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 [Flashback] Dans la confidence [Pv Anna]

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Lillian Vankurd

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MessageSujet: [Flashback] Dans la confidence [Pv Anna]   Sam 12 Fév - 16:59

Le Hell's Ship tanguait tout bas sous le roulis des vagues qui cognait contre sa coque. Les hamacs du dortoir se balançaient en rythme, berçant les matelotes du navire vers le Pays des Songes. Sans doute que les habituées trouvaient ce balancement agréable; mais pour les nouvelles arrivantes, le bringuebalement semblait insupportable. En tout cas, c’est que pensait la petite Lillian, affalée sur son hamac tentant vainement de contrôler les hauts le cœur qui lui donnaient des vertiges. La jeune mousse venait tout juste de débarquer sur le navire et peinait à s’habituer à ce mode de vie maritime. Ah, si on lui avait dit, qu’un jour elle s’engagerait dans la piraterie ! Elle qui n’avait jamais connu que les pâturages du bétail, se mettre à hisser les voiles d’une coquille de noix posée sur l’eau ! L’esprit naïf de la petite Lillian peinait à comprendre comment un aussi imposant navire pouvait flotter. A coup sûr, le Hell’s Ship devait être bien lourd que l’eau… C’était de la sorcellerie ! Il n’y avait pas d’autres raisons. Pour que ce bateau flotte c’est qu’il devait être animé par quelques mauvais esprits. Ne lui avait-on pas dit que dans le langage de la Capitaine, le Hell’s Ship voulait dire Navire de l’Enfer ? Alors non, Lillian n’avait jamais été rassurée sur ce bateau.

Et elle avait du mal à s’y faire, à ce balancement continu qui donnait l’impression que le navire pouvait se retourner à tout instant. Pour l’heure, la fillette luttait pour contrôler les grondements sinistres de son estomac qui semblaient lui indiquer que son déjeuner préférait prendre l’air plutôt que de rester confiné dans son ventre. Des perles de sueur lui coulaient le long des tempes, elle avait chaud, se sentait malade et misérable. Ce fut un enième haut le cœur qui la décida à descendre précipitamment de son hamac pour se ruer sur le pont. A l’air vif de la nuit, sous l’œil de la lune, pliée en deux, la rouquine dégorgea son repas par-dessus la rambarde. Le teint blafard et nauséeux, elle se releva tant bien que mal en essuyant sa bouche d’un revers de manche. Le gout affreux lui restait sur la langue, elle cracha un peu de salive comme pour tenter de s’en débarrasser.

Il lui semblait ne pas pouvoir garder la nourriture dans son ventre. C’était tout de même la troisième fois en l’espace de quatre jours. La mine blafarde, la jeune mousse resta quelques instants sur le pont à contempler le clair de lune tout en s’interrogeant sur l’origine de son mal. D’un geste brusque, elle découvrit son ventre, caché par une étoffe ample et l’observa pensive. Il était un peu rebondi ces derniers temps. Il y avait quelque chose à l’intérieur. Elle le savait. Quelque chose qui n’était ni graisse, ni nourriture. Sa mère lui en avait parlé, lorsqu’elle avait eut ses saignements pour la première fois. T’es une femme, Lili ; tu peux avoir un bébé maintenant. Les saignements, cela faisait deux mois que Lillian ne les avaient plus. Cela voulait-il dire qu’il y avait un bébé dans son ventre ? L’idée paraissait floue, lointaine… Pourquoi est-ce que le bébé rejetait la nourriture ? La petite fille ne comprenait pas. Les yeux remplie de sommeil et la tête lourde, elle s’apprêtait à regagner le dortoir d’un pas lent.

Mais alors qu’elle en franchissait le seuil en silence, pour ne pas réveiller les autres matelotes, un regard inquisiteur la cloua sur place. De petits yeux foncés qui brillaient dans le rayon du clair de lune. Une longue crinière brune auréolait un visage de poupon. Lillian cligna des yeux, surprise.

« Anna ? »


Anna, elle connaissait. C’était le médecin du Hell. Au début, la rouquine avait eut beaucoup de mal à croire que cette toute jeune enfant en sache autant sur l’anatomie humaine. Car Anna était jeune, très jeune. Du moins, Lilian le pensait ; elle lui donnait environ son âge, c'est-à-dire seize ans. Les deux jeunes filles se connaissaient et s’entendaient plutôt bien. Depuis longtemps déjà, la doctoresse lui avait demandé de l’examiner pour parvenir à déterminer la cause de ses nausées. Lillian refusait la consultation, prétextant le mal de mer. Elle n’avait pas tellement envie de savoir ce qui la faisait vomir ainsi. Peur de savoir.

« C’est…c’est rien Anna. »
poursuivit-elle en essayant d’étirer ses lèvres en un sourire. « On retourne se coucher ? » murmura-t-elle en doutant fortement que sa camarade accepte cette proposition.
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Anna Grey

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MessageSujet:    Dim 13 Fév - 16:11

Le roulis des vagues sur le bois usé berçait l'enfant comme les bras affectueux d'une maman. Le vent chantait doucement au travers de maintes fentes infimes. La tiédeur de la couverture la réconfortait, lui sussurait de s'endormir sur l'océan calme... Anna refusait de céder au sommeil pour autant, parce que la nuit était trop belle. Elle adorait ce doux balancement du navire et le son caressant d'eole. Tout était pour elle si magnifique à bord du Hell's! La capitaine était une beauté farouche, la seconde un oeil si attentif, les matelotes dévouées à leur tâche et adorables... Elle se sentait comme une gamine chez elle, dorlotée, aimée, demandée. Elle soignait et ça lui faisait tant plaisir de soulager les maux de ses compagnes de voyages, de rêver en ce lieu dépourvu de la moindre présence masculine! Elle-même n'aurait jamais cru, sous cette couverture rèche, qu'elle avait alors 20 ans. La vie n'avait jamais été si agréable et rassurante...

Elle luttait contre le sommeil, mais un jeune organisme n'ayant pas encore atteint le stade la puberté, même après tant d'années, a rapidement besoin de dormir, et Anna ne faisait pas exception à la règle. Ses paupières fatiguées tendaient à se fermer de plus en plus, ses mains à relacher leur étreinte sur le hamac. Même les sons se faisaient plus vagues et lointains qu'à l'éveil et sa respiration se réduisit à un soupir... Quand la porte s'ouvrit brusquement.

Ou plutot, elle ne fut pas ouverte si rapidement, mais le rayon de lune qui se faufila par l'entrebaillement éclaira si soudainement le visage de la jeune fille qu'elle fut instantanément réveillée. Appuyée sur un coude, elle scruta l'entrée pour y chercher la femme qui s'était absentée si vite et eut le temps, une seconde à peine, d'apercevoir une chevelure de feu s'enfuyant vers l'escalier. Le battant fut refermé, l'obscurité revint aussi sec, et le silence replongea dans les abysses. Il ne resta plus que le chant du vent et le souffle des dormeuses.

C'était Lilian, Anna en était sûre. Il n'y avait que la jeune mousse pour posséder une teinte si forte et brillante. Et d'aussi terribles maux d'estomac! Cela faisait un mois que Circé était à bord et depuis tout ce temps, elle avait tenté en vain de rencontrer l'obstinée adolescente pour examiner son ventre. Elle se rendait au bastinguage pour y déverser son repas au moins trois ou quatre fois par semaine, parfois plusieurs fois par jour, et prétextait à n'en plus finir d'incessantes nausées dues au mal de mer auquelles Anna ne croyait pas une seule seconde! De tout ce qu'elle avait étudié, elle savait que ces désagréments duraient tout au plus deux ou trois semaines, voire un mois lorsque la personne était particulièrement sensible, or de ce que lui avait appris les autres mousses, cela faisait presque deux mois que cela durait! La jeune médecin avait d'abord cru à un trouble intestinal léger du à l'alimentation trop pauvre en légumes de Lilian, mais quand la maladie avait persisté, elle avait du remettre en cause son diagnostic. Elle avait insisté auprès de la chef de la canbuse pour que les rations en produits frais de la mousse soient augmentées, mais cela avait paru produire l'effet inverse. Il devait s'agir de quelque chose de bien plus sérieux, et Anna avait le jour même pris sa décision ; elle examinerait Lilian de grés ou de force!

Elle attendit patiemment que la porte s'ouvre à nouveau, et quand le visage affreusement blafard réapparu, elle le fixa sans ménagement aucun de ses deux prunelles sombres et dorées. La jeune femme éluda, tenta de lui intimer l'insouciance et le sommeil, mais c'était en vain. Les couvertures furent repoussées et l'espace du dortoir traversé d'un pied léger, silencieux. Sans poser la moindre question ni tenir compte de la moindre protestation, elle força la fille bien plus grande qu'elle à s'asseoir et posa un doigt fin sur ses lèvres, comme pour clore sa voix.

- Maintenant, tu vas te laisser faire. Tu es peut-être très malade!

La porte fut entrebaillée pour éclairer les yeux de la patiente. Pupilles légèrement dilatées, même en pleine lumière. Fatigue intense. Le poignet fut enserré par deux doigts experts. Pouls trop faible. Tension basse. La peau du visage fut touchée. Froide, humide. Malaise général et état légèrement fébrile. Le ventre enfin. Arret. Stupeur. Il était légèrement rebondi et tendu.

Ce pouvait être une gastrite aigue, les vents des intestins gonflant l'estomac comme une outre pleine. Anna tâta frébilement les ganglions, sous la machoire et près du bassin. Normaux. Elle prit enfin le temps d'observer Lilian... Terrifiée. Et elle compris.

- Tes ganglions ne montrent pas de signe d'infection... Lilian, depuis combien de temps n'as-tu pas saigné?

Elle ne se rappella qu'alors n'avoir jamais vu la jeune femme indisposée. Depuis plus d'un mois.
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Lillian Vankurd

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MessageSujet: Re: [Flashback] Dans la confidence [Pv Anna]   Sam 26 Fév - 9:33

A la vue du regard glacé que lui lança la jeune femme, la petite mousse comprit qu’elle ne pourrait pas retrouver la torpeur apaisante de son lit dans l’immédiat. En effet le médecin lui plaqua une main sur la bouche comme pour lui intimer le silence et la contraignit à s’asseoir sur sa couche. Lillian fut étonnée de la puissance des mouvements d’Anna, qu’elle croyait bien plus fragile. Qui aurait pu se douter que ce petit bout de femme à peine plus grand qu’elle parvienne à la forcer ainsi ? Pas Lillian en tout cas, la rouquine resta bien surprise et s’assit docilement, sans opposer aucune résistance. La jeune mousse leva ses yeux bleus vert les prunelles d’Anna et il lui sembla lire comme une pointe d’inquiétude. Elle se sentit coupable. Anna qui s’inquiétait, qui se souciait d’elle, qui devait sans doute déjà imaginer une maladie grave.


« Anna… »
commença-t-elle mollement en cherchant comment faire lâcher prise à la jeune femme. Mais elle n’eut pas le temps de formuler sa pensée car déjà, les mains souples et froides de la doctoresse s’emparaient de ses poignets. Lillian ressentit à peine une légère pression, se demandant ce qu’Anna pouvait bien chercher. Qu’est-ce qu’ils avaient, ses poignets ? Ils étaient propres et elle n’y avait pas mal ! Inutile de préciser que dans l’esprit niais de la campagnarde, la médecine était tout bonnement une sorte de sorcellerie inconnue. D’ailleurs, même dans ses plus profonds souvenirs, la petite fille ne se souvenait pas avoir déjà vu un vrai médecin. Sa mère soignait tous les maux de la maisonnée en prières et en décoctions de plantes. Alors qu’Anna palpe ses poignets l’étonna et elle manqua de faire remarquer à la jeune femme que ses bras se portaient fort biens.

Puis méthodiquement, les mains du médecin se plaquèrent sur son visage. Lillian frissonna à ce contact, un sourcil haussé, se demandant toujours où Anna désirait en venir. Sans doute qu’en l’examinant ainsi la doctoresse ne risquait de s’attarder sur son ventre et d’en découvrir le mal. Peut être qu’Anna n’était tout simplement pas douée après tout, songeait naïvement Lillian tout en dévisageant le regard concentré de son ami. Que savait-elle d’Anna ? Rien en sommes. Sinon qu’elle était gentille et qu’elle ressemblait à une toute petite fille, une enfant qu’on avait envie de protéger. Non, elle ne savait rien d’Anna. Peu à peu les questions naissaient dans l’esprit de la fillette alors qu’elle se laissait ausculter passivement. D’où venait ce médecin ? Et pourquoi avait-elle toujours un corps de petite fille ? Parce qu’Anna n’était pas une petite fille, ça elle le savait. Une autre mousse lui avait même pompeusement déclaré que le médecin avait vingt ans. Vingt ans ! La petite Lillian se savait naïve, mais pas au point de croire une baliverne pareille. Non, Anna n’avait pas vingt ans. Ca se verrait.

Et les mains tâtèrent soudain son ventre. Lillian sursauta, sortit immédiatement de ses rêveries. Non. Pas son ventre. Les dents serrées elle observait à présent la doctoresse d’un air terrifiée. Elle aurait voulu lui dire d’arrêter mais le son ne franchit pas sa gorge. Qu’allait-elle découvrir ? Peut être qu’Anna était une vrai médecin…Si elle savait ? Si elle voyait la chose qu’il y avait à l’intérieur de son ventre ? Qu’allait-elle dire ? Lillian tremblait légèrement à présent, elle avait peur. Si seulement elle ne s’était pas réveillée cette nuit. Si seulement Anna avait eut l’oreille moins fine. Anna…

La question tomba soudain. Et la jeune mousse comprit qu’Anna se doutait de quelque chose. Les yeux levés, elle se demanda ce qu’elle devait faire, si elle pouvait mentir. Elle songea que ce n’était pas sa faute, qu’elle n’avait jamais voulu une chose pareille. Une larme glissa sur sa joue. Puis une autre, et encore une autre. Une rivière salée coulait abondamment sur le visage de la jeune fille. Elle laissa lourdement tomber sa tête sur les frêles épaules d’Anna et continua à déverser son chagrin.

« Anna… »articula-t-elle péniblement entre deux sanglots. « Je te jures que ce n’est pas ma faute. C’est pas ma faute… J’en voulais pas Anna, j’suis une honnête fille. J’voulais pas… Il avait dit qu’on se marierait, qu’on aurait une maison à nous et du travail. » Elle releva la tête et planta ses yeux bleus dans les prunelles sombres du médecin. « Il m’avait promit le mariage » répéta-t-elle, se raccrochant à ce seul argument. Mattia, tout ça c’était la faute à ce traître, à ce salaud.

« Ca fait deux mois que je saigne plus. » lâcha-t-elle avec peine. Anna savait maintenant. La rouquine agrippa une des mains de la jeune femme et demanda « Dis moi que c’est pas ça, dis moi que je me trompe. Dis moi qu’y a pas de bébé à l’intérieur de mon ventre.

Les larmes dégoulinaient toujours à torrent sur les joues de la fillette qui renifla bruyamment en s’épongeant la figure d’un revers de manche sale. Les yeux rivés dans ceux d’Anna. Espérant de tout cœur, d’un espoir désespéré que cette dernière contredise ses pensées et lui ramène une paix d’esprit.
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Anna Grey

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MessageSujet: Re: [Flashback] Dans la confidence [Pv Anna]   Dim 20 Mar - 10:06

Tu ressembles à un pauvre petit oiseau fragile... Il suffirait d'une rafale pour t'emporter...

Anna regardait Lilian avec pitié. Une si jolie jeune fille, si pâle et si pure, c'était trop beau et trop fragile que pour se retrouver mousse au sein d'un équipage si féroce. Dans un monde si féroce. Les hommes étaient des monstres sans merci, et celui qui avait violenté Lilian - Anna ne connaissait pas le sens de l'expression "faire l'amour" - était pire que tous les autres, comme tous ceux qui brisaient l'innocence fleurie des enfants de la mer. Language poétique issu de la haine! Anna haissait tant les mâles... Elle décrivait sa haine avec les paroles tendres qu'elles réservait aux femmes. Les victimes. Elle s'en faisait la vengeresse, la protectrice. Tout comme maintenant.

La jeune femme posa une main sur le front de la future maman. Il allait falloir le lui expliquer. En tant que médecin, elle se devait de dissiper les doutes de la malheureuse - puisque cet enfant ne faisait visiblement pas son bonheur. Elle parla d'une voix douce, sans précipitation, pour faire passer la vérité en douceur. Elle mit toute la tendresse possible dans ses yeux.

- Si tu ne saignes plus et que tu es si malade Lilian, il n'y a qu'une seule raison. Dès lors qu'une femme saigne, si un homme la violente, elle peut devenir mère et c'est ton cas.

L'information devait à la fois soulager la patiente - elle n'était donc pas gravement malade - et la terroriser - c'était la plus longue des maladies. Aussi Anna tenta-t-elle de lui apporter une bonne nouvelle.

- Je ne crois pas que tes malaises dureront encore longtemps. Si je calcule bien, tu dois être enceinte de six ou sept semaines, pas plus. D'habitude les nausées ne durent que le premier mois, j'imagine que le mal de mer a prolongé un peu les symptomes.

Restait un grave dilemme à résoudre. Anna savait, comme la plupart des médecins, qu'il arrivait que le bébé se présente mal lors de la naissance et que dans ce cas, un chirurgien particulièrement habile pouvait extraire le foetus de l'utérus en incisant le ventre de la mère. La technique, nommée césarienne, était risquée et dangereuse à la fois pour la femme et pour l'enfant. La mère décèdait souvent des suites de l'opération, et le bébé, sans l'apport du lait maternel, mourrait la plupart du temps de faim - peu de nouveaux-nés supportaient d'emblée le lait de chèvre ou de vache, non-stérilisé. Cependant, risquée lors d'un accouchement, la technique s'appliquait avec bien moins de risques lors d'autres circonstances...
Anna pouvait proposer à la jeune fille d'avorter. Elle se savait tout à fait capable de vider la matrice de son contenu en une simple opération, et ses taux de survie des patients opérés frolaient le maximum - elle prenait les règles d'hygiène très au sérieux. Maquiller l'intervention en crise d'appendicite serait un jeu d'enfant. Aucune trace ne subsisterait... Et Lilian risquait l'expulsion du navire si Mary Bell découvrait le pot aux roses. Et si elle découvrait que le médecin était dans le secret... Elles feraient deux belles exilées. La situation semblait limpide...

Anna prit une grande inspiration et descendit sa main du front au ventre de Lilian.

- Tu ne pourras pas rester à bord si Mary découvre que tu es enceinte, ce qui finira forcément par se voir. Et tu ne pourras pas non plus t'occuper seule d'un nouveau-né si tu n'as pas d'argent pour le nourrir. Je ne peux pas prendre la décision à ta place mais... Si tu le désires, je peux enlever l'enfant de ton ventre.

Et il faudrait alors sommer la jeune femme de se taire. Car en 1770, Anna savait fort bien que le seul sort réservé aux avorteuses était la pendaison.
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