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 Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]

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Lizelotte Daime

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MessageSujet: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Mer 15 Sep - 17:44

Il y avait du monde. Beaucoup de monde, trop de monde.

Pour dire vrai, c'était un concours de circonstance incroyable qui avait amené tant de navires à s'arrêter dans le port de Tortuga de Mar, le même jour. Il y avait des navires marchands, des navires de pêche, des bâtiments qui faisaient une simple halte avant de reprendre la mer, on murmurait également quelques navires pirates, mais ça, c'était la monnaie courante de Tortuga, après tout. On entendait l'allégresse de cette foule qui fourmillait sur le port, œuvrant à sa tâche aussi efficacement qu'elle le pouvait. On entendait également dire que le vent était bon, que les Dieux avaient été favorables aujourd'hui, que les marchandises étaient nombreuses et de qualité. Ce n'était pas un jour de fête, ni une célébration religieuse, mais tous s'agitaient joyeusement, l'humeur était aux rires, aux chansons fêtant cette journée dans l'ambiance... d'un joyeux bazard.

En tendant l'oreille, on entendait également des cris, des bousculades, des jurons, des objets qui tombaient lourdement sur le sol et toutes autres indications d'une place bondée de monde. Les bateaux sortaient leurs marchandises anarchiquement, d'autres tentaient d'en embarquer, la place sur les pontons était minuscule comparée aux flots de marchandises et d'humains qui devaient se frayer un chemin ou se trouver une place. On arrivait même à confondre les bateaux et à échanger par inadvertance des biens (ayons une pensée émue pour les malheureux qui embarqueront des barils de bijoux plutôt que de viandes séchées).

De plus, aux pieds des bâtiments, on trouvait des gens pressés qui vendaient leurs articles à la sauvette, plutôt que d'attendre d'avoir atteint le marché. De toute façon, cela aurait été peine perdue. Le marché également était noir de monde et débordait même dans les rues et ruelles qui lui étaient adjacente.

Pour une maison close, ce genre d’évènement laissait présager des « invité » en conséquence. Ainsi, armées de paniers de provision et de pièces, quelques jeunes femmes s'étaient élancées dans ce labyrinthe d’étal et de marchands, afin de ce préparer à la soirée à venir dès que possible. Et de profiter des prix qui seraient très attractifs. Lizelotte Daime faisait partie de celles-là. Le visage crispé de fureur, les manches de sa robe retroussées et ses cheveux nattés, elle était prête à affronter tout ce beau petit monde. Quelque peu à cran.

« On dirait que tu vas à la guerre, Lizou, signala distraitement Suzette qui l'accompagnait, marchant d'un pas légers dans les rues.
- C'est quasiment ça, répondit sérieusement la jeune femme. Le marché est une guerre de tout les instants, il faut se battre avec la mégère qui voudra exactement ce que tu vises, attaquer le marchand pour qu'il ne t'escroque pas, bousculer le monde pour passer à un autre étal pour faire des bonnes affaires, surveiller...
- Oooh, regarde, des étoffes ! Je vais voir ça de plus près !
- ton panier - d'accord – pour que personne ne se serve, veiller à ton porte monnaie contre les vols, te tenir prête contre les gens qui voudraient trop t'approcher... C'est pire qu'une...guerre... hum. Suzette ? »

Lizelotte fit une pause et observa autour d'elle. Il y avait du monde, des marchandises... Mais pas de Suzette en vue. Cette dernière était disparue, noyée dans la foule. Lizelotte soupira et tenta d'évaluer la situation. Elle avait des poissons dans son paniers qui finiraient en ragoût ce soir. Ces braves bêtes ne supporteraient pas longtemps la chaleur du lieux. Chercher Suzette reviendrait à chercher une poussière sur une plage, pour l'instant. La décision était prise : on passait acheter quelques épices, tant qu'il y en avait, puis retour rapide à la maison pour poser les affaires, enfin, on partait en sauvetage de jeune fille, si cette dernière n'était pas encore rentrée.

« De toute façon, son air ingénue la défendra mieux que personne... et sous ses faux airs, c'est une adulte » murmura pour elle même la jeune femme, comme pour se rassurer.

C'est ainsi qu'elle reprit son chemin, serpentant comme elle pouvait entre les gens. Elle approchait des épices, elle en était certaine : elle le sentait, malgré toutes les autres agressions olfactives extérieurs. La foule se resserrait sur elle même comme un banc de maquereau, les rues étaient plus étroites, et cela n'en devenait que plus dur d'avancer, ce qui attisa fortement le mauvais caractère de la prostituée. De plus, elle commençait à sentir quelques mains baladeuses qui tâtaient ce qu'il ne fallait pas (du moins, pas gratuitement). Et cette sensation s'accroissait beaucoup trop à son goût, à chaque pas qu'elle faisait. En crescendo, sa mauvaise humeur faisait de même. Un sourire grivois d'un côté, un clignement de l'oeil de l'autre... la jeune femme commençait à voir rouge.

Le coup final fut un frôlement de trop aux fesses. À la limite de la rage, Lizelotte s'arma avec la première chose qui lui venait en main, soit l'un de ses poisson. Elle en saisit la queue, se retourna vivement et donna un puissant coup, sans réfléchir si ce tâtonnement était voulu et imaginé comme un pelotage gratuit, ou si son exécutant n'était qu'une autre victime de ce bain de foule. Pour l'heure, la colère lui empêchait tout discernement.

« Où est-ce que tu te crois, espèce de porc ?! Éructa la jeune femme »

Les yeux, soudainement exorbités, quittèrent leurs réceptacles ( les yeux du poissons, allons...) et quelques gouttes d'eau salée sortirent par la bouche de la triste arme improvisée pour aller se placer sur une douce joue rougie et parsemée d'écaille (encore du poisson), mais dépourvue de poil. Lizelotte resta sotte. Depuis quand les pervers avaient-ils dont un visage si délicats ? Des cheveux si longs ? Une taille si fine ? En bref, un physique si féminin ? Peut-être que, lui souffla son esprit, que...

Bras toujours levé, elle ramena son poisson vers elle. La pauvre bête maintenant, pendait lamentablement de sa mains, ressemblant a du caoutchouc. De ce spectacle de rue, quelques personnes riaient, d'autre feintaient l'ignorance, mais tous se doutaient qu'il n'était pas bon de rester ici, et de se risquer à une baffe de la mer, ainsi la masse bougeait. Lizelotte resta encore quelques secondes stupéfaite avant de finalement se reprendre :

« Alors, même les femmes s'y mettent ?! Diantre, ce n’est pas possible, mais quel monde ! » L'air furibond, elle dégaina son poisson et le pointa sur la jeune fille (si ce n'est que le nez de ce dernier piquait toujours vers le bas) « Aller, parle ! Qu'as-tu à dire pour ta défense, malapprise ? »

[hrp : Pour Madeleine et Serafin, donc ! (et d'autres ensuite, s'ils le veulent) ]


Dernière édition par Lizelotte Daime le Dim 24 Avr - 18:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Sam 18 Sep - 11:48

Tortuga.

Lieu de débauches et de perversités s’il en était. L’odeur constante de l’alcool, les chansons paillardes, les bagarres, les filles de joie aux bras des vieux pirates, les bandits... tout cela faisait tourner la tête de Madeleine, qui ne savait pas très bien si ce nouvel univers l’enchantait ou la dégoûtait. Elle n’avait pas l’habitude de cette vie-là, pauvre jeune fille qui avait passé trois ans de sa vie avec des religieuses et le reste dans un village isolé du reste du monde. Elle se sentait lâchée en pleine nature, comme un oiseau qu’on remettrait en liberté après toute une vie de captivité. Mais elle était curieuse, toujours. Fidèle aux habitudes qu’elle avait prises à Saint Cruchon, elle passait le plus clair de ses journées à promener ses jupons dans les rues sales de la ville, et à observer. Mais contrairement à Saint Cruchon, il y avait toujours des choses nouvelles à observer. Ici, deux femmes, un panier de poissons à la main, échangeant à voix basse, lançant des regards furtifs autour d’elle, et s’arrêtant de parler dès que quelqu’un passait auprès d’elles. Une complicité de pauvres mégères. Là, c’était un ivrogne qui déclamait un poème sur une place publique, les yeux et les bras levés vers le ciel. Etrangement, les vers qu’il récitait n’étaient pas trop mauvais. Madeleine aurait presque pu croire qu’il s’agissait d’alexandrins composés par un artiste tourmenté.
Avant son départ, sept jours auparavant, elle n’aurait jamais imaginé qu’un endroit comme celui-ci existe dans le monde. Tout dans cette île semblait exempt de moralité, de règles, de devoirs. La belle vie ?

A voir.

Le Prince des Tempêtes ne devait pourtant s’arrêter là que quelques jours, et reprendre la route sitôt achetés quelques provisions... provisions qui se limitaient à rhum, rhum, viande, rhum, rhum. Madeleine essayait de s’imprégner de ce nouvel univers du mieux qu’elle le pouvait avant de le quitter. Ce matin, justement, elle avait décidé d’aller faire un tour au marché sur les recommandations de certains membres de l’équipage, qui lui avaient dit que c’était une expérience tout à fait exaltante. A priori, elle ne voyait pas du tout ce qu’un marché pouvait avoir d’exaltant. Pourtant, quand elle arriva sur les lieux, elle changea un peu d’avis. Il devait être environ dix heures du matin, et le marché près du port était littéralement envahi. De loin, tout ce monde ne formait qu’une masse noire grouillante et bruyante. De près, c’était un feu d’artifice de visages rougies , d’étoffes colorées, de rires et de cris rauques, d’interjections énervées, d’odeurs âcres et aigres à la fois.. sans compter les moutons et les poules qui se baladaient entre les jambes des passants. Madeleine trouva tout de suite qu’il y avait trop de monde, beaucoup trop de monde. Elle avait à peine mis un pied dans la zone dangereuse qu’elle se sentit happée par la foule, et ne trouva rien de mieux à faire que de suivre à son tour le mouvement. Sa grande taille lui permettait de respirer à peu près correctement- elle n’aurait pu imaginer être ensevelie sous cette pagaille. Oh non, décidément, il y avait bien trop de monde. Trop d’odeurs, trop de bruits, trop de corps... trop de... poisson ?!

-Où est-ce que tu te crois, espèce de porc ?!

Elle resta quelques secondes stupéfaite, regardant la blonde et pâle jeune fille qui lui faisait face, son poisson à la main, brandi sur elle en signe de menace.

-Mais... je n’ai rien fait !

Et il y avait quelque chose de presque puérile dans la façon qu’elle eut de prononcer ses mots, comme une petite fille qui se serait fait grondée. Elle parut d’ailleurs s’en rendre compte, puisqu’elle reprit bien vite un peu d’aplomb.

Je ne comprends pas pourquoi vous venez de m’envoyer votre poisson à la figure, mais quelle que soit la raison, je pense que c’est très étrange et incivile de votre part.

Elle se frotta la joue ostensiblement.

-De plus, si je vous ai par mégarde effleuré comme cela semble être le cas, ce n’est pas une raison pour m’attaquer avec cette chose. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ici, on est effleurés de partout !!

A ce moment précis, un groupe de personnes vint se regrouper autour des deux jeunes femmes. Un groupe qui semblait chercher un peu de distraction, et qui les regardait avec un intérêt non dissimulé. Un homme, la bouche rieuse, posa les mains sur les épaules de Léna, et la poussa violemment contre la fille au poisson. Madeleine, ne pouvant pas résister, se retrouva projetée contre son assaillante, dont elle fit tomber le poisson. Le mouvement provoqué attira encore plus de monde, et la foule se mit à haranguer:

-Battez-vous, battez-vous ! Ouaiiiiiss, vas-yyy, tire-lui ses cheveux !!!

Ouh là là. Madeleine avait déjà un peu d’expérience de ce que l’on nommait les «mouvements de foule». Et celui-là promettait de dégénérer sans tarder.
Elle adressa donc un grand sourire à la jeune fille, et sans plus de cérémonie, la prit par l’épaule.

-Oh ! Camilla, c’est toi !! Je ne t’avais pas reconnue ! Comment vas-tu depuis tout ce temps?! Toujours avec ce bon bougre d’Alphonse ?

La foule se tut, écoutant avec attention ce brusque retournement de situation.

-Tu me reconnais, n’est-ce pas? Lénita ! Ta petite cousine, tu te souviens?

Le ton était on ne peut plus gai, mais la lueur qui brillait dans les yeux de Madeleine interdisait à l’autre jeune fille de la contredire. Jouer le jeu, il fallait absolument qu’elle joue le jeu, si elle ne voulait pas se retrouver au centre d’un bain de foule assoiffée de crêpage de chignon.





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Serafin Romero

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Dim 3 Oct - 12:36

C'était un jour de liesse, et en temps normal, on pouvait voir Serafin courir partout, que ce soit pour aider à charger un navire contre quelques pièces ou pour tendre l'oreille au marché en quête d'informations juteuses.

Mais la veille, le garçon avait veillé très tard à la taverne, engagé dans une longue et déprimante discussion avec un vieux loup de mer à qui il manquait plus de la moitié des doigts, et qui n'avait accepté de lui livrer son histoire qu'en échange de quelques chopes. Ça n'aurait pas été un problème si le vieil homme n'avait pas insisté pour que Serafin l'accompagne dans sa beuverie. Il n'avait réussi à avaler qu'une seule chope (et encore, il ne l'avait pas tout à fait terminée), mais il était finalement rentré par l'entremise du Saint-Esprit, s'était effondré tout habillé sur son lit, et s'était levé ce matin-là avec une migraine infernale.

Au lieu de courir et de profiter de l'ambiance festive qui régnait sur l'île, Serafin avait donc décidé d'aller directement au marché se procurer quelques herbes qui pourraient l'aider. On lui avait dit que la menthe avait des vertus apaisantes pour le mal de tête, mais d'un autre côté, il avait entendu parler de gingembre, de camomille, d'œuf et même de pâte de haricot.

Il espérait donc trouver une bonne âme pour le conseiller du côté des étals remplis d'épices et d'herbes aromatiques.

Il avait presque réussi à se frayer un chemin à travers la foule vers l'échoppe en question quand il aperçut un port de tête qu'il aurait reconnu entre mille : Lizelotte était là ! Il joua encore un peu des coudes, vint se planter à deux mètres d'elle et s'apprêta à la saluer avec un grand sourire... Qui s'effaça brusquement quand l'objet de son bonheur dégaina une grosse truite et en frappa violemment une pauvre femme qui se tenait derrière elle.

Figé dans une expression de stupéfaction et d'horreur (si Lizelotte s'attirait des ennuis, il serait le seul à pouvoir la protéger ! Et vu sa carrure et son état de santé actuel, il avait déjà du mal à tenir debout, immobile, dans la foule qui se mouvait toujours), il écouta sans rien dit les imprécations de son amie envers la passante.

Celle-ci était aussi grande que Lizelotte. Bon, peut-être pas, mais tout ce qui était plus grand que Serafin était pour lui classé dans la catégorie "Grand", et ça lui suffisait comme mesure.

La grande fille - car au vu de la finesse de ses traits, elle ne devait pas être bien plus âgée que Serafin, ce qui eut pour effet de le faire se sentir encore plus minuscule - eut l'air surprise de l'attaque piscifère de Lizelotte et protesta tout de suite.

Serafin commençait seulement à se demander s'il serait de bon ton d'intervenir quand une espèce d'armoire à glace normande le bouscula et l'envoya valser contre l'étal aux épices - note pour plus tard : respirer du cumin aggrave la migraine - pour se rapprocher des deux femmes.

Quand il se releva, non sans proférer un million d'excuses à l'encontre du marchand d'épices, la grosse brute lui masquait la scène. Inquiet, il joua des coudes pour se rapprocher mais ne réussit à arriver à quelques mètres de la grande jeune fille, pile au moment où celle-ci s'exclama :

Oh ! Camilla, c’est toi !! Je ne t’avais pas reconnue ! Comment vas-tu depuis tout ce temps?! Toujours avec ce bon bougre d’Alphonse ? Tu me reconnais, n’est-ce pas? Lénita ! Ta petite cousine, tu te souviens?

Alors, oui, Serafin était un peu naïf, voire carrément cruchon, mais il n'était pas idiot. Enfin, pas complètement. Il savait, mais il sentait aussi que la jeune fille improvisait totalement. Et elle ne jouait pas trop mal le jeu. Le seul souci, c'était que Serafin voyait très mal Lizelotte se fendre d'un immense sourire, prendre son adversaire dans ses bras et lui assurer que oui, Alphonse allait bien, et que sa chère cousine Lénita lui avait tant manqué. Il paraissait plus vraisemblable qu'elle allait lui filer une rouste, et faire de mêmeà quiconque lui chercherait des noises. Au mieux, si l'armoire à glace prenait des airs menaçants, elle battrait retraite, laissant ladite Lénita à son sort.

Il était temps pour Serafin d'agir ! Il allait suivre les précieux conseils de son ami Zirka et sauver la mise de des femmes !

Il bourra les trois personnes qui se tenaient devant lui - non sans laisser échapper une petite grimace de douleur, merci le cumin - et se retrouva en un rien de temps planté entre Lizelotte et Lénita.

Bon.

Et maintenant, que faire ?

Force est de constater que jusque là, Serafin avait eu un comportement et un raisonnement exemplaires. Mais sa compréhension des autres ne l'aidait absolument pas à trouver un moyen de sortir son amie du pétrin. Il décida donc de se fier à son instinct, et s'exclama à l'encontre de la fille à la tignasse :

LÉNITAAAA ! Ça fait si longtemps ! C'est moi, Alphonse !

Et il la serra très fort dans ses bras, tout en réalisant qu'il venait probablement de faire empirer les choses.

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Lizelotte Daime

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Mar 5 Oct - 20:24

Le poisson n'en menait pas large. Pendouillant toujours mollement, solidement tenu par la poigne de fer de Lizelotte, il suivait les allé-retours que la jeune femme lui faisait subir. Le pire fut quand elle mima le port d'un éventail en papillonnant des yeux.

« Inciviiiile ? Ricana-t-elle d'un ton dédaigneux, Ooooh, pardoooooon M'zelle la Comtesse ! J'vous avais pas r'mise ! »

Puis sur ces mots, Lizelotte lâcha un soupir fâché et haussa les épaules avant d'amorcer un demi-tour qui, elle l'espérait, clôturerait cette histoire. Mais les choses ne sont jamais aussi simple, car soudain, la brunette lui fonça dessus, visiblement déséquilibrée. La blonde la rattrapa maladroitement, lâchant alors son poisson. Son agacement se transforma en énervement, mais plutôt que de l'exprimer, elle fut interrompue par la brunette qui la prenait par les épaules, et lui évoquait des liens de parenté que la blonde était certaine de ne pas avoir.

Sous le coup de la surprise, la colère de Lizelotte se désamorça pendant au moins deux secondes. Elle resta à observer bêtement la prénommé Lénita, sans rien dire. Puis enfin, elle comprit le petit jeu de « Lénita » et, quelque chose dans le regard de cette dernière interdisait à la prostituée de la contredire. Ce fut sans doute pour ça qu'elle eut un sourire malsain et...

Et la situation s’aggrava encore. C'est dans ce qui sonnait comme un glas funeste, aux oreilles de la prostituée, que Serafin arriva, tout sourire. Tout idiot, aussi. Lizelotte poussa un long soupir exaspéré en se passant nerveusement la mains sur le front et en ce pinçant l'arrête du nez.

« C'est pas vrai, c'est pas vraiiii rumina-t-elle »

Elle leva les yeux et si, c'était bien vrai. Serafin souriant et s'appelait Alphonse. Et la brune se comportait comme une parente. La jeune femme sera les dents et le poings, parla lentement en articulant durement chacun de ses mots.

« Vous. N'êtes. Que. Des. » Puis elle explosa « IDIOTS ! »

D'un geste, elle enleva le bras de « Lénita » de ses épaules et donna une tape sur le crâne de Serafin.

« Si vous ne voulez pas être mêlé à des stupidités, ignorez les idiots qui les produisent ! Ou alors... »

Il y eut une protestation de la part de la foule, la voix d'homme qui n'aimait pas se faire appeler idiot par un p'tit bout de femme. Les sourcils froncés, il approcha d'un pas lourd, mais quelque chose, composé d'osier, d'écaille et d'yeux globuleux, avança en sa direction, et à grande vitesse. Ce soir, les filles de la maison de Berte n'auraient pas de poisson dans leurs soupe : d'un geste expert en lancé, la jeune femme s'était allégée de son panier.

« Ou alors, on... COURT !! » Hurla-t-elle.

Puis sans demander son reste, elle attrapa les poignets de Lénita et Serafin, et tenta de les entrainer dans sa courses, à travers les étalages, poussant sans ménagement les gens de coups d'épaules brusques.
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Mer 13 Oct - 12:33

Alors ? Allait-elle jouer le jeu, la grande impudente ? C’était l’heure de vérité...

-??????????!!!!!!!!!!

Bon. Ok. Gardons notre sang-froid, et analysons la situation. Premièrement: qui était donc cet élément perturbateur dans notre histoire déjà bien perturbée, qui venait d’apparaître entre nos deux jeunes filles comme un cheveu sur la soupe ? Et deuxièmement: pourquoi s’était-il incrusté dans la mise en scène brillamment inventée par Madeleine ?
Celle-ci, bien qu’elle fut très surprise et un peu énervée ( après tout, à quoi il servait, celui-là) décida d’aller dans le sens de l’adolescent. C’est donc tout en le serrant dans ses bras qu’elle s’écriait :

-Oh, Alphonnnnnseee, c’est biennn toi !!!! Je ne t’avais pas revu depuis.... alors, comment va ta tante Marguarette en fait ? Mieux j’espère ? Je l’ai vue il y a peu de temps, et je lui ai conseillé d’aller voir une très bonne guérisseuse pour ses douleurs de... enfin, bref, je suis si connnntennnnte !!!!


Tout en improvisant ce petit monologue, Madeleine regardait avec inquiétude la foule qui s’agrandissait toujours, manifestement encore très intéressée par ce qui se passait. La situation était plutôt amusante, et elle trouvait même que c’était assez drôle de jouer la comédie, mais elle se demandait tout de même de quelle manière ils pouvaient s’y prendre pour se tirer de là. Ce fut «Camilla», qui trouva la solution. Radicale. Après les avoir traité d’idiots et asséné une tape sur la tête du petit brun, elle n’avait rien trouvé de mieux à faire que de lancer poisson et panier au visage d’un homme qui ne paraissait pas des plus commodes. Et c’était elle qu’on traitait d’idiote, pensa Madeleine, un sourire quelque peu narquois aux lèvres. Cet homme allait se mettre en colère, certainement, et ils seraient bien avancés, tous les trois !
Sauf que la blonde venait encore d’avoir une briiillllannnnte idée, et en rien de temps, tous les trois se mirent à courir à toutes jambes, se frayant tant bien que mal un passage à travers la foule beuglante. Madeleine faillit faire tomber un bac de pommes, avait du sauter tel un cabri par-dessus un sac de farine, et se cognait aux épaules d’anonymes mécontents. Et les deux autres ne semblaient pas en mener large non plus, le pire étant sans doute pour la fille au poisson, qui en tant qu’ «éclaireur», se trouvait en première ligne. Madeleine aperçut bientôt la lumière du soleil droit devant, et en déduisit que le sombre marché ne serait bientôt plus qu’un mauvais souvenir.
Sauvés. Madeleine reprit son souffle, ses cheveux épais et bouclés devenus un peu touffus, les joues rougies par le vent, un goût rouillé de sang dans la bouche. Elle retira brusquement son poignet de la main de l’autre, et les yeux vifs, lui lança:

-Satisfaite ? Si tu avais essayer de faire juste un peu semblant, on n’aurait peut-être pas été obligés de s’enfuir comme ça.

Elle soupira un peu théâtralement, et remit avec désinvolture une mèche rousse tombée devant son visage.
Elle se retourna ensuite vers l’adolescent, sa chevelure suivant gracieusement le mouvement de sa tête. Mais l’effet romantique des «cheveux au vent» fut quelque peu gâté par sa bouche qui resta grande ouverte pendant plusieurs secondes devant «Alphonse», alors qu’elle cherchait ce que Diable elle allait bien pouvoir reprocher au garçon. Peu inspirée, elle choisit de hausser les épaules, et de le regarder avec un air perplexe.

-Et toi... ben... ouais... c’était gentil de vouloir m’aider... mais complètement inutile. Alphonse qui débarquerait comme ça ? Excuse-moi, mais c’était TRÈS PEU crédible.
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Sam 16 Oct - 21:40

Contre toute attente, l'interruption de Serafin avait des retombées positives, puisque Lénita jouait le jeu. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Serafin s'était retrouvé dans les bras de la jeune fille, noyé dans une incroyable masse de cheveux à l'odeur discrète mais entêtante.

Alors qu'elle tentait - peut-être un peu maladroitement, de l'avis de Serafin - de continuer à jouer le jeu des retrouvailles familiales, Lizelotte explosa en les traitant d'idiots. Si l'agression sonore n'avait pas été suffisante, la blonde ajouta à la migraine de Serafin en lui donnant une tape sur le crâne. Le jeune homme ne put réprimer un petit "Aaaïeuuuh..." prouvant - s'il en était encore besoin - qu'il n'était certainement pas maître de la situation ou même ne serait-ce qu'un peu responsable.

Il avait vraiment l'intention de répondre à son amie, histoire de se justifier, mais celle-ci prit les devants en... Balançant son panier de victuailles en pleine poire du géant qui s'approchait dangereusement. Serafin eut un petit temps de réaction -pendant lequel il resta bouche bée, l'air totalement éteint, face à l'homme qui sentait à présent le poisson à pein nez - puis l'injonction de Lizelotte atteignit enfin son cerveau, et il se mit à courir aussi vite qu'il le put.

Il fut surpris de constater que les deux femmes, malgré leur frêle carrure et leurs jupons, couraient à très vive allure. Il faillit même se faire distancer plusieurs fois, notamment quand il manqua de peu de s'étaler de tout son long après avoir trébuché sur un sac de pommes de terre.

Il courait juste derrière Lénita, dont les cheveux venaient lui fouette joyeusement le visage à chaque pas. Il était à deux doigts de pouvoir mettre un nom sur le parfum qui les enveloppait quand le convoi stoppa brutalement et il dut faire un pas de côté pour éviter de s'emplafonner dans Lénita.

Celle ci, tout en reprenant son souffle, se dégagea de l'étreinte de Lizelotte, et commença à l'enguirlander. Cela n'était pas du goût de Serafin qui s 'apprêtait à intervenir quand la jeune fille se tourna vers lui. Il la regarda avec les yeux ronds dans lesquels pointait presque une once d'appréhension (rappelons que ladite Lénita était presque plus grande que lui).

Mais elle se dégonfla comme une baudruche et dit, un ton en-dessous :

- Et toi... ben... ouais... c’était gentil de vouloir m’aider... mais complètement inutile. Alphonse qui débarquerait comme ça ? Excuse-moi, mais c’était TRÈS PEU crédible.

Et cette fois-ci, malgré la douleur qui pulsait dans ses tempes, ce fut au tour de Serafin d'exploser :

- Très peu crédible ? Très peu crédible ?? Parce que tu crois que ton petit numéro était crédible ? Honnêtement, je suis prêt à parier que personne là-bas n'a cru à l'existence de "tante Margarette" ! Et puis laisse-moi te dire que...

Il se tut tout à coup, les sourcils toujours froncés, et l'index pointé en direction de Lénita. Puis, après un instant de flottement, son visage s'éclaira tout à coup et il s'exclama, un grand sourire aux lèvres :

- VIOLETTE !

Puis, conscient soudain qu'il devait avoir l'air d'un fou furieux, il tenta de s'expliquer :

- Tu... Tu sens la violette... Euh... Je... Hum...

Et, perdant toute la superbe qu'il avait acquise jusque là, il baissa les yeux et entra dans une profonde admiration pour le bout de ses pieds.

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Lizelotte Daime

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Dim 17 Oct - 21:09

Enfin loin du tumulte, l'insulaire jeta un bref coup d’œil dans la foule, guettant un mouvement qui pourrait signifier une éventuelle poursuite, contrôlant sa respiration pour en diminuer le bruit. Mais il n'y avait pas, semblait-il, de soucis. De plus, le mouvement sec de Lenita pour parvenir à se libérer le poignet rompu l'attention de Lizelotte qui aussitôt, retrouva une mine renfrognée et adressa à la rousse un froncement de nez et une langue tirée, tandis que celle ci lui tournait le dos. Et puis, dramatiquement, voici la Mademoiselle qui se lançait dans un discourt critiquant les dernières actions. Grand bien lui en fasse, la prostituée s'en désintéressa et alla s'assoir sur une caisse, non loin de là.

Des mèches blondes lui balayaient les yeux, et la jeune femme soupira en tâtant les restes de son ex-natte. Alors, tant que l'autre faisait son discourt, Lizelotte défit simplement sa chevelure, ôtant les épingles et nœuds, pour tenter de se réordonner un minimum. C'est ainsi qu'avec une épingle dans la bouche, elle lança :

« Nan, vous javez raichon. J'ch'uis pas chatichfaite. »

Enfin, elle cracha son épingle qui atterrit sur sa jupes, tandis que de ses mains, elle tentait d'assembler un chignons avec ses cheveux rebelles.

« J'aurais du te laisser avec l'autre balourd, chercher ta « Camilla » » lança-t-elle avec dédain. « Maiiiis, peut-être que mademoiselle la précieuse ridicule veut y retourner ? Chercher la Camilla chère à son cœur ? »

Pendant une minute, Lizelotte se mit à sourire, en papillonnant des yeux, roulant les épaules et se dandinant, afin de rajouter du ridicule à ses paroles, avant de finalement souffler un « pff » sans élégance et reprendre à se coiffer, en grommelant.

« Vous étiez tout les deux très mauvais. Et plutôt que de me ridiculiser en l'étant autant que vous, j'ai trouvé une autre solution, n'en déplaise à m'dame la comtesse. Avec tout les hommes qui m'sont un jour passés d'ssus, ça m'aurait étonné qu'il n'y en ait pas un dans l'assemblé pour comprendre la bêtise de cette scène. »

Après tout, de quoi se plaignait-elle, la jeunette ? Elle était sauve maintenant, et loin de la foule ! Lizelotte aurait très bien pu la laisser là bas (Avouons que cette étonnante générosité tenait plus d'un acte manqué et non réfléchit que réellement voulu) ! Il en fallait toujours pour se plaindre, semblait-il.
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Sam 23 Oct - 13:40

Madeleine pouvait se mettre parfois dans des colères noires. Cela arrivait rarement, mais quand c’était le cas, ceux qui la connaissaient un peu préféraient se mettre aux abris.
Et là elle hésitait beaucoup. Froide indifférence ou colère noire ? Déjà, elle n’avait pas du tout goûté la remarque de l’adolescent concernant sa propre crédibilité... pour qui il se prenait, celui-là, à critiquer la prestation des autres alors que c’était lui qui était arrivé au beau milieu de la scène, comme un canard dans la mer?* Encore, si la critique s’était limitée à la remarque du petit brun. Mais la blonde s’y mettait aussi ! Et la Camilla se fichait d'elle un petit peu trop à son goût. Oh, évidemment, Léna n'était pas du tout affectée par ce que la blonde pouvait dire... jamais de la vie ! Elle se désintéressait royalement des sermons d'une pauvre cruche . D'ailleurs, elle trouvait son attitude complètement pathétique et...
Ce n'était pas la peine de faire semblant, elle n'était en réalité pas du tout insensible aux paroles de Camilla. On aurait pu le croire, car sur son visage rougi par le froid, aucune trace d'animosité n'était visible. Mais ses bras tendus le long du corps, ces poings serrés, parlaient d'eux-mêmes. Même si elle faisait des efforts pour ne pas le montrer, elle détestait qu'on se moque d'elle. C'était une atteinte à son égo, et une envie pressante de faire ravaler ses paroles à la jeune fille venait lui chatouiller les narines, qui n'étaient pas loin de frémir.

Mais elle n'eut même pas le temps de se décider à laisser éclater son courroux, que le "beau-cousin" intervenait à nouveau au mauvais moment. Juste après la petite imitation de Mademoiselle la ‘cousine’ (qui eut pour résultat un fronçage de nez assez comique de la part de Léna), il s'exclama :

-VIOLETTE !

Madeleine se retourna alors, pensant qu’une autre fille apparaîtrait alors comme par enchantement. Mais c’était bien sur elle qu’était pointé le doigt du garçon... et alors que la diaphane jeune fille à côté d’elle finissait à son tour de critiquer les talents de comédiens des deux autres, elle haussa les sourcils, et d’un air moqueur :

-Vous faites erreur, je crois. J’ai bien dit m’appeler Lénita...

Il était bête ou bien... ? Qu’est-ce qui lui prenait? Elle le considérait déjà un peu comme un être étrange, du fait de son intervention inconsidérée au marché, mais là, elle ne comprenait vraiment pas ce qu’il avait voulu dire... jusqu’à ce qu’il chuchote tout doucement. C’était donc ça ! Devant l’air gêné du jeune homme(du moins, elle le devina gêné, étant donné qu’il ne regardait que ses pieds), elle desserra légèrement les poings.

-Oui... de ...la violette. Parfois je... je porte aussi du lilas. Mais je préfère la violette.

Elle se tut quelques instants, le regard perdu au loin. Puis, alors qu’elle semblait s’être égarée, elle redressa légèrement son port de tête, planta ses yeux de chat dans ceux de l’adolescent et d’un air de défi, lança :

-Tu aimes la violette ?

Et le sort qu’elle réservait à l’adolescent semblait devoir dépendre de la réponse qu’il allait donner...
Quant à la fille de joie, elle l’ignorait complètement, à présent. Mais ça ne durerait peut-être pas, surtout si celle-ci n’était pas disposée à taire ses sarcasmes.


*{oui, je sais. Ma comparaison est horrible. J'ai pas trouvé mieux --' }
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Jeu 28 Oct - 9:04

L'occasion de sortir un peu de la mélasse dans laquelle il s'était lui-même plongé à corps perdu était trop belle : Serafin sauta dessus.

Il releva la tête d'un coup (ce qui n'arrangea en rien le malaise qu'il ressentait déjà) et répondit spontanément :

Non !

Mais pressentant qu'il avait probablement choisi la mauvaise réponse, il ajouta :

... Enfin, si ! Enfin, je veux dire... Pas particulièrement... C'est juste que...

Il indiqua son amie d'un coup de menton :

Lizelotte sent comme ça, des fois.

Il chercha quelque chose à ajouter, quelque chose d'un peu intelligent, ou au moins intéressant, mais rien ne vint. Il était totalement focalisé sur la douleur lancinante de son crâne et n'arrivait pas à aligner deux pensées cohérentes. Il repéra une caisse en bois qui traînait non loin d'un étal improvisé et qui n'était qu'à deux pas d'eux. Au diable l'impolitesse ! Il sentait que s'il restait debout une minute de plus, il allait au choix dégobiller sur les chaussures de Lénita ou s'évanouir comme une fillette, avec une chance sur deux pour tomber dans l'eau du port, au point où en était sa vision.

Il choisit donc d'aller s'asseoir sur la caisse en massant - en vain - ses tempes douloureuses.

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Jeu 28 Oct - 17:18

Voilà qu'à présent, on l'ignorait. Lizelotte s'était pourtant attendue à une réplique, une réponse cinglante et énervée, mais rien n'était venu. Elle avait tourné légèrement la tête, lancé un regard en coin et voyait qu'à présent Lénita semblait préférer la conversation avec Serafin à la sienne. Mais pourquoi donc ? C'était pourtant une belle dispute et un magnifique crêpage de chignon ! Finissant enfin une coiffure qui tenait à peu près, elle croisa les bras et fit une moue boudeuse, levant le mentons.

Et écouta d'une oreille indiscrète ce qui se tramait à côté d'elle.

Ainsi Lénita sentait la violette. Bien, ça leurs faisait un point en commun, pensa distraitement Lizelotte. Même s'il ne restait plus grand chose à cette dernière pour se parfumer avec et c'en était regrettable : la violette lui évoquait quelque bonne chose. La jeune femme en devint pendant quelques secondes mélancolique. Du moins, elle le fut avant que son doux souvenir sucré se fasse interrompre par un « non » abrupte. Elle se redressa, comme piquée à vif et se tourna vers Serafin, les poings sur les hanches.

« Mais je t'en prie, continue ! Dois-je en conclure que mes odeurs te dérangent habituellement ? »

Là, c'était le gène fille de Lizelotte qui parlait. Celui là, embêtant au possible, qui prenait mal ce qu'on lui disait et qui se tournait donc contre le seul représentant de sexe masculin présent dans l'assemblée.

« La violette sent très bon ! Si Miss Lénita en met, c'est qu'elle a bon goût, et... »

Lizelotte se tut, observant Serafin se diriger d'un pas mou vers une caisse et s'y assoir, en se frottant les tempes. Elle plissa le yeux et sauta hors de sa propre caisse pour planter son visage contre celui du jeune garçon. Elle le dévisagea, sans complexe, avant de s'exclamer :

« Mais ! Mais ! Mais tu as bu ?! Serafine, tu es trop jeune pour boire ! »

Physiquement, non : certain homme buvaient bien avant l'âge de Serafin. Mais indéniablement, pour Lizelotte, Serafin restait un gamin.

« Et bien bravo le sauveur de ses dames qui arrive au milieu d'une querelle dans un état pareil ! Et que t'imaginais-tu faire dans un état pareil ? Ah, vraiment bravo ! Et je peux savoir ce qui t'a amené à boire ? »

La prostituée lança un regard noir au jeune garçon, mais aussitôt, elle soupira et finit par s'assoir à côté, lui massant gentiment le dos. Petit à petit, son visage s'adoucit, et se désola de voir son jeune ami dans un si triste état.

« Il est malade, je crois... » Adressa-t-elle calmement à Lénita. Puis en esquissant un sourire moqueur, elle ajouta « ça expliquerait sa piètre performance sur le marché. »
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Dim 31 Oct - 22:32

Il avait vraiment l’air perdu. Est-ce qu’elle lui faisait si peur que ça ? Ses paroles étaient un peu chancelantes... lui aussi, d’ailleurs. Apparemment, les deux compères se connaissaient puisque le garçon avait en mémoire l’odeur «habituelle» de la dénommée Lizelotte.
Lizelotte... c’était un nom qui sonnait un peu bizarrement, mais ce n’était pas moche.
Lizelotte, donc, se mit à enguirlander le garçon. Madeleine trouva ça tout à fait justifié : il ne fallait pas rigoler, on ne disait pas comme ça à une inconnue qu’on n’aimait pas son parfum, surtout si cette inconnue portait le même qu’une personne dont on était proche et qui se trouvait en notre compagnie !
Tact, zéro. Réflexion, zéro.
Solidité, zéro.
En effet, le jeune homme, apparemment un peu abasourdi ( était-ce le commentaire de Lizelotte qui venait de retourner son petit coeur fragile?), s’était assis sur une caisse en bois, les mains sur le front. Où était passé celui qui jouait les chevaliers servants (à qui on n’avait rien demandé, mais passons) au marché... ?
Perdu dans les brumes de l’alcool, d’après Lizelotte. Léna n’aimait pas trop l’alcool, et ne voulait absolument pas se retrouver un jour dans un état pareil. Elle trouvait l’état de ce garçon pas plus vieux qu'elle complètement lamentable. Pitoyable et pathétique. Ne plus avoir assez d’équilibre pour tenir debout, c’était quand même comique.

-En effet, ça pourrait expliquer certaines choses, répondit Léna en jetant un regard-presque complice- à Lizelotte.

Madeleine se demandait ce qu’elle allait faire. Elle avait bien envie de prendre congé de ces deux-là, et de retourner à ses pérégrinations dans les ruelles de Tortuga. Ce n’était pas de sa faute si le garçon se retrouvait dans cet état-là ! Il allait s’en remettre, après tout.
Mais son teint perdait peu à peu de ses couleurs, ses mains posées à plat sur son front tremblaient légèrement, et il semblait sur le point de tourner de l’oeil. Madeleine, de nature fragile, avait déjà expérimenté par deux fois les joies d’un évanouissement dû à une faiblesse passagère, et se sentit prise de... compassion.
Mais comme elle n’était pas la mère de Sérafin, elle décida qu’elle n’avait rien à faire là-dedans et...
Même assis, il tanguait . Il avait vraiment l’air malade. Le massage de la jeune fille le remettrait peut-être un peu d’aplomb...Pourtant, lorsque son buste se pencha dangereusement vers les genoux de Lizelotte, Léna s’approcha pour aider celle-ci à le redresser.

-Ah, c’est malin. Quel gros bêta. Comme si je n’avais que ça à faire.

Elle se passa la main dans les cheveux d’un air las, et croisa les jambes. Puis, avec l’air de celles qui s’y connaissaient, elle remonta les manches bouffantes de sa robe jusqu’aux coudes, et posa la main sur le front du jeune garçon. Sa bouche forma un petit «o» de surprise et elle se tourna vers la la blondinette, l’air soudain très sérieux.

-Il est brûlant, dit-elle.

On eût dit qu’elle énonçait là quelque vérité scientifique irréfutable et irréversible. Elle sortit de sa bourse en cuir un mouchoir blanc à fleurs roses, et alla le tremper dans un seau d’eau salée posé derrière les caisses. Puis, soulevant doucement les cheveux noirs qui tombaient sur le front de Sérafin, elle l’appliqua sur ses tempes.
Il ne manquait plus qu’elles se mettent à lui chanter une berceuse pour que la scène devienne vraiment bizarre.
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Mer 10 Nov - 11:18

En temps normal, Serafin se serait vivement défendu auprès de Lizelotte, d'une part parce qu'il ne voulait pas la froisser, et d'autre part parce qu'il n'appréciait pas vraiment de se faire enguirlander (en particulier sur un malentendu). Mais la douleur qui enserrait son crâne ne lui permit aucune réaction. Il avait la sensation que s'il ouvrait la bouche, il allait rendre l'intégralité de ses cinq derniers repas (Serafin ne connaissait pas grand chose au système digestif).

Il se contenta donc de rester prostré sur sa caisse en bois, en espérant très fort que le malaise finirait par passer. Il se sentait vraiment pathétique. Qu'est-ce que Zirka aurait fait, à sa place ? Bon, déjà, Zirka n'avait probablement pas de lendemains de cuite difficiles. Et même si cela lui arrivait de temps à autres... Il ne perdrait probablement jamais de sa superbe, et certainement pas devant deux femmes.

Accessoirement, il aurait certainement mieux réagi au marché et aurait sorti Lizelotte et Lénita de leur mauvais pas sans avoir à faire le zouave.

Soudain, à sa grande surprise, Lizelotte s'assit à ses côtés et lui caressa gentiment le dos. Il releva la tête de surprise, pour voir Lénita s'approcher elle aussi, et après avoir inélégamment remonté ses manches, lui toucher le front de ses doigts délicieusement glacés.

Serafin fut alors tiraillé entre deux envies : celle de réagir "à la Zirka" en se levant et assurant d'une voix grave et chaude que tout allait bien, avant de faire quelque chose de totalement et inexorablement classe, et celle de simplement se laisser dorloter par les deux jolies filles.

Parce que bon, il était réaliste : il savait que ça n'arriverait pas deux fois dans sa vie.

Il en était encore à se concentrer sur le doux contact de la main de Lizelotte sur son dos quand le propriétaire de la caisse s'avança vers eux.

- Dites donc, c'est pas un hospice, ici ! Dégagez de ma marchandise si vous voulez pas qu'ça chauffe !
- Ouid'accordpardonmonsieur ! répondit Serafin précipitamment en se levant d'un coup.

Pour s'affaler à plat ventre sur les pavés, moins de deux secondes plus tard. Cela dit, ce n'était pas de sa faute, mais celle du port qui s'était tout à coup mis à tourner dans tous les sens...

Sonné, il resta par terre, les yeux fermés, les genoux et le menton douloureux après leur brutale rencontre avec le sol de pierre.

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Sam 13 Nov - 20:47

Serafin n'était pas le seul à s'être relevé d'un bond à l'altercation du marchand. Lizelotte avait fait de même, en un mouvement, surprise par la voix grasse de l'homme qu'elle n'avait pas sentit venir. Elle se retourna vivement, foudroyant l'homme du regard. Dommage pour elle, comme ce n'était qu'une expression et qu'elle restait un p'tit bout de femme pas très haut, l'homme lui rendit un regard dédaigneux, nullement impressionné, un sourire parsemé de dents manquantes sur le visage. Alors, la blonde attaqua avec la langue.

« Oh, ça ? Marchandises ? Lança-t-elle avec mépris, Pardon, j'n'avais pas vu, ç'n'a pas l'air d'avoir plus de valeur qu'un crottin d'bétail ! »

Puis fière, elle posa ses mains sur ses hanches, s'attendant à une réponse et préparant une éventuelle réplique et/ou fuite. Finalement, le destin, plus farceurs, lui fit entendre un « plarf » peu élégant venir de son dos. Un coup d'oeil par dessus son épaule lui montra que Serafin s'amusait maintenant à faire la carpette ou le poisson frétillant lamentablement sur le sol crasseux, Lizelotte ferma ses yeux en prenant des douces inspirations pour maitriser le feu qui lui montait aux joues. S'il avait voulu répondre, le marchand se ravisa, préférant se tordre de rire devant le grotesque de la situation.

« Quel idiot, grogna la prostituée en serrant les dents. »

Puis se détournant de l'homme, elle s'agenouilla à côté du garçon à la gueule de bois, tout en lâchant au passage un chapelet de juron dans sa langue natale et lui saisit la tête entre les mains.

« Serafine, debout, lève toi ! T'es vraiment qu'un gamin ! »

Alors, avec un petit grommellement, elle lui assena une petite gifle sans force, sur la joue, guettant des yeux une éventuelle réaction. Puis une autre. Puis encore une autre.

« Alors, voilà la suite ! Lança-t-elle à l'adresse de Lénita, Soit il se réveille sans poser de soucis, soit tu connais un remède miracle qui marche en 2 secondes, soit on l'emmène chez ses parents, mais je doute que ceux-ci soient ravis de me voir, soit on l'amène chez moi... »

La blonde, qui fronçait les sourcils à mesure que sa patiente partait en lambeau, pinça les lèvres et lança, à voix haute en s'approchant vivement de l'oreille de Serafin :

« Soit on le jette dans l'eau crasseuse du port voir si ça le réveille et le noie ! »

Restait évidement la solution de le décapiter ou le frapper jusqu'à ce que le jeune garçon n'ait plus jamais de sensation dans ses joues, comme le suggérait l'enchainement de petites gifles, mais cette solution, la prostituée n'usa pas sa salive à la prononcer. Puis à bout de patience, la blonde se dressa sur ses genoux, poings sur les hanches, les joues rosies et sourcils indéniablement froncés.

« Moi, je suis pour la noyade. »
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Mer 24 Nov - 13:32

En vérité, les garçons étaient des êtres bien fragiles. Et ce n’était certainement pas Serafin, à présent étalé sur le sol, qui aurait pu prouver le contraire. Madeleine, qui n’avait pas bronché quand l’homme était venu les interpeller pour leur demander en termes très peu polis de bien vouloir disposer, avait vu l’ubuesque chute du jeune homme... et n’avait pu retenir un pouffement de rire. Pourtant, quand elle remarqua que Serafin ne bougeait plus, elle se leva à son tour de la caisse, et rejoignit Lénita près du jeune cruchon alcoolisé. Celle-ci essayait de la réanimer-en vain. Il devait quand même être bien malade pour rester inconscient malgré les tapes de la gracile blondinette.

-Oh oui, mettons-le à l’eau ! Je suis sûr qu’une bonne douche le réveillera tout à fait !

Madeleine prit un air pensif.

-En fait, je ne sais pas si c’est une si bonne idée. Dans l’état où il est, il pourrait bien se noyer sans s’en rendre compte...

La jeune fille avait l’impression de devoir s’occuper d’un petit enfant. Un petit enfant qui aurait bu, certes, mais un petit enfant quand même. La compassion prit une fois encore le dessus et elle abandonna l’idée-pourtant fort bien trouvée-de le jeter à l’eau.
Ne voulant tout de même pas que Lizelotte la trouve trop nunuche, elle ajouta bien vite :

-Puis, s’il meurt, tu comprends, on serait dans de beaux draps ! Vaut mieux l’amener chez toi, je pense...


L’homme qui les avait sommé de partir les regarder toujours d’un air irrité, et se tenait maintenant devant ses caisses d’un air farouche. Il agitait son couvre-chef plein de suie et tout aplati devant son nez en marmonnant :

-C’est ça, du vent...

Madeleine lui fit la grimace. Elle attrapa les poignets de Serafin :

-Si tu le prends par les pieds, peut-être qu’on pourrait réussir à le transporter jusque chez toi ?

C’était après tout une des seules solutions. Restait à savoir si les frêles demoiselles seraient capables de transporter le jeune garçon- il avait beau ne pas être bien costaud, un corps dont tous les muscles sont détendus, ça pèse quand même un peu.
Madeleine se trouva soudain vraiment très gentille. Si on lui avait dit ce matin-même qu’elle jouerait les infirmières auprès d’un jeune alcoolique inconnu, et piètre acteur, de surcroît (quoique il était peut-être juste trop imbibé pour qu’on remarque son talent)... elle aurait certainement froncé le nez , d’une façon qu’elle serait miraculeusement arrivée à rendre sarcastique.
Et puis, en fin de compte, le transporter jusque chez la jeune fille lui paraissait un peu trop difficile.

-Et si on lui versait un seau d’eau sur la tête ? Ou alors... on le chatouille ? proposa-t-elle innocemment. Oh ! J’ai une idée !!

Et, laissant là Lizelotte et Sérafin, elle se mit à courir aussi vite que lui permettait sa longue robe en direction du marché.
En effet, elle avait cru apercevoir sur une des étals un assortiment de piments rouges...

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Sam 15 Jan - 11:55

Malgré sa faible constitution, Serafin n'était habituellement pas dans un aussi piteux état pour si peu. Il ne comprenait pas pourquoi il se sentait si mal. Mais il n'eut pas l'occasion de s'interroger plus avant sur le sujet, car très vite il ne ressentit plus rien du tout. Il était passé d'un état semi-comateux dans lequel il arrivait à grand peine à comprendre des bribes de conversation telles que "Je suis pour la noyade", "Beaux draps" ou "Prends par les pieds" à un état de totale inconscience. C'était comme un lourd sommeil sans rêve, un sommeil dont il ne parvenait pas à se réveiller.Mais la disparition soudaine de son malaise était si agréable qu'il ne faisait de toute manière aucun effort en ce sens.
Comme une jeune fille effarouchée, il était bêtement tombé dans les pommes.

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Ven 28 Jan - 20:27

Un sourcil se leva, interrogateur, accentuant l'air dédaigneux qu'avait la blonde.

« Il "risquerait de se noyer" ? Répéta Lizelotte en imitant le ton de Madeleine, mais c'est justement le but. Un mort de plus ou de moins, sur Tortugua... »

Elle laissa sa phrase en suspend, accordant à son interlocutrice le soin de la finir. Puis elle soupira et se laissa tomber sans grâce ni délicatesse sur son fessier, à même le sol. Soudain, Lizelotte semblait lasse et fatiguée, une amertume qu'elle chassa en se passant rapidement la main sur le visage, se recomposant son air habituellement grognon mais quoi qu'un peu forcé.

« Non, on ne va pas le noyer. J'vais éviter de tuer une des rares personne qui me pense fréquentable sur cette île. Bon, aller Serafine, réveille toi, ce n'est plus drôle... »

Lizelotte le secoua un peu, mais mise à part la sensation de remuer un sac de pomme de terre, rien ne se produisit. Elle fronça un peu d'avantage les sourcils, posa un doigts sous le nez du jeune garçon et sentit son souffle. Discret et profond. Vivant mais bien inconscient. La situation était vraiment formidable, à n'en point douter. Ainsi, elle resta pensive, un instant, évaluant les propositions de la brunette, souriant à celle de la chatouiller. Une jeune fille bien élevée ? Qui voulait chatouiller un garçon qu'elle ne connaissait pas ?

« Ooh, mademoiselle, quel manque de retenu ! Ou êtes-vous si proches que cela ? » sourit-elle avec une pointe d'ironie. « Éteignez donc le feu qui vous tiens, de...! Moi... selle. Bon. »

Car oui, c'était bien d'être ironique et de tenter, pour une fois, de taquiner sans trop de méchancetés la jeune fille, mais ça aurait été encore mieux si la victime s'était trouvée en face. Lizelotte chercha du regard cette Lénita, qui s'était perdue dans la foule en moins de temps qu'il fallait pour le dire. Reviendrait-elle vraiment ? Oh, même si elle ne semblait pas méchante, la prostituée voyait mal pourquoi elle retournerait aider deux inconnus. Elle même n'était pas certaine de le faire. Tortugua n’accueillait que très rarement des bons Samaritains. Ou alors, ceux-ci se faisaient vite manger par les autres.

« Bon, et maintenant, que fait-on ? » questionna Lizelotte à son inconscient de compagnon.

Sur ces mots, elle se redressa, saisit les poignets de Serafin et se mit à le tirer pour le trainer laborieusement sur les pavets. Aurait-il des bleus ? Tant pis pour lui, il n'avait qu'à être conscient, en attendant, c'était elle que les passant regardaient avec amusement. Une femme qui tire un homme imbibé et inconscient par l'alcool. Oh, une scène pas si originale que ça sur cette îles, dans le fond.
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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Mer 9 Fév - 13:23

Sans le savoir, le pauvre Serafin se faisait traîner comme un sac de victuailles à travers les rues, ses articulations fragiles et sa peau douce comme celle des fesse d'un nouveau-né durement agressées par les pavés de pierre. Il n'allait pas s'en sortir sans quelques ecchymoses et courbatures, mais pour le moment, il n'en savait rien, car, heureusement pour lui, il était inconscient.

Mais alors que Lizelotte endossait bon an mal an le rôle de la mégère traînant son outre de vinasse de mari à la maison (encore que les deux acteurs n'aient pas vraiment la tête de l'emploi), le destin lui fit une petite farce. La fesse droite de Serafin avait-elle buté contre un pavé un peu déchaussé ? Son pantalon avait-il cédé sous le frottement incessant que la jeune femme lui faisait subir, ouvrant ainsi une poche qui aurait dû rester scellée ? Ou peut-être qu'un farfadet malicieux y avait plongé la main pour laisser tomber son butin sur les pavés.

Toujours est-il que soudain, un rouleau de papier tomba de la poche de Serafin pour aller rouler un peu plus loin. Ce fut une chance que l'improbable couple soit alors dans un endroit peu fréquenté, car alors l'objet aurait probablement été ramassé et perdu à tout jamais pour Serafin.

Mais le rouleau s'était contenté de parcourir un petit mètre et de s'arrêter là, en plein milieu, dans le soleil, de cet air poseur qu'ont les jeunes marins qui ne pensent qu'à impressionner les filles du port lors de leur escale, et qui leur sourient d'un air de dire "t'as vu ma belle gueule ?"

Serafin, toujours inconscient, ne put pas se relever pour se jeter sur son précieux trésor et le garder jalousement. Mais Lizelotte, elle, l'avait vu à coup sûr. Qu'allait-elle décider d'en faire ?

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Mer 16 Mar - 19:17

[pas de nouvelles, je me permets de poster, j'aimerai bien conclure ce sujet... =/]

Lizelotte grognait, soupirait et grommelait. À peu près tout les deux pas. Encore heureux que son compagnon d'infortune ne soit pas bien lourd, ni trop dur à tirer : la jeune femme ressentait pourtant déjà de la fatigue au niveau des épaules. Mais alors qu'elle donnait une impulsion pour trainer un peu plus loin encore son boulet, malgré l'élancement de ses bras, un petit « crac », pourtant discret se fit entendre. Elle lâcha un juron et son compagnon -qui tomba sans douceur sur les sol- et vérifia rapidement d'où sa robe craquait. Mais rien. Cette dernière était peut-être en piteux états et fatiguée, mais elle n'était pas déchirée.

Puis la jeune femme le remarqua, ce parchemin, à l'envie de liberté, qui s'élançait et roulait joyeusement. Elle haussa un sourcils et soupira. Sans doute une lubie de Serafin. Peu motivée, elle rattrapa pourtant le fuyard. Un élan de curiosité lui fit le dérouler, mais son manque d'éducation lui sauta alors au visage : illettrée, Lizelotte se disait vaguement que les petits signes, là, devaient être des lettres. Et inutile de préciser que la jeune femme n'avait pas non plus de culture géographique. Finalement, pour elle, ce n'était que de vagues traits et des gribouillis sur une feuille. Des choses sans importance, pour elle.

Serafin y voyait peut-être une signification. Lui avait de l'éducation -pour ça, même si elle ne l'avouerait jamais, Lizelotte respectait le gamin-. Peut-être même était-ce important pour son éducation. Elle lui demanderait quand il se réveillerait, pensa-t-elle vaguement en fourrant la feuille repliée dans son corsage. Mais pour l'heure, il fallait juste rentrer.
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Serafin Romero

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MessageSujet: Re: Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]   Mer 20 Avr - 19:38

[HJ : Comme je ne vois pas trop comment continuer, je poste le lien vers la suite du sujet !]

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Et PAF, le poisson ! [FINI ! ]

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