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 Contes sur l'oreiller

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Serafin Romero

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MessageSujet: Contes sur l'oreiller   Mer 20 Avr - 19:37

Quand Serafin se réveilla, un peu ensuqué, il sut tout de suite où il se trouvait. Il reconnaissait le bordeau vieilli des murs, les vitres encrassées et ce fameux paravent écru, qui avait cette particularité de cacher juste ce qu'il fallait tout en dévoilant assez de silhouette pour émoustiller les clients.

Il était indéniablement dans la chambre de Lizelotte.

Il ferma de nouveau les yeux. Son mal de crâne avait diminué mais il se sentait fourbu, comme s'il avait roulé tout le long d'une rue pavée en pente. Il rouvrit les yeux en grommelant de douleur et se releva légèrement, appuyé sur un coude.

C'était étrange de parler ainsi du lieu de vie et de travail d'une prostituée, mais Serafin se sentait bien dans cette pièce. Il y avait beaucoup de bons souvenirs... Dont aucun impliquant une quelconque relation charnelle.

Il allait partir dans ses souvenirs, un petit sourire au coin des lèvres, quand Lizelotte apparut, venant visiblement de derrière le paravent. Serafin la dévisagea un instant, avant de reporter son attention sur la structure de bois recouverte de lin.

Lizelotte... Pourquoi il n'y a qu'un pan de ce paravent qui est brodé ? demanda-t-il subitement, comme si c'était d'une importance capitale.

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Lizelotte Daime

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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Dim 24 Avr - 18:30

Lizelotte croisa ses bras et fit une petite moue boudeuse.

« C'est pour faire parler les idiots ! »

Elle s'était changée, troquant ses vêtements du marché contre une robe écrue, qui dévoilait ses épaules et sa nuque, la serrait à la taille et dont la jupe émettait un froissement délicieux. Et elle s'était lavée, aussi, rafraichie par un linge humide pour estomper un minimum les efforts qu'elle avait fournit cet après midi. Ses cheveux tombaient libres sur ses épaules en attente d'être un peu mieux coiffer. Il n'était pas l'heure, encore, d'être relâchés pour revêtir sa condition de prostituée.

Berthe avait grogné contre cet invité non désiré, d'autres avaient ri que Lizelotte les choisissait aux berceaux. Pire ! Il fallait même qu'elle les assomme pour s'en faire des clients !

Et tout ça n'avait pas aidé au caractère d'habitude si clément de la blonde. Pourtant, pacifiquement, elle leva les yeux aux ciels et soupira, en haussant les épaules.

« Ou... c'est peut-être parce que je n'ai pas eut le temps de finir, expliqua-t-elle plus docilement. Ou la patience. Ni l'envie. »

D'un revers de main, elle chassa ses idées mornes qui pointaient, se souvenant des premiers jours ici, quand elle avait essayé de rendre sa chambre plus attrayante. Puis l'agacement à voir que ça n'avançait pas. Puis enfin, l'amertume de souhaiter, finalement, ne jamais vraiment se sentir bien dans cette chambre.

Enfin, elle s'avança vers Serafin, avec l'air de ceux qui vont en découdre et laissa tomber son postérieur sur un coin du lit, puis avec un peu plus de douceur qu'à l’accoutumée -pour éviter que son geste ne s'apparente à une gifle-, elle posa sa main contre le front du garçon et demanda :

« Alors, et toi, es-tu toujours souffrant ? Comment te sens-tu ? »

Il était encore loin, ce jour où Lizelotte verrait Serafin comme un homme, et non comme un petit garçon. Bien loin.
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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Mar 17 Mai - 20:12

Il aimait bien quand Lizelotte grognait pour un rien, mais il aimait aussi quand elle devenait soudain calme et rêveuse, comme à ce moment là. C'était une rêverie empreinte d'une tristesse légère, comme lointaine... Serafin ne savait pas tout de l'histoire de Lizelotte et, pour le moment, il se contentait de peu. Ça entretenait une forme de mystère.

Serafin aimait aussi quand Lizelotte le touchait. Oh, bien entendu, leurs contacts physiques se limitaient à des gestes, au mieux, d'affection, au pire... Eh bien, rappelons tout de même que la jeune femme venait de trainer le garçon à travers la ville. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

En tous cas, Serafin était toujours content d'être avec Lizelotte. Il aimait tout en elle. Il n'était pas idiot, il savait bien que pour elle, il n'était qu'un petit garçon. Mais un jour, il serait un homme, et enfin, il pourrait la demander en mariage.

Rien que cette perspective le fit sourire, et il lui sembla que la douleur s'était envolée. Lizelotte était vraiment magique.

"Je me sens bien! Je me sens en pleine forme."

Puis Serafin fronça les sourcils. Il venait seulement de s'apercevoir de quelque chose d'étrange.

"Dis, comment on est arrivés là? Je me rappelle qu'on était près du port avec... La fille, là..."

Il ne se souvenait même plus de son nom. D'ailleurs, ses derniers souvenirs restaient un peu flous... Il fallait vraiment qu'il évite de boire. Mais sur Tortuga, ça semblait un peu compliqué.

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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Mer 18 Mai - 11:10

«  Lénita ? Je crois... »

Lizelotte se redressa et se tint le mentons entre deux doigts, en guise de réflexion, haussant un sourcils et fronçant l'autre. Peut-être la jeune fille était-elle revenue, fidèle à son engagement. La prostituée en avait douté et avait préféré ne pas attendre. Elle haussa les épaules, rangeant finalement les souvenirs de cette demoiselle dans un coin de sa tête. Peut-être la recroiserait-elle. Peut-être que non. Qu'importait. Puis elle se tourna vers le jeune garçon, avec un air placide et un regard las.

«  Tu t'es montré... virilement héroïque, Sérafine, commença-t-elle avec une pointe d'ironie dans sa voix -en doutait-on ?-.  Comme le mâle qui sauve ses dames, tu as détourné l'attention de nos ennuis en tombant comme un seul homme -un vrai !- sur le sol, sacrifiant ton honneur masculin et gagnant quelque bleu sur ton torse. Oh, les autres ont bien ri et nous on laissé en paix. Pour ça, bravo !

Mais peut-être as-tu... trop bien joué ton rôle ? Tu ne te réveillais pas. L'autre jeunette a voulu te faire manger des piments – ou quelque chose dans le genre-, est partie au marché mais je ne l'ai pas vue revenir. Quant à moi je t'ai trai...
 » Lizelotte toussota par réflexe dans sa main «  ...porté jusqu'ici. Laisse moi te dire que tu n'es étonnamment pas léger, malgré ton petit gabarit. »

Lizelotte lâcha un soupir.

«  Je crois que l'une de tes poche s'est déchirée, d'ailleurs, durant le trajet. Tâche d'inventer une excuse qui n'avouera pas qu'une prostituée t'ait trainé jusqu'à chez elle. Je pense que tes parents n'apprécieraient pas.  »

Pas plus qu'elle n'avait eut envie de le déculotter pour recoudre elle même cette poche. Lizelotte n'était pas couturière – elle faisait maladroitement ses vêtements, en encore...- mais Sérafin, lui, était conteur. Il parviendrait bien à trouver quelque chose.
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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Jeu 19 Mai - 9:19

Serafin écouta toute l'explication de ses actes héroïques en se décomposant au fur et à mesure. Il était bien conscient qu'il n'avait pas brillé par sa bravoure, mais présenté comme ça, ça avait l'air encore plus terrible que ce qu'il avait imaginé.

Heureusement, l'histoire de sa poche déchirée retint son attention et lui permit d'oublier un instant sa cuisante défaite en tant qu'homme. À la mention de sa culotte trouée, le garçon se leva d'un bond, comme piqué par un insecte, les mains plaquées sur son postérieur, manquant de peu de renverser Lizelotte.

"Ma carte !!" s'écria-t-il, paniqué. Il se tâta de partout, mais ne trouva pas son précieux objet. "Oh noooon, ma caaaarte !"

Il se tourna d'un bloc vers Lizelotte, les yeux exorbités.

"Tu n'aurais pas vu un rouleau de papier tomber de ma poche quand tu m'as traîné ici ?" demanda-t-il d'un ton suppliant.

Il avait mis presque toutes ses économies pour acheter cette carte au marché, quelques jours plus tôt, et il n'avait pas encore eu l'occasion d'en percer les mystères... Il ne pouvait pas l'avoir perdue ! Il commençait déjà à envisager la possibilité de ratisser toutes les rues de Tortuga pour la retrouver.

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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Mer 1 Juin - 11:21

« Hey, mais ! » Protesta la blonde en se poussant de justesse.

Elle se redressa, les sourcils froncés et les mains sur les hanches, indignée par ce peu de considération. Elle avait peinée, elle, à le tirer à travers l'île -durant que môssieur faisait une sieste, insistons sur cet héroïque détail- ! Ses épaules en étaient encore toute endolories et lui, voilà qu'il se souciait à grande peine d'une simple carte ? Pas même un merci ? Pour le si facile caractère de la jeune femme, c'était inacceptable. Pourtant, loin d'exploser et d'inonder l'infortuné compagnon de son mauvais caractère, chapelet d'injure en option, Lizelotte soupira en baissant les épaules.

« Décidément, c'est difficile de se fâcher avec les idiots... » grommela-t-elle pour elle même.

Elle fourra une main sans son corsage, cherchant du bout des doigts la carte qu'elle y avait mit, et haussa un sourcils. Aussi profond pouvait-être son décolleté, impossible que la carte se trouve si basse et la jeune femme ne croyait pas à un puits sans fond installé entre ses deux seins. Puis elle se souvint : elle s'était changée.

« Ah ! »

En quelque pas, la chambre n'étant pas bien grande, elle passa derrière son paravent, farfouilla quelque minutes durant, et ressortie, enfin, le bout de parchemin entre deux doigts. Si celui ci restait en un seul morceau, admettons qu'il était étrangement plus froissé.

« C'est ça ? Alors, c'est bien une carte. »

Même si elle ne savait pas lire, d'en avoir justement déduis quelque chose, Lizelotte en tirait une certaine fierté.
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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Ven 17 Juin - 21:18

Naturellement, Serafin fut affreusement gêné de voir Lizelotte fourrager de la main dans son décolleté. Il put remercier le ciel d'avoir une peau assez mate pour que ses joues brûlantes restent discrètes. Il fit mine de regarder ailleurs,et ne se détendit que lorsque son amie passa de l'autre côté du paravent. Il en profita alors pour s'asseoir sur le bord du lit : il ne se sentait toujours pas en pleine forme.

La jeune femme revint très vite, la fameuse carte dans la main. Serafin se redressa d'un bond, le visage éclairé d'un grand sourire soulagé.

"Oui ! C'est bien ça !" s'écria-t-il avant de s'avancer vers elle pour récupérer son bien.

"Je l'ai achetée pour trois fois rien à quelqu'un que je n'avais encore jamais vu, au marché. Elle est très étrange, en fait."

Il alla se placer juste à côté de Lizelotte et lui expliqua, en lui montrant de quoi il parlait du bout de l'index :

"Ça représente Tortuga. Tu vois, là, c'est la taverne, et là, c'est le marché. Mais les noms qui sont écrits dessus ne correspondent pas... j'ai essayé de comprendre ce que ça voulait dire, mais je tourne en rond."

Il vint tout à coup à l'esprit de Serafin que Lizelotte pourrait apporter un regard nouveau à l'affaire.

"Ça va peut-être plus te parler qu'à moi, d'ailleurs... Pour les quais, c'est écrit "vers les enfers". Comme si celui qui a écrit ça avait quelque chose contre le fait de s'embarquer... Alors j'ai supposé que c'était un ancien marin qui avait vécu de terribles aventures en mer. Mais comme le marché est renommé "fatras inutile" et la boutique de bijoux, "coquettes et raffinées", je me suis dit que ça devait être un homme ne venant pas des bas-fonds... Il a l'air habitué à utiliser des marchandises de grande valeur. "

Le jeune homme soupira de découragement.

"Au final, ça ne m'avance à rien. Et le fait que la taverne soit appelée "au plancher grinçant" ne m'aide pas plus. À moins qu'il s'agisse d'un riche commerçant ayant débarqué par un mauvais concours de circonstances sur Tortuga et ayant vécu un moment à la taverne, je ne vois pas. Et de toute manière, ça ne me dit pas où se trouve son magot."

Car oui, Serafin était convaincu qu'il détenait une obscure mais authentique carte aux trésors.

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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Lun 4 Juil - 17:06

Une scène somme toute banale.

Un garçon, en âge de penser à certaines choses, qui s'approche une catin, lui parlant familièrement, lui montrant du doigts sa carte... Pour à peu près la totalité des adultes mâles de Tortugua, les quelques paroles qui allaient suivre auraient parlé de faveurs et de compensation financière. Mais non. Pas avec Serafin. Définitivement pas avec Serafin. Le jeune garçon, lui, en présence d'une prostituée, parlait de carte et de magots. Bon, et puis, combien même ça aurait été le prémisse d'une approche, Lizelotte s'accorda a penser que cette technique-ci était franchement nulle.

Elle soupira bruyamment, leva ostensiblement ses yeux vers le ciel et posa ses mains sur ses hanches, pour bien signifier combien elle n'avait rien à faire de cette carte et de l'hypothétique trésors. Mais trop bien lancé, il semblait que le jeune homme ne remarqua rien et continua ses explications. Et là, Lizelotte se surprit elle même à finalement baisser le regard, froncer les sourcils et tenter de comprendre la carte, remerciant silencieusement le jeune garçon de lire.

Mais il fallait alors qu'elle se rende à l'évidence : pour elle aussi, cette carte n'évoquait rien, à première vu. Elle se mordit même la lèvre, tentant de pousser un peu plus sa réflexion, mais coupa court en levant les deux mains aux ciels. L'agacement cacherait bien la frustration de ne pas comprendre.

« Oh, Serafine, de la pitié ! Tu n'es pas sot au point de croire qu'un trésors se cache encore sur cette îles, n'est-ce pas ? Et encore moins en pensant aux nombre de personne qui circulent ici tout les jours, pas vrai ? Vraiment... »

Elle fit quelque pas et retourna s'assoir sur son lit, observant que son jeune ami avait l'air de se sentir bien mieux, d'un coup. Elle pencha la tête et continua, cynique :

« Quoi que je peux croire que si : tu as été assez idiot pour l'acheter, cette carte. Tes parents seraient sans doute ravis de savoir ce que tu fais de ton argent. Prétend au moins qu'ils t'ont servit pour aller chez les catins, à défaut de te savoir sot, ils te croiront dépucelé. »

Un jeune homme de dix-ans qui s’intéresse aux femmes serait presque plus rassurant qu'un jeune homme de dix-sept ans qui s’intéresse à des chimères de pierres précieuses. Lizelotte tourna la fenêtre vers sa fenêtre, d'où une lumière crasseuse s'obstinait à éclairer la pièce et reprit, l'air absent :

« On peut toujours aller sur place. Là où il y a marqué les indications. Voir si le plancher grince vraiment à la taverne, entre autre. Ou si quelque chose nous aidera. »

Lizelotte avait toujours été quelqu'un de terre à terre, ayant depuis longtemps arrêté de croire aux rêves et à toutes ces balivernes. Mais Serafin, non. Soudain, aussi lancinante que cette carte qu'elle n'arrivait pas vraiment à mettre de côté, l'idée d'un Serafin débarrassé de ses lubies enfantines déplus à la jeune femme, tout comme l'idée qu'il viendrait un jour pour des services « professionnel » plutôt que pour l'aider à rêvasser. Il lui sembla alors qu'il fallait bien qu'elle fasse quelque chose pour conserver le jeune garçon ainsi.

Il en allait de son propre confort, aussi.
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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Jeu 14 Juil - 10:58

C'était vrai que Serafin se sentait bien mieux. Ça devait être l'appel de l'aventure ! Plus il y pensait, et plus il était convaincu que cette carte menait à un trésor. Même Lizelotte avait l'air de s'y intéresser !

Le problème de Lizelotte, c'est que parfois, elle faisait preuve de peu de pudeur. Heureusement que Serafin avait la peau mate, car quand son amie se mit à parler de son pucelage, il sentit ses joues s'embraser.

Mais son embarras fit rapidement place à la réflexion. Il ne se sentait pas spécialement emballé à l'idée d'aller piétiner le sol de la taverne, mais c'était toujours mieux que de rester assis à scruter la carte des yeux, n'est-ce pas ?

Tu dois avoir raison... admit-il, l'air pensif. On n'a qu'à aller à la taverne, puis faire le tour de l'île en suivant les instructions. Quitte à faire ça en plusieurs fois !

Un grand sourire illumina son visage. Lizelotte et lui allaient se promener un peu partout ensemble ! Finalement, rien que ça, c'était déjà comme un trésor.

On y va maintenant ? proposa-t-il, tout heureux.

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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Lun 18 Juil - 21:26

Premier jours de chasse : la Taverne !

Et ils y étaient allé, finalement.

La journée commençait à être un peu trop chargée en stupidités pensait Lizelotte. D'abord un poisson dans la figure de quelqu'un d'autre, une scène -hum...- mémorable sur la place du marché, puis trainer un garçon jusqu'à chez elle, pour finir par le suivre dans une idiote chasse au trésors... Mais bon ! Au moins avait-il arrêté de gémir et tanguer sous l'effet d'un peu d'alcool. D'ailleurs, à ce sujet, il se remettait vite, ce garçon. Un coup malade, une sieste plus tard, frétillant... Lizelotte acquiesça pour elle même : la prochaine fois, elle l’assommerait elle même. À mains nues. Son supplice durerait moins longtemps. Ah, oui, quel supplice ? Celui de la prostituée qui tente de se retenir de frapper son ami pour sa bêtise ? Ou le supplice du jeune homme subissant les contrecoups cruels de la gueule de bois ? Allez savoir...

Mais, quoi qu'il en soit, pour le moment, pas de prochaine fois en vu. La Taverne de la Jambe Bois était certes leurs destination, cependant la prostituée se jurait qu'elle ne boirait pas une goutte d'alcool ici aujourd'hui. Et il en allait de même pour l'ado ci-présent.

Le voyage n'avait pas été des plus palpitant : il avait fallut marcher et la prostituée n'était plus motivée. Sa dernière promenade, tirant une certaine personne, lui avait endolorie les épaules et fatiguée les jambes. Ainsi, elle n'avait pas desserré les mâchoires, faignant juste un intérêt fade à l'évocation de trésors -c'était tout ce dont elle était capable pour aujourd'hui-, espérant juste ne pas décourager le jeune Serafin. Quant à savoir si ça avait bel et bien marché... Lizelotte se disait qu'elle constaterait bien sur place.

Et ils y étaient. La taverne se dressait devant eux, tel un... bâtiment miteux, concluait Lizelotte, nullement influencée par une promesse de trésors. La Jambe de Bois était et restait signe d'ennuis pour la jeune femme. Et pourtant, voilà qu'aujourd'hui, elle y pénétrait volontairement. L'idée parvint à lui arracher un soupir mais pourtant décidée à préserver, à sa façon, Serafin, elle passa outre. Pourtant, une fois à l'intérieur du bâtiment, certain aurait pu jurer que ce ton aurait rendu blasé n'importe quel euphorique :

« Bon, et maintenant, on fait quoi ? On tape du pied comme des souris pour voir si le plancher grince à un certain endroit ou non ? »

Définitivement, la motivation s'en était allée, loin, loin, très loiiin... Aussi loin, au moins, que les potentielles avances que les clients de la tavernes auraient pu penser. Non, définitivement, les bras croisés, le regard noirs qu'elle lançait à la cantonade -prenez en encore un peu, c'est gratuit !- et l'attitude général, en fait, dissuadait toutes ambitions.

Lizelotte n'était pas dans ses bons jours, et ça se voyait.
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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Lun 1 Aoû - 19:28

L'euphorie de la découverte avait un effet fabuleux sur le métabolisme de Serafin. Après avoir semble-t-il frôlé la mort pour trois fois rien, il se baladait dans les rues de Tortuga, accompagné de Lizelotte, gai et fringant comme jamais. Ce n'était pourtant pas l'implication exemplaire de son amie qui l'y encourageait. Elle semblait au contraire ruminer des idées noires, mais ils n'avaient pas le temps de s'y attarder : ils étaient arrivés à la taverne.

Serafin salua d'un hochement de tête et d'un sourire quelques connaissances qui se trouvaient là, mais se concentra bien vite sur sa tâche. Comment allaient-ils s'y prendre pour mener leur investigation dans la taverne ?

Contre toute attente, ce fut Lizelotte qui amena un élément de réponse.

Bonne idée ! s'exclama Serafin qui n'avait pas saisi la pointe de sarcasme dans la voix de la jeune femme. Par contre... Avec le monde qu'il y a ici, on ne va rien entendre... On devrait peut-être commencer ailleurs, non ?

Et puis, il doutait qu'un trésor ait été caché sous une latte grinçante de la pièce principale. Avec tous les gens qui marchaient dessus à longueur de temps, on aurait fini par le découvrir... Ce n'était donc pas une bonne cachette. À moins que... ?

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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Lun 15 Aoû - 16:01

À moins que... À moins que rien. La fortune semblait dormir aujourd'hui. Car même à marcher à contre cœur sur un plancher miteux pour voir si une planche grincerait plus qu'une autre -car quelle planche de grinçait pas ?-, Lizelotte ne sembla rien remarquer de vraiment intéressant. Plus que la colère et l'humeur noir, c'est un profond ennuis qui la saisie, tandis que ses sourcils restaient définitivement froncés, mais que ses mains se posaient sur ses hanches.

Certains habitués la regardèrent faire son petit jeu, mi étonnés, mi consternés. Lizelotte leurs leva un regard morne. Certes, les blondes aux yeux bleus avaient un mal fou à passer pour des gens ténébreux. Gageons que cette blonde là était l'exception qui confirmait la règle, tandis qu'elle levait doucement la tête, les yeux qui lançaient des éclairs, balayés par quelque mèches de cheveux... oui, elle faisait peur.

Alors, Lizelotte serra les poings et tapa du pied, violemment et sans pré-avis.

« Rha ! »

En quelques enjambées, elle retourna auprès de Sérafin et le pointa du doigts.

« Alors que veux-tu qu'on fasse ? On va voir si à la bijouterie il y a des bijoux ? Oui, ce sera le cas ! Si aux marché il y aura pleins de trucs inutiles ? Oui il y en aura ! Si sur le pont il y a plein de pirates ? Encore gagné !

Félicitation, Sérafine ! Tu as la carte de prédilection la plus inutile au monde ! Celle qui annonce ce que tout le monde sait !
 »

Il fallait bien que ça explose, à un moment ou un autre. Ses sourcils froncés, sa bouche rougissant d'être trop pincée, ses joues rosées, Lizelotte était presque mignonne quand elle se redressa et croisa les bras avec un air boudeur. Si tenté qu'on apprécie le style "grognon".

« J'en ai assez, je rentre. »

D'un air semi-décidé, elle emboita le pas, se retournant pour adresser au jeune garçon :

« Et ça tient pour toi aussi ! Aller, on rentre ! Et n'espère même pas me faire changer d'avis ! »

Est-ce que pour la énième fois, Lizelotte changerait tout de même d'avis ? Sur l'avenir (ou une prochaine réponse) le dira...
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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Mar 16 Aoû - 17:12

Serafin encaissa toute la mauvaise humeur de Lizelotte sans broncher. Quelque part, elle n'avait pas tout à fait tort : la carte qu'il avait dégottée au marché ne les aidait pas vraiment... C'était peut-être pour ça que personne ne l'avait achetée avant lui, d'ailleurs. Il n'y avait pas vraiment réfléchi jusque là...

Seulement, il n'avait pas vraiment envie d'arrêter sa chasse au trésor comme ça. Bien sûr, ils avaient encore beaucoup d'autres lieux à visiter, mais s'ils ne prenaient pas le temps de bien tout regarder, ils risquaient de louper le trésor et ça serait encore plus frustrant.

Il jeta un regard circulaire. Il y avait encore la réserve, les cuisines et les chambres de la taverne qu'ils n'avaient pas encore explorés. Il se tourna vers son amie, un grand sourire aux lèvres.

Mais, Lizelotte... On n'a pas fini à la taverne ! Il ya encore PLEIIIIIN d'endroits qui peuvent grincer ici !

Il fit un geste dans la direction générale des escaliers situés sur sa gauche.

Les chambres par exemple !

Et sur ces paroles il se précipita à l'étage, destination qu'il avait choisie par curiosité : il ne s'y était jamais rendu, alors qu'il avait déjà donné un coup de main en cuisine ou au service et connaissait donc les stocks. Là, au moins, il partait vraiment à la découverte !

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MessageSujet: Re: Contes sur l'oreiller   Dim 21 Aoû - 0:38

[Aaaah, les réponses à 2h du math ! Ça m'manquait ! :D]

Même une vague de mauvaise humeur ne semblait pouvoir décourager Serafin, encré dans son optimisme tel un rochet face à la mer. Pour ça, même Lizelotte eut une seconde de pensée pacifiste, admirant la ténacité du jeune garçon. Si elle aurait même pu être touchée par tant de naïveté, la journée avait été trop terrible, ainsi, bien dans sa mauvaise humeur, elle ne voulu rien savoir.

« Non, Serafine, on s'en fiche des ch... Non, non, non, revient ! »

Mais Serafin sembla ne rien vouloir en savoir non plus. Lizelotte poussa un grognement exaspérée et croisa les bras, battant du pied. Ses lèvres se pincèrent, puis se desserrèrent puis allèrent sur le côté... Enfin, elle baissa brusquement les bras, fit un vif demi-tour en grommelant « tant pis, qu'il aille dans ses ennuis, je m'en fiche. » et sans autre forme de procès, elle sortit.

Elle parvint à faire quelque pas, toute à ses idées sombres. Qu'il y aille dans ces chambres ! Il verrait quoi ? Un lit, du plancher qui grince ? La belle affaire ! Ou deux gens en train de faire leur belle affaire sur un lit, faisant grincer le plancher. Lizelotte se stoppa, imaginant la déconfiture du gamin. Ce dernier avait beau tourner autour d'elle comme une mouche autour d'un pot de miel, il n'empêchait que jamais la prostituée n'avait trop fait entrer le gamin dans son monde. Et elle ne tenait pas à ce qu'il y entre maintenant, il était trop jeune (ou de fait, non, mais en fait si. Oui, une femme, c'est très compliqué).

Dans un froissement de jupons digne des plus grandes tragédies, Lizelotte fit demi-tour, trottinant comme elle pouvait pour retourner à la Jambe de Bois. Elle la traversa rapidement, tandis que son pas ralentissait en mesure qu'il devenait plus lourd. Elle chopa une choppe au passage, la fit tourner autour de son doigts tout en montant les escaliers. Là, elle ouvrit une porte, puis deux, puis trouva Serafin. Le geste fut expert, le contenant alla s'écraser pile entre les pieds du gamin avec une violence qu'on ne soupçonnait pas de la jeune femme.

« M.Romero ! Éructa-t-elle, nous rentrons ! Maintenant ! Vous, chez vos parents, moi, dans ma chambre ! Et je ne souffrirai cette fois d'aucun refus ! »

Le premier vol était une choppe de semonce. Que Serafin se tienne prêt : s'il refusait, Lizelotte se jurait de le renvoyer illico dans le pays des songes et de le trainer jusqu'à chez lui, non sans l'avoir ligoté avant. Elle visait assez bien pour.
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Contes sur l'oreiller

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