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 Hyacinthe Vivien

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Hyacinthe Vivien

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Localisation : Il préfère ne pas y penser...

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MessageSujet: Hyacinthe Vivien   Dim 14 Nov - 20:26

Hyacinthe naquit en décembre 1750, l’hiver était particulièrement froid cette année-là. Plutôt léger pour un nouveau-né, le médecin était défaitiste. Hyacinthe resta enfermé dans la Jacressarde jusqu’à mars, loin des courants d’air et de l’épidémie de pneumonie qui sévissait en ville. Quand au printemps on le présenta enfin aux voisins, ils se gardèrent bien de faire remarquer l’air un peu blême du garçon. Il l’arbore encore aujourd’hui, comme pour crier au monde sa détention.

Son enfance, Hyacinthe n’en a que de vagues souvenirs : un cheval en bois derrière le comptoir de la boutique, des courses poursuites et des chutes sur les pavés de la cour, une barbe piquante contre sa joue, le seul qu’il ait de son père sans doute. Il avait quatre ans lorsqu’il mourut, plus tard, il chercha vainement à se rappeler cette période. Dans sa mémoire, il n’y a aucune transition entre l’époque de faste et…celle qui suivit. La Jacressarde, belle et élégante devenait brusquement la Jacressarde, penchée et noircie. C’est avec incompréhension que Hyacinthe se rappelle avoir laissé sans protester ces moins que rien s’amasser dans son terrain de jeu et même avoir ri avec les enfants de la Guislaine. Ses leçons de lecture avec sa mère s’étaient transformées en travaux pratiques, il ne lisait plus que dans les grumeaux de la soupe de choux qu’il servait maladroitement, la même qu’il mangerait le soir. Sa chambre était devenue celle d’étrangers, différents chaque jour, il dormait maintenant avec sa mère dans ce qui avait été la réserve de la boutique. Quand elle dormait avec lui. Parce qu’il la voyait souvent avec ces étrangers-voleurs-de- chambre, il les avait même surpris une fois, en train de s’ébattre sur la paille. Il avait refermé la porte discrètement, barbouillé. Peut-être un an plus tard naquit Athénaïs, il avait 6 ans. Ses responsabilités avaient sensiblement augmenté depuis, il préparait les chambres, nettoyait sommairement la boutique, surveillait sa sœur de tant en tant quand Renée allait s’occuper des hommes à l’étage. Il redoutait toujours ces moments-là, la vision de sa mère les jupons relevés lui revenant en mémoire. Il remuait lentement le berceau d’Athénais, guettant les pas de sa mère reconnaissable entre mille par le bruit sourd de sa jambe morte.

Il grandit ainsi, au milieu des mendiants, des catins, des petites racailles. Il les écoutait conter le malheur de leur vie qui autant qu’il l’émouvait étant enfant, le laissait indifférent adolescent. Il rongeait son frein en serrant les dents, retenant ses remarques acerbes. Il les trouvait ridicules à pleurer un passé perdu alors qu’il y avait l’avenir, oui un avenir radieux.

Hyacinthe allait tous les matins au port chercher de quoi nourrir les habitants de la Pierreuse. En attendant l’arrivée des pêcheurs, il admirait les gros bâtiments marchands venant tout droit des Amériques. Du haut de ses 17 ans, il ne savait pas trop quoi faire de sa vie. Il avait vaguement penser descendre à Paris, tenter sa chance. Il était doué de ses mains, peut-être qu’il aurait pu trouver un maître et serait devenu menuisier, charpentier ou quelque chose du genre. Un artisan modeste…Hyacinthe était plus que frustré, il savait qu’il valait mieux que ça, il aspirait à un titre, docteur, maître, qu’importe ! Il enviait du plus profond de son âme ces beaux messieurs revenant de Louisiane avec leurs vêtements de riches étoffes et ces belles femmes à leur bras, resplendissantes dans leur polonaise. De là lui était venu l’idée de partir, il n’avait qu’à faire comme eux : il travaillerait comme marins quelque temps pour se faire un peu d’argent et partirait en Louisiane. Les terres n’étaient pas chères, les esclaves non plus, il avait le sens des affaires depuis le temps qu’il s’occupait de la boutique de la Jacressarde, il créerait une plantation de cotons et vendrait à bon prix ses récoltes en Europe. Fort de ses résolutions, il rentra avec le sourire à la Jacressarde. C’est avec ce même sourire qu’il l’annonça à sa mère. Il déchanta rapidement : « Tu ne peux pas partir, on a besoin de toi ici, tu ne peux pas me laisser ! Je te l’interdis, Hyacinthe ! Et Athénaïs, tu as pensé à Athénaïs ? ». Il hurla ce jour-là toute la frustration de ses études abrégées, de son enfance volée, de ses sentiments piétinés, il hurla pour l’égoïsme dont elle faisait preuve sans penser à son propre égoïsme. Et en sortant dans la cour, c’est d’un rire cynique qu’il gratifia les récits des ratés qui jonchaient la cour. Parce qu’on voulait lui aussi le dépouiller de son avenir pour le laisser pourrir sur la Pierrade et que se trouvait des points communs avec ces miséreux lui donnait la nausée.

C’est en grinçant des dents que Hyacinthe continua de travailler à la Jacressarde, n’osant pas aller contre sa mère et ayant tout de même quelques appréhensions. Il allait attendre qu’Athénaïs grandisse, il savait que sa mère avait de l’argent de côté pour sa dot, il lui trouverait un bon mari et eux deux prendraient sa place à la Jacressarde. Il fallait juste attendre, oui, attendre…

Et Athénaïs atteint finalement les 15 ans, elle était plutôt bien faite, jolie avec des formes. Hyacinthe n’avait plus qu’à lui trouver un bon parti et il l’aurait enfin, sa porte de sortie.
Il passait de plus en plus de temps au port, pensant qu’il était plus que l’heure de commencer son apprentissage. Il s’approcha d’un bateau de pêcheur.

« Si tu cherches du travail, petit, on n’engage pas, lui fit le capitaine.
- Et si je vous propose mes services gratuitement ?
- Ton embrouille pue encore plus que mon poisson, rien n’est jamais gratuit. Qu’est-ce que tu veux ?
- Je voudrais juste apprendre à naviguer ! Je veux devenir marin, il me faut de l’expérience. Je suis jeune et motivé et je ne vous couterai rien. S’il vous plait, Capitaine !
-Pff…Et si tu me disais ton nom plutôt que de pleurnicher pour m’amadouer ?
- Hyacinthe Vivien, Capitaine.
- T’es pas un peu jeune pour être marin ?
- J’ai 21 ans, je suis parfaitement en âge pour l’être.
- Et bien, tu les fais pas avec ton visage de poupon, gamin ! Et tu viens d’où ?
- J’habite à Saint-Malo.
- J’m’en doute, imbécile. Mais d’où à Saint-Malo ? Je suis sûr d’avoir déjà vu ta tête quelque part…Tu fais quoi dans la vie ?
- Et bien, j’aide ma mère à tenir son…auberge. Elle est au sud-ouest de la ville. Je viens tous les matins au port, c’est surement là que vous m’avez vu.
- Mouais…Et marin c’est une vocation ou t’as plus un rond ?
- J’ai toujours aimé la mer, mais pour moi marin c’est la liberté. Et tout ce que je veux c’est ça. J’ai un rêve et devenir marin m’aidera à le réaliser.
- Mais t’as plutôt l’air gringalet…Et puis avec ta gueule d’ange, tes petites boucles brunes et tes yeux bleus, j’ai dû mal à te prendre au sérieux. Si tes fripes étaient pas si modestes, je te prendrais pour un gosse de riche qui veut se foutre de ma gueule. Tu l’as piquée à ton père ta chemise, elle fait deux fois ta taille ! Et c’est quoi ce froc ? On en rentre trois comme toi dedans ! Ton père avait un sacré embonpoint ! J’espère que ta ceinture est solide, ça serait bête de le perdre en montant au mat ! En parlant de ça, tu sais grimper ?
- C’est la chemise qui cache mes muscles mais chez moi, je suis habitué à faire toute sorte de travaux. J’ai arrêté de compter le nombre de fois où j’ai dû grimper sur le toit pour réparer une fuite. Et pour les vêtements, on a préféré attendre la fin de ma croissance pour en acheter à ma taille, faute de moyen, on les achète petit à petit. Alors en attendant je mets ce que je trouve. Mais j’ai deux ou trois chemises et pantalons un peu rapiécés qui feront tout à fait l’affaire. J’ai beaucoup de force dans les bras et de l’endurance, juste ce qu’il faut pour ramer, non ?
- T’es pas du genre à tenir tête au capitaine, au moins ? Parce que tu m’as l’air bien arrogant ! M’enfin, tu sembles pas être un mauvais bougre. Et vu ton envie de te barrer de chez toi, tu as pas eu une vie facile, hein gamin ? Tu m’as dit que tu aidais ta mère…C’est pas un peu égoïste de la laisser toute seule ?
- Elle est avec ma sœur. Ca ira.
- Ouais, c’est beau le sens de la famille chez toi ! Tu m’as tout l’air du type qui vendrait père et mère pour réussir. Je suis pas loin de la vérité, hein ? Tout ce qui t’importe, c’est ta pomme et rien d’autre. Tu es bien froid pour ton âge…On devient pas comme ça par hasard, c’est la misère qui marque, ça traumatise. Tu connais ça, la misère. Ca se voit dans ton regard, dans la façon où tu regarde la vielle qui mendie là-bas. Avec dégoût…tout plutôt que de prendre sa place, c’est ça ? Tu as été tellement témoin de la déchéance humaine que tu as fermé ton cœur à la compassion. Mais je vois de la haine aussi…Qu’est-ce qu’elle t’a fait cette pauvre femme ?
- Vous n’êtes pas à ma place, grinça-t-il, vous ne pouvez pas comprendre ! Ils m’ont volé seize ans de ma vie ! Et ils veulent me voler mon avenir, ma liberté ! Pourquoi devrais-je me sacrifier pour alléger leur malheur ? C’est pas de ma faute s’ils ont raté leur vie, qu’ils ne gâchent pas la mienne ! Je veux vivre pour moi, réussir pour moi ! Vous avez raison, je ne pense qu’à moi, parce que si je ne le fais pas, qui le fera à ma place ? Ma mère m’aime, autant sans doute qu’elle aime tous ses vérolés. Elle est aussi égoïste que moi, j’ai assez donné. Je vais partir et faire fortune, plutôt crever que de rester.
- Oh ! Du calme, gamin ! Je crois que je sais qui tu es…Le fils de cette bonne Renée n’est-ce pas ? L’homme à tout faire de la Jacressarde ? Ta mère est connue, tu sais…je la respecte pour ce qu’elle fait. De la pure charité chrétienne ! Je peux comprendre ton point de vue mais tu devrais essayer de passer outre tes ressentiments. Têtu comme tu l'es ça risque d'être difficile mais essaye de parler avec ta mère…Je suppose qu’elle n’est pas d’accord pour que tu partes. Je ne peux pas te prendre à mon bord, désolé petit. Moi aussi j’ai des enfants ! Alors pour Renée, je vais refuser ton offre. Mais quand elle acceptera, reviens me voir. Peut-être que j’aurais besoin d’un mousse pour lessiver le pont ! »



    Ton prénom/pseudo : Sonia
    Ton âge : 16 ans en décembre
    Comment as-tu découvert le forum ? Grâce à l’une de vos demandes de partenariat sur Suria (que j’ai moi-même validé =D Désolé pour l’attente, notre admin qui s’occupe habituellement de ça rame un peu à la fac >.<).
    Ta première impression : Ce forum m’a l’air très actif, le design est très sympa ! J’aime beaucoup le système de la chasse aux trésors.
    Le code du règlement : [validé par Jacques Maupin]



Dernière édition par Hyacinthe Vivien le Lun 15 Nov - 18:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Hyacinthe Vivien   Lun 15 Nov - 12:19

    Bien le bonjour, Hyacinthe, et bienvenue !
    Je trouve que tu as bien su rendre l'esprit du personnage tel que je me l'imaginais et ce fut un plaisir que de lire ta fiche ... Vraiment, tu as cerné le personnage et tu lui as donné quelque chose de vivant, d'incarné ! Il y a cependant quelques fautes, que je te signale afin que tu puisses les corriger rapidement et efficacement.

      . et même avoir rit avec les enfants de la Guislaine. : "avoir ri".
      . entrain de s’ébattre sur la paille. : en train s'écrit en deux mots.
      . Ses responsabilités avaient sensiblement augmentées : augmenté, puisqu'ici nous sommes avec le verbe avoir, sans COD antéposé.
      . il s’avait que sa mère avait de l’argent de côté pour sa dote : savait, du verbe savoir. Ensuite, la dot au sens de bien apporté par la femme, lors du mariage, s'écrit sans "e".
      . pour les vêtements, on a préférait attendre la fin de ma croissance : on a préféré
      . Ils m’ont volé 16 ans de ma vie ! : Juste parce que dans un texte, hors les dates, il est préférable d'écrire les nombres en toutes lettres. ^^

    Et c'est tout ce que j'ai pu voir, comme quoi ce n'est pas grand chose ... ;) Tu as trouvé aussi un marin bien perspicace, mais c'était pour les besoins de la présentation et ce n'est pas mal joué, au fond ! En bref, ces six-sept menues fautes corrigées, je te validerai avec grand plaisir. Sache en tout cas que ta fiche m'a beaucoup enthousiasmé dès le départ \ô/

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MessageSujet: Re: Hyacinthe Vivien   Lun 15 Nov - 19:02

J'ai corrigé les fautes ! Tu as bien du courage pour toutes les lister =O

Ça me fait plaisir que mon Hyacinthe te plaise et qu'il colle avec ce que tu avais imaginé =D J'avais peur que son côté "Je pense qu'à ma gueule" rebute un peu <.<

J'ai juste oublié de préciser que mon marin avait un doctorat en psychanalyse X) Il sait même lire l'esprit des mouettes !
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MessageSujet: Re: Hyacinthe Vivien   Lun 15 Nov - 19:13

Tout s'explique ! 8D
Je te valide donc avec plaisir !
N'hésite pas à me contacter si, une fois à la Jacressarde, les possibilités de RP te semblent trop restreintes (sachant que les membres peuvent jouer en flashback leurs anciens passages dans la pension), je ferai de mon mieux pour te faciliter la tâche. En espérant que tu te plaises parmi nous !

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