans le fond de la cale, un pirate moins dégourdi que d’autres et guère réveillé de sa sieste digestive se mit à regarder frénétiquement autour de lui, des fois que ce serait important. Après tout, les autres le faisaient bien, lancer des regards, et il n’avait pas envie d’être à la traine. Du moins, pas plus que d’habitude. Et une fois tout cet échange de coups d’oeils, de clignements de paupières et de regards jetés, tous purent se rejoindre d’un commun accord sur le sabre d’Evan Lenoir, qui faisait décidément le meilleur centre d’attention (1).

C’était un bel objet, Charlie n’avait rien à redire là-dessus. De l’ouvrage raffiné, une lame dont la qualité n’était pas tant la fonction –celle de faire des trous dans les gens- qui comptait, mais celle du prestige qu’elle conférait à son propriétaire. Le second du Prince des Tempêtes l’avait déjà vu plusieurs fois lors de son temps dans la marine royale anglaise. Enfin, pas ce sabre précisément, bien entendu, mais ce genre de sabre qui ceignait généralement le flanc d’un officier aussi sûr de lui que sa lame était grande, raide et plus imposante que celle de ses voisins. Une histoire de symbolisme viril, ou un truc du genre, lui avait un jour expliqué Madeline, dans la maison de Madame Jeanette. Tout ce que Charlie avait prudemment choisi d’en retenir, c’était que de tels objets étaient faits pour témoigner du rang de leur possesseur. Oui, l’épée qui était arrivée entre les mains d’Evan était de ce pain là, pour autant qu’un bout de métal puisse être de mie. Une arme d’une telle qualité, dont la prestance rejaillissait sur quiconque devait l’empoigner, avait toutes les chances de s’être trouvée dans un cadre digne d’elle avant d’échouer dans celui, un peu de travers et souvent rafistolé avec de la grosse ficelle, de la piraterie. Là d’où elle venait gisaient peut-être de ses semblables, et ces choses là n’avaient certainement pas protégé des chargements de bois ou graines. Là où pointait l’extrémité de ce sabre, on y trouverait sans doute de quoi se remplir les poches. Rien de tel pour redonner la bonne humeur à un pirate qui, ne sachant de toute façon que rarement nager correctement, ne se souciait guère d’avoir ses poches plus lourdes.

En tout cas, ce n’était visiblement pas les deux jeunes mousses qui diraient le contraire. L’excitation les animait soudain, comme si un feu de joie s’était allumé dans leurs yeux. Si on ne le contenait pas un peu, on pourrait imaginer des étincelles s’échapper pour mettre le feu aux poudres. Métaphoriquement parlant, si on voulait conserver un bâtiment en état de naviguer. Evan surprit à nouveau son monde, cette fois en s’adressant en hollandais à Joachim. Du moins, ça ressemblait à du hollandais. Charlie ne connaissait que quelques mots de la langue, et ne s’était jamais inquiéter d’en apprendre plus. Le petit Fisher n’était pas le premier mousse à bord qui ne parlait pas une des langues que maniait Withmore, et il ne serait pas un dernier. Les soucis de linguistiques n’avaient pour autant jamais été importants en matière de discipline. Le second du Prince pratiquait la technique ancestrale que tout bon second se devait de connaître et qui constituait simplement à crier assez fort dans n’importe quelle langue qu’on connaissait, partant du principe que toute phrase hurlée assez fort et répétée assez de fois finissait par se faire comprendre.

« C’est bien ça les p’tits gars, on dirait bien qu’on a mis le doigt de l’œil sur quelque chose d’intéressant, là ! » L’écossais s’interrompit brièvement, contemplant le sens de sa dernière phrase, puis haussa les épaules. « On pourrait bien avoir une piste, mais faut pas s’emballer pour autant. Garder la tête froide ça évite souvent d’avoir chaud aux fesses par la suite. Alors on peut se réjouir, parce qu’on en a bien besoin, mais sans aller déjà danser sur le pont. »

Ce qui n’était de toute façon pas une bonne idée sur le pont d’un navire, même sur un aussi bien entretenu que celui du Prince : on avait vite fait de se prendre les pieds dans un cordage ayant échappé aux regards et on finissait à la flotte. Tapotant sur le bois de sa pipe, signe de réflexion chez lui, Withmore contempla plus longuement le fameux sabre. Puis il se tourna vers Lenoir :

« C’que tu dis là a du sens, mon gars. » Décidément, Evan se révélait une recrue de qualité. Charlie, qui avait appris à déchiffrer son capitaine, était content d’avoir vu la très brève expression satisfaite qu’elle avait adressée au borgne. Si Lewis voyait son humeur s’améliorer, ce ne pourrait qu’avoir un effet positif sur le reste de l’équipage. « Qui qu’ait été ce royaliste, je doute qu’il ait perdu son épée parmi les étals crasseux de Tortuga. Et s’il vient bien d’un trésor, autant que ce soit nous qui sautions sur l’occasion. Y a rien de tel pour redonner un coup de fouet à un équipage de lascars comme nous ! »

Oui, comme les autres, la perspective d’une chasse au trésor enthousiasmait Charlie. Bien sûr, il ne le montrait pas ouvertement, parce qu’il se devait de conserver une image de second maître de lui. Mais l’amateur d’aventures et d’histoires qui était en lui se réjouissait à cette idée comme le gosse qu’il avait été, courant entre les murs chargés de mystères du vieux château familial. Et puis, il y avait dans une chasse au trésor quelque chose de plus que dans abordage. Moins de chances de devoir tuer des gens, déjà, ce qui avait la faveur de Charlie. Non pas qu’il rechigne à la bataille, après tout il avait décidé de se faire pirate et n’était pas de ceux qui doutaient de leurs choix. Il n’était simplement pas du type sanguinaire. Mais parcourir l’océan, explorer des terres inconnues, chasser le mystère… Ca, ça lui parlait, ça bouillonnait dans ses veines !

« Ouaip, on est bien droit d’être un peu en veine ! Reste à bien savoir utiliser sa chance. En commençant par choisir où commencer, parce qu’une fois qu’on peut déterminer un cap, c’est ce qui compte le plus. C’est important, un cap. Rien de tel qu’un but ! Alors n’ayez pas peur de balancer vos idées, des fois que y en aurait une de bonne. Et ensuite… Et bien, à nous l’aventure. Pas vrai capitaine ? »

Charlie regardait Lewis. Car, après tout, c’était bien elle qui commandait à bord, et Withmore se fiait à son instinct sans réserves. Et il n’y avait guère de vision plus inspiratrice qu’une Scarlett déterminée. Et avec un capitaine déterminé à la barre, tout bâtiment filait droit à coup sûr. Vers l’aventure, c’était là tout ce que Charlie pouvait espérer de plus !


_____________________________________________________

(1) Enfin, sauf le flibustier du fond précédemment cité qui, n’ayant vraiment pas la moindre idée de ce qu’il était question, préféra fixer son gobelet des fois qu’il se remplirait à nouveau de rhum tout seul. Dans son état d’esprit embrumé, c’était la seule chose qui paraissait être digne de son attention immédiate. On n’était rarement déçu avec le rhum.
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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Sam 21 Mai - 11:08



Ca brillait, ça clinquait et ça scintillait comme une multitude d'étoiles. De plus près, la sensation de trésor était encore plus forte. L'arme était finement sculptée, et sa parure effaçait les marques de l'usures du temps. Pas de doute, cette arme ne provenait - à la base - pas d'un vulgaire pirate. Elle avait dû passer par déjà bien des mains, avant d'atterrir dans celles du borgne. Mais quelle chance qu'elle y soit désormais !

Billie voyait que son capitaine semblait lui aussi intéressé. On ne pouvait nier qu'il s'agissait là d'une véritable trace d'un trésor bien plus grand. Elle ne s'en rendait pas compte, mais les yeux de la matelote brillaient tout autant que la richesse qui était maintenant posée sous ses yeux, Evan Lenoir ayant rejoint la table qu'il avait fui un peu avant. Joacquim sembla comprendre, malgré ses difficultés, puisqu'il tira fermement sur la manche de la blonde, en lui demandant si c'était bien ce qu'il pensait. Elle détacha à contrecœur ses yeux du sabre, afin de lui répondre par un signe de tête affirmatif. Les mots éprouvaient quelques difficultés à sortir. Elle était déjà bien plus loin, en train de rêver d'aventure ..

Ce qui la réveilla, ce fut cette voix qui s'exprimait dans une langue qu'elle ne comprenait pas, mais qu'elle aurait en revanche reconnue entre mille depuis quelques temps. A sa grande surprise, Evan était en train de répondre à Joacquim dans sa langue maternelle, le néerlandais. Elle fut heureuse de voir que le jeune mousse, malgré sa mine d'abord étonnée, souriait de voir quelqu'un qui le comprenait enfin tout à fait.

Les hypothèses allaient bon train.


._C'est une arme d'un riche royaliste, visiblement. Je me demande dans quel combat il la perdit., avait lancé le capitaine avec sagesse

._Je pense qu'il provient d'un butin encore entier. N'importe quel pirate un tant soit peu averti aurait pu voir qu'il s'agissait d'or s'il l'avait dérobé et ne l'aurait certainement pas laissé prendre la poussière sur un étalage de marché. Je suppose qu'il a été amené sur Tortuga par un survivant d'abordage, ou par un pirate très pressé ayant participé au dit abordage. En tout cas, le butin de base doit encore être entier. Et on appelle bien ça un trésor, non?, répondit à son tour le borgne

._Qui qu’ait été ce royaliste, je doute qu’il ait perdu son épée parmi les étals crasseux de Tortuga. Et s’il vient bien d’un trésor, autant que ce soit nous qui sautions sur l’occasion. Y a rien de tel pour redonner un coup de fouet à un équipage de lascars comme nous ! , ajouta le second qui écoutait avec attention depuis le début


Billie sentait le sang bouillir en elle comme jamais auparavant - sauf peut-être cette fois où elle s'était présentée devant Lewis en prétendant vouloir faire partie de son équipage. Il régnait dans la cambuse une atmosphère tout autre que celle qui flottait au-dessus des têtes ennuyées lorsqu'elle y était entrée. Désormais, on sentait l'excitation un peu partout - le reste de l'équipage n'avait pu que remarquer la rumeur qui s'élevait au-dessus de la tablée de Billie. Et, tout comme elle, chacun n'attendait désormais plus qu'une seule chose.


._Puisque que ce sabre a appartenu à un royaliste, le trésor a dû être perdu et caché dans un lieu qui soit dans les environs, ou dans la propriété d'un pays lui-même royaliste, n'est-ce pas ?, s'avança la jeune femme, Il y a un roi, en Espagne. Et mon père m'a un jour parlé d'une île appartenant à l'Espagne .. " Nueva Mallorca " ? On pourrait peut-être y jeter un coup d'œil, on n'a rien à perdre, et tout à trouver !


Elle planta son regard dans celui du capitaine, essayant d'y déceler une quelconque forme d'accord.

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Dim 22 Mai - 13:09

Toute son attention accaparée par le sabre et des yeux luisants fixés dessus en s'imaginant le reste qui allait avec, l'attention de l'enfant ne fût détournée que par une seule chose qui était le son d'une mélodie tout à fait familière à ses oreilles : le néerlandais!
Détachant soudain avec surprise le regard de l'arme, son sourire s'élargît encore plus (oui! C'était possible!) en regardant son interlocuteur. Une fois que ce dernier eu achevé sa phrase, Joacquim avait une raison de plus de sauter de joie qu'était celle d'avoir trouvé une personne qui le comprendrait enfin sur ce rafiot. Tout excité par cette série d'évènements, il tourna successivement sa tête vers Billie et le parleur de Néerlandais.

- You have see Billie? He talks nederlanden! (Vous vu avez Billie? Il dit nederlanden!)
Monté sur ressorts autant par ces deux bonnes nouvelles, Joacquim tira la manche du pirate tout trépignant comme un gosse qui attendrait son cadeau de noël.
- (Néerlandais) Mais dites monsieur, on sait ou est le reste, On sait où on va maintenant pour trouver le trésor?
C'était une question qui le taraudait puisqu'il avait lui-même compris l'hésitation et l'idée de questionnement à propos du lieu dans les diverses phrases sorties par tous les gens autours. Ce n'était toujours pas grand-chose pour ce qui était de la compréhension de la langue mais au moins il pouvait s'aider des mines apparentes et de l'intonation de ses interlocuteurs... Heureusement!
Pour ce qui était de l'inscription, bien qu'il ne sache pas lire le jeune mousse avait réussît à identifier sans problème la langue dans laquelle semblait être écrite l'inscription : du Français! Il plaça alors son index sur son menton, faisant bouillir sa petite cervelle à plein régime pour essayer de lui-même participer à la conversation.

- (Néerlandais) Quand j'étais à Boston, j'ai entendu dire que des Anglais étaient parfois aux prises avec des Français au sud, un endroit qui s'appelle "Louisiane". Et ils sont aussi dans plusieurs îles des Caraïbes, il me semble qu'il y en a une qui s'appelle Haïti non?
Sachant sans regarder les autres qu'il ne serait pas compris, Joacquim décida de ne pas les laisser en reste et tenta une traduction bancale de ce qu'il avait dit.
- English fight French in south, America at Louisiane, it's French... Maybe it is there? (Anglais combattent Français dans sud, Amérique à Lousiane, c'est Français... Peut-être est-ce là-bas?)
Il sonda ensuite les différentes regards, une petite outee de sueur voyant qu'on le regardait bizarement. Le garçon haussa les épaules, paumes de main vers le ciel.
- Just an idea... (Juste une idée, comme ça...).
Apparemment ils n'étaient déjà plus sur les Français mais ça, Joacquim ne l'avait pas compris. Néanmoins, si cela ne tenait qu'aux territoires espagnols, il s'empresserait de proposer la Floride une fois qu'on lui aurait expliqué le sens de la conversation. Après tout, il n'était peut-être qu'un mousse mais tant qu'on ne lui disait pas de la fermer, il était ravi de contribuer à l'effort de guerre.
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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Jeu 30 Juin - 8:45

    A la vue de l'arme, une chose avait été sûre : le coeur de chacun avait fait un bond dans leur poitrine respective. Les forbans accoudés à la table s'étaient redressés. A l'idée d'une nouvelle aventure, on ouvrait grand ses yeux, on se tordait le cou pour ne pas perdre des yeux le filin imperceptible qui partait du sabre jusqu'à la Fortune. Scarlett était du nombre, ne se distinguant que par une très faible retenue destinée à montrer que malgré tout elle était au-dessus de ces spéculations : quoi qu'il arrive, elle prendrait la décision finale. Enfin ça, c'est ce qu'elle essayait de montrer. En réalité, elle ne pouvait s'empêcher d'afficher un léger pli excité et joyeux à la commissure de lèvres séchées par le soleil, le sel et le vent. Bien sûr qu'elle était aussi folle de joie que les autres, son rôle de capitaine était alors devenu un fardeau, fardeau qui la minute d'avant lui servait d'excuse pour tyranniser son entourage sans autre prétexte que la mauvaise humeur.

    Tandis que Scarlett examinait fiévreusement l'arme décorée avec pompe, Lenoir s'était adressé au petit Joacquim. Le dernier embarqué avait déjà fait quelques progrès en Anglais, mais entendre sa langue maternelle l'avait semblait-il rendu plus confiant au milieu de ces brutes dont il ne savait rien. Lenoir et Carter, dont les humeurs tâchaient d'être tempérées au mieux par un Chip réaliste -elle l'approuva d'un hochement de tête souriant lorsqu'il désigna la contrainte d'un cap à trouver-, se laissèrent aller à de nombreuses suppositions plus ou moins hasardeuses. Scarlett écouta chacun, un sourcil froncé en signe de concentration. Elle en arriva à la conclusion suivante : Il y avait bien un trésor, entier, peut être conséquent, caché quelque part. Et ce quelque part pouvait très bien être Nueva Mallorca comme le pensait Billie. La gamine semblait encore plus jeune et vivace maintenant. Scarlett perçut un éclat sans précédent dans ses yeux. Fisher essaya de baragouiner dans un Anglais à peine compréhensible quelque chose sur la Louisiane, mais elle mit tout de suite fin à ce genre d'idées : c'était trop loin et trop dangereux : On ne pouvait encore s'attaquer au continent, leurs pièces de canons ayant été achetées au rabais, leurs matelots encore trop peu nombreux. Le Prince faisait peut être trembler les navigateurs, mais il n'était pas encore prêt à affronter une véritable armée qui l'attendrait. Scarlett se méfiait des grands ports du continent qu'elle savait bien équipés en matière de défense. Elle tâcha de résumer tous ces facteurs en une phrase simple :

    - Non. Ce serait trop loin, dangereux. Et cher.

    Tâchant ensuite de se concentrer à nouveau sur ce que chacun avait dit, et son regard revint se poser sur celui de Billie, qui oscillait entre défi et demande d'approbation. Sans quitter le regard flamboyant des yeux, Scarlett s'adressa à son second, sans doute le plus renseigné sur ce qui se passait sur les océans :

    - Chip, avez-vous entendu parler de corsaires sur Nueva Mallorca, récemment ?


    Elle eut soudain un franc sourire, fier et rare. Elle songea à ses nouvelles recrues, plongées dans la même transe excitée qu'elle à ce moment. Evan, recruté si tard et déjà se montrant fin limier et laissant parler un esprit logique et ferme, Billie, aussi fière et enflammée qu'elle, qui se jetait dans l'aventure comme dans un rêve éveillé, et Joacquim qui tâchait de faire le pirate sans savoir parler leur langue la rendaient fière du Prince et d'elle. Elle n'était pas spécialement reconnaissante, disons qu'elle commençait à accepter de les considérer à une valeur qui se rapprochait de la leur. Peut être bientôt sauraient-il gagner son estime...
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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Mar 5 Juil - 12:57

Là où la cuisine du navire n’était encore il y a quelques instants que le décor morne dans lequel l’équipage pouvait contempler sa mélancolie au fond d’une choppe vide –ou, pire, remplie de vulgaire eau !- elle était maintenant la scène d’imaginaires échauffés par des promesses d’aventures, de richesses et de gloire. C’était un véritable théâtre qui se jouait maintenant sous le crâne des âmes présentes, ravies d’une telle distraction après autant de temps passé en mer. Car, il fallait bien l’avouer, une fois son travail à bord d’accompli, il n’y avait pas grand-chose à faire lors de ces longues traversées pauvres en abordages et en rapines. Bien sûr, il y avait toujours moyen d’étirer les travaux d’entretien, jamais vraiment fini sur un navire ; il y avait toujours une parcelle de pont à briquer, un morceau de voile à repriser ou des nœuds à contrôler. Mais même quelques minutes de répit, sans rien pour occuper les mains et encore moins les esprits amenaient ces derniers à se languir, à se scléroser, voir à réfléchir sérieusement à la condition humaine (ce qui était de loin le pire). Les heures devenaient des jours, les jours des semaines, et plusieurs semaines à bord du même tas de bois à contempler encore et encore les même têtes renfrognées, cela avait de quoi porter un coup aux plus enthousiastes.

Charlie faisait de son mieux pour gérer tout ce petit monde, s’assurant à ce que chacun ait à s’occuper le plus possible sans pour autant les surcharger inutilement au point de leur donner des idées peu engageantes quant à ceux qui les commandaient. C’était comme de jongler en permanence avec des œufs délicats, sauf que les œufs n’avaient pas une sensibilité compliquée à gérer et des épées tranchantes. Withmore ne se sentait pas spécialement épaulé dans cet exercice par Mainwaring, dont c’était pourtant là une des tâches principales. Le maître d’équipage s’y entendant pour se faire écouter des matelots, ça oui, mais il ne se souciait pas spécialement de provoquer de l’enthousiasme. Une longue période sans action ni prises comme celle-ci était une manne pour un homme comme Mainwaring, et il n’aurait sans doute pas suffi de nombreux discours charismatiques dont il pouvait se fendre pour diriger l’équipage du mauvais côté. Le bosco n’avait encore jamais tenté quoi que ce soit pour semer le trouble et la discorde à bord du Prince des Tempêtes pour satisfaire l’un ou l’autre de ses mystérieux et tordus agendas, mais sa réputation n’était plus à faire, et Charlie gardait toujours un œil sur lui… Mais fort heureusement, il n’aurait plus à s’en soucier dans l’immédiat si ce sabre était réellement le départ d’une chasse au trésor ! L’écossais espérait au moins autant que le plus enthousiaste des mousses que c’était le cas, toujours avide de découvrir de nouveaux horizons et de vivre de nouvelles aventures. Oui, fixer un cap et donner un but à l’équipage permettrait à tous de se changer les idées. Parce que réparer les bouts de cordage et jouer mollement aux dés sur le pont, ça allait quelques jours mais on finissait sommes toutes par s’en lasser…

En tout cas, les jeunes esprits de la troupe semblaient déjà en pleine effervescence ! Cela cogitait sec sous les têtes des jeunots, et Charlie était comme toujours heureux de constater que même les recrues les plus récentes semblaient s’être glissé avec aisance dans la vie du Prince. Même Scarlett donnait l’impression d’être ragaillardie par la présence d’esprit de ses jeunes matelots. Bien sûr, elle tenait à tenir son rôle de capitaine implacable et un tantinet grognon jusqu’au bout, et elle faisait de son mieux pour ne pas laisser paraître trop de sa propre excitation. C’était capital pour un commandant d’instaurer une certaine distance avec l’équipage, et elle se fondait dans son rôle à merveille, mais Charlie ne pouvait parfois s’empêcher de se rappeler qu’elle n’était pas si âgée que ça. Elle était même plus jeune que pas mal de membres de l’équipage, et puisait en elle jour après jour assez de confiance en soi et de compétences pour que ces derniers oublient ce fait et acceptent sans grommeler de suivre les hommes d’une donzelle qui aurait pu être leur fille ou leur jeune sœur et avait donc vécu bien moins qu’eux et engrangé moins d’expérience. Et jour après jour, ils continuaient tous de la suivre, elle, une femme, dans ce domaine où les hommes faisaient généralement la loi. Il y avait en Lewis une telle force, une telle volonté, un tel refus de se soumettre au destin qu’on ne pouvait que la suivre plutôt que de rester en face et de se faire percuter par son mental implacable. Mais, sous toute cette dureté, sous tous ces talents, Charlie voyait encore parfois des éclats simples de la jeune femme qu’elle était encore. Comme en ce moment, où il pouvait sentir que malgré toute sa maîtrise d’elle-même, elle aurait bien voulu se joindre à l’enthousiasme général sans se soucier de rangs ou de n’importe quoi d’autre. Mais elle était capitaine, et une femme qui plus est, et elle ne pouvait se le permettre si elle voulait conserver ce respect si durement acquis. C’était là un des plus grands fardeaux du commandant selon Charlie, et l’une des principales raisons qui l’avait toujours poussé à préférer une position subalterne.

Il écouta avec attention les dires de tous, affichant un soutien silencieux mais indéfectible aux commentaires de sa capitaine. La Louisiane était improbable, et surtout promesse d’une aventure bien trop compliquée, mais il était ravi de voir que Joachim se sentait assez à l’aise pour exprimer ses idées. Quant à la suggestion de Billie, qui avait éveillé l’intérêt de Scarlett, elle parut tout aussi valable à Charlie. Il adressa un clin d’œil à Joachim, comme il en adressait régulièrement à un mousse méritant, et sourit à Billie. Puis il tapota le bois de la table du bout de ses doigts épais tandis qu’il réfléchissait à la question de Lewis. Elle était bien la seule à bord à l’appeler Chip et, sans trop savoir pourquoi, c’était là un petit détail qu’il trouvait agréable à constater.

« Ben, j’peux pas dire exactement. Les espagnols aiment bien montrer qui sont les patrons dans leurs coins, alors il y a régulièrement du passage. Côté corsaire, à ce que je crois savoir, s’ils s’approchent de Nueva Mallorca, c’est principalement pour se ravitailler. N’ont pas beaucoup d’ennemis du rois à chasser le long de leurs propres côtes, j’imagine. Le Libertad de Perreiro y avait été aperçu une ou deux fois, mais ça c’est ce qu’on racontait à Tortuga avant notre départ en mer. On dit qu’un ou deux navires marchands ont sombré suite à des attaques le long des côtes, avec leur escorte, et que la cargaison n’a jamais été retrouvée… Mais tout n’a pas toujours été calme ou sous grande observation rigoureuse dans la région, alors je ne serais pas étonné que divers babioles aient été égarés dans la nature lors de leur passage sur l’île. Perdues… ou mises de côté par des opportunistes et oubliées depuis. La p’tite Billie nous a proposé une piste solide, je pense. Ce qui est dommage, c’est qu’on en sache pas plus sur comment le sabre est arrivé là où l’a obtenu Evan… »

Withmore jeta un regard au borgne qui, tout en observant plus en détail son épée, écoutait attentivement la conversation. Voyant sur lui l’attention du second, il secoua les épaules, n’en sachant visiblement pas plus qu’un autre à ce sujet.

« Je pense qu’on ne perd rien à tenter notre chance de ce côté-là. » reprit Charlie avec un coup d’œil destiné à Scarlett, signifiant sans mot dire que cela ferait de toute façon beaucoup de bien à l’équipage de se concentrer sur quelque chose. « Ce que je ne sais pas, c’est à quel point la présence espagnole s’y fait sentir. Trop longtemps qu’en est en mer, on manque de nouvelles fraîches. Mais rien qui devrait nous empêcher de monter un coup d’éclat si besoin est ! Après tout, il semblerait qu’on ait avec nous des p’tits gars plutôt malins ! » finit-il par conclure avec un large sourire à l’adresse de l’assemblée.
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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Sam 9 Juil - 22:56



L'excitation était désormais palpable, autour de la table. Cela s'était d'ailleurs étendu à toute la cantine. Il ne fallut pas très longtemps à Billie pour se rendre compte que tout était silencieux, derrière elle. Et les regards qui fusaient dans leur direction se plantaient littéralement dans le dos de la jeune femme. Tout l'équipage retenait son souffle et écoutait attentivement le débat que tenait les cinq intervenants. Pas de doute; tout le monde voulait que le verdict tombe. Que le capitaine prenne la parole et annonce que tout le monde devait rapidement se remettre au travail sous peine d'être jeté par-dessus bord. On voulait voir la sueur, et l'avidité sur les visages. On désirait par-dessus tout posséder enfin à but à atteindre, l'espoir d'un trésor inespéré. Le mouvement. Bref, la piraterie !

Le capitaine, quant à elle, tenait son rôle à merveille. Un léger sourire, cependant, venait orner son visage ferme. Mais ce qui l'avait vraiment trahie, du moins pour Billie, c'était ces yeux emplis d'une nouvelle luminosité. Quelque chose bouillonnait à l'intérieur de la jeune femme, et, la matelote était prête à y mettre sa main au feu, elle devait sans doute fournir de grands efforts pour contenir ce sentiment de joie en elle. Il avait été facile pour la blonde de deviner cela, parce qu'elle possédait le même regard, et elle en était consciente. Elle avait l'impression de s'admirer dans un miroir, de se voir prête à sauter de joie. Mais sa supérieure possédait le don de se contenir. Ce que Billie n'était jamais parvenue à faire, bien qu'elle s'y efforça.

Un immense sourire lui barrait tout le visage, et ses yeux s'étaient ouverts un peu plus grands encore. Les lèvres de la Carter tremblaient d'enthousiasme et d'énervement, si bien qu'elle eût le plus grand mal à les tenir closes. Elle cherchait le consentement dans les traits de Scarlett, qui semblait adhérer à sa proposition. Et elle ne fut pas la seule. Charlie et Evan avaient tous deux réagi favorablement à ses propos, ce qui lui procura une certaine fierté.

Jetant un coup d'œil à ses côtés, elle ne put qu'admirer avec tendresse son petit protégé qui, maintenant, parlait beaucoup plus facilement - du moins avec une gêne modérée - et proposait lui aussi des idées qui, elle le savait, aurait pu être défendables, s'il n'était pas aussi risqué de s'aventurer dans les eaux de la Louisiane.


._Oui, j'ai vu ! Je suis heureuse que tu trouves quelqu'un qui te comprenne pleinement !, rigola-t-elle lorsque que le garçonnet lui avait tiré la manche en indiquant Evan d'un coup de menton.


Elle savait pertinemment qu'il ne comprendrait pas exactement ce qu'elle lui avait répondu ( elle était un peu trop enjouée pour avoir la patience de le lui faire comprendre mot par mot ). Mais il était intelligent, et aussi sût-elle qu'il devinerait bien vite ce qu'elle avait voulu lui exposer, même si les mots lui paraissaient incertains.

Billie sourit davantage lorsque l'on s'intéressa de près à ce qu'elle venait de dire, et que l'on accorda toute son importance à cette proposition. Il lui sembla même que Scarlett était fière d'elle. - Pas seulement d'elle, bien évidemment ! De tous les matelots ici présents. Le borgne se montrait plutôt silencieux. Il semblait songeur. Toutes les personnes attablées l'étaient un minimum. Comment ce sabre avait-il pu se retrouver entre les mains du maître voilier demeurait un mystère.


._D'après mes souvenirs, intervint-elle suite aux propos du second, mon père, qui était un homme assez important de la marine anglaise, à ces mots elle jaugea les réactions des autres. La fille d'un noble anglais qui entrait dans la piraterie, ça ne se voyait pas tous les jours. Elle continua cependant sur sa lancée, rapportait souvent que le roi espagnol devait être l'un des plus paranoïaques de toutes les mers. D'après lui, les patrouilles étaient journalières. Cependant, il n'y en avait bel et bien qu'une seule et unique par jour. Si nous savions à quel moment ils comptent rôder autour de l'île, peut-être aurions-nous la chance d'agir sans qu'ils ne nous aperçoivent ? L'équipage est en partie fraîchement embarqué, me semble-t-il. Inutile de préciser, donc, que ces hommes n'ont jamais eu à combattre jusqu'alors. Je ne pense pas qu'avoir affaire à une flotte royale soit un bon baptême pour nous tous ...


Ce qu'elle pouvait haïr ces manières qu'elle avait lorsqu'elle se prononçait. Il n'y avait rien à faire, c'était ancré en elle, et elle ne pouvait s'empêcher de parler à la manière des nobles, même si elle tempérait ses mots. Elle ne tiendrait pas deux minutes face à un forban avide de sang, avec un discours pareil ! Mais elle mit ces pensées maussades de côté, et attendit une réponse. Avait-elle jugé juste, ou venait-elle de se planter en beauté, ce qui lui aurait valu un énorme plongeon dans l'estime de son capitaine, alors qu'elle venait tout juste d'y remonter d'un cran ?


._Mais, s'empressa-t-elle d'ajouter, s'il fallait combattre, je resterais fidèle à mon poste.


Une chose était sûre, ils allaient y aller. Foncer vers cette lumière qu'ils convoitaient tant ... Mais la chance serait-elle avec eux, sur ce coup-ci ?

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Joacquim Fisher

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Dim 10 Juil - 9:46

L'ambiance euphorique de toute la tablée commençait maintenant à se communiquer au reste de l'équipage. La joie d'avoir un cap de fixé était maintenant collective et personne, pas même la capitaine, n'échappait à la règle. Oh certes cette demoiselle se donnait beaucoup de mal pour paraître droite et respectable, bien haut dessus de ces futiles manifestations de joie qui atteignaient l'équipage mais à Joacquim, on ne la faisait pas! Le garçon était encore suffisamment jeune pour toujours posséder cette empathie proverbiale qu'on attribue aux enfant, empathie qui lui disait clairement que Scarlett était en train de serrer des fesses pour ne pas se joindre au débordement de joie collectif et conserver donc un semblant de leadership posé.
Ce détail amusait encore plus Joacquim qu'il ne l'était à l'instant présent. Néanmoins, comme cette empathie lui donnait une idée du caractère impitoyable de son capitaine, ce rire un peu moqueur était suffisamment bien contenu pour passer pour un simple sourire mêlé aux autres matelots. Quoi qu'il en soit, le fait était là : tout le monde était prêt à se mettre en route pour de nouvelles aventures et Scarlett ne faisait que laisser planer un peu le suspens quand à la suite de la marche à prendre.

Un détail supplémentaire ajouta sa pierre à l'édifice de joie dans le cœur de Joacquim fût de constater qu'encore une fois Billie avait la même joie que lui à simplement lui adresser la parole en cet instant. Par ailleurs même s'il avait du mal à comprendre la phrase d'un bloc, sa compréhension restait assez aisée pour que Joacquim puisse d'ailleurs y déceler le contentement, souvent synonyme pour lui d'ébourrissage des cheveux aussi préparait-il sa main gauche à une riposte au cas ou celle de Billie décide de venir lui taquiner le cuir chevelu... Chose qui bizarrement n'arriva pas cette fois-ci...
Elle doit-être malade...
Pensa d'abord Joacquim avant de l'analyser vite fait d'un petit air inquiet. En fait l'explication très simple tenait dans le fait qu'il n'était tout simplement pas le centre de l'univers et qu'elle avait d'autres choses plus importantes à fêter à cet instant que d'avoir trouver un autre parleur de Hollandais sur la bateau... Joacquim ne lui en tînt donc pas rigueur.

Vînt ensuite l'heure difficile des explications orales auxquelles Joacquim n'allait encore une fois pas comprendre un mot. Soupirant, ce dernier glissa les mains dans ses poches en grimaçant tandis qu'il tendait une oreille distraite pour comprendre ce que pouvait bien sortir Billie, à vrai dire il avait un peu perdu espoir d'arriver à comprendre l'Anglais un jour alors que pourtant, il ne s'en sortait pas si mal!
Dans son discours, un excès de manière fût tout de même distingué par Joacquim qui se demandait bien d'où elle pouvait tenir ce parler presque un peu précieux. Un détail, certes, mais un détail qui attisait particulièrement la curiosité du jeune mousse jusqu'à ce qu'elle ne soit remplacée par de l'inquiétude. Inquiétude bien entendu due à l'emploi du mot "combat" au milieu de sa phrase... Attends là! On allait combattre donc?

La joie de Joacquim disparût un peu à cette évocation tandis qu'il perdait un peu des couleurs, la seconde tirade, bien plus courte, ne faisant que confirmer ce qu'il avait entendu (bizarrement, il avait compris chaque mot de cette phrase). Toujours les mains dans les poches, Joacquim se mordît la lèvre supérieur avec un petit bruit de déglutissement. Le combat lui faisait peur oui, et alors? Pouvait-on vraiment en vouloir à un enfant de douze ans?!! Après tout, celui qui ne va pas au combat avec la peur au ventre est un fou ou un imbécile! L'édrénaline avait toujours été, de tout temps, un excellent stimulant en situation de stresss et cela ne changeait pas d'aujourd'hui. Cela ne voulait pas forcément dire que Joacquim se barrerait en courant comme un pintade au premier problème pour aller pleurer dans les jupes de Billie mais quand même, Joacquim ne s'attendait pas à déployer des trésors de courage dès la première bataille à laquelle il participerait. Il savait pourtant que c'était inévitable tôt ou tard, mais le plus tard serait le mieux, qu'on lui laisse encore un peu de temps pour s'endurcir, être prêt (ou du moins l'être un peu plus) le moment venu. Quand on y pensait, Joacquim n'avait jamais vraiment été confronté à la violence de sa vie à part le jour où son frère avait été poignardé... Le jeune garçon auteur du coup fatal avait d'ailleurs été pendu en place publique dans les jours qui avaient alors suivit, l'avoir vu gigoter et agoniser au bout de cette corde n'était qu'un souvenir funeste de plus pour le jeune hollandais... Un souvenir qui était en même temps son avenir si ce bateau était un jour soumis par une quelconque nation coloniale. Y songer le rendît un peu plus blême qu'il ne l'était déjà, étrange contraste au milieu de tous ces marins euphoriques à l'idée de trouver un magnifique trésor Espagnol.
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Scarlett C. Lewis

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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Lun 15 Aoû - 17:14

    Une chose était sûre : Il serait désormais impossible de revenir en arrière. Les pirates, avides comme ils l'étaient tous d'aventures dont ils n'avaient que peu goûté jusqu'à présent, brûlaient maintenant de sauter le pont, de suivre les ordres de leur capitaine et d'affronter tous les vents contraires qui se présenteraient jusqu'à l'île potentielle de leur fortune future. Chacun à sa manière suppliait Scarlett d'une chose qu'elle ferait volontiers, puisque son état d'esprit était le même : Ordonner le départ pour Nueva Mallorca.

    Mais tout d'abord elle écouta les conjectures enthousiastes de Chip, elle scruta les regards enflammés des trois autres, et porta une attention particulière aux dires de Billie, dont l'expérience la surprit. Elle avait pris la gamine pour une fille des rues, plus garçon voyou que jeune fille instruite. La jeune recrue semblait réserver plus de surprises qu'au départ. Sa capitaine haussa furtivement un sourcil avant de décider au quart de tour que les dires de la jeune femme avait une part de vérité. Qui elle avait embauché, elle le découvrirait bientôt. Le cheminement jusqu'au trésor leur offrirait encore bien des informations sur Miss Carter, si Scarlett prenait la peine de les déchiffrer. Pour l'instant, elle se devait de rassurer ses hommes. Ces patrouilles, elle en avait eu vent. Des hommes dégoûtants, tristes et loin de leur patrie. Nueva Mallorca n'était pas une île importante. Un caillou sans personne dessus à protéger. On y envoyait une patrouille de faiblards, de regénâts. Ceux qui ne seraient pas une grande perte si ils venaient à rencontrer des bandits un peu trop bien armés. L'équipage du Prince des Tempêtes, par exemple. C'est ce qu'elle expliqua rapidement et efficacement aux autres, qui furent confortés dans leur humeur d'aventuriers invincibles. C'est ce qu'il fallait croire, non ?

    Pendant encore une minute, Scarlett se demanda comment elle avait pu passer à côté du fait que Carter parlait d'une manière bien raffinée pour une gosse des rues. Elle observa ses manières soignées, ses cheveux peignés. Elle n'avait pas cédé à cet environnement de rustres de bas étage pleins de puces et de sel. Elle avait reçu une éducation, c'était une certitude. Le contraste qu'elle offrait avec l'allure de sauvageonne de sa capitaine -qui ne s'était pas coiffée depuis bien longtemps- était saisissant. L'ennui assaillit Scarlett. Peu importaient les autres, pourquoi y penser à ce moment, au juste ? Elle jeta un coup d'oeil à sa timbale d'eau douce qu'elle leva, soudain inspirée.

    - Eh bien, les amis, cap sur Nueva Mallorca ! Il est temps de montrer à toutes les Caraïbes ce que vaut le Prince ! Et si une patrouille se présente, le spectacle n'en sera que meilleur. A nous la Fortune !
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MessageSujet: Re: Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]   Aujourd'hui à 10:27

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Si le blues existait... [Ouvert à tous les princiers qui ont envie d'une chasse aux trésors ! ]

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